Authentification des diplômes : Huit faux diplômes saisis au recrutement du MENA l’an dernier

0
Le Ministre de la fonction publique, Séni Ouédraogo assure que l'authentification des diplômes aura bel et bien lieu


La révélation a été faite par le Ministre de la fonction publique, du travail et de la protection sociale, Séni Ouédraogo au cours de l’émission télévisée « Tribunal de l’actualité ». Il répondait aux questions liées à l’organisation des concours directs de la fonction publique session 2019, à la remise à plat des salaires des travailleurs de l’Etat, et à l’opération de l’authentification des diplômes dans l’administration publique.

Pourquoi encore contrôler le diplôme alors que l’intéressé est déclaré admis « sous réserve d’un contrôle approfondi » ? « Ce sont des formules de styles qui sont trouvées », a répondu le Ministre Séni Ouédraogo avant de révéler que l’année dernière, il a été  saisi dans la deuxième phase d’un recrutement du Ministère de l’éducation nationale (MENA), « huit candidats qui ont des faux de diplômes ». « C’est dire que le système n’est pas totalement fiable », a-t-il reconnu.

Une fraude qui a mis la puce à l’oreille. « Mais on n’a pas communiqué la dessus parce que lorsqu’on on a fini la première phase et qu’il fallait  qu’on aille  à la deuxième phase, nous avons constaté qu’il y a des candidats qui composaient avec les diplômes d’autres personnes », a révélé le ministre. Un fait qui aurait poussé le ministère en charge de la fonction publique à vouloir bien « regarder  maintenant » les diplômes. C’est dans cet état d’esprit qu’a été lancée l’opération de contrôle de diplôme qui devrait être actée en mai 2019.

Cette opération ne va pas concerner que les diplômes des fonctionnaires. Tous les diplômes qui vont entrer dans les administrations publiques seront contrôlés, a martelé le Ministre. Il rappelle cependant que les premiers concernés par cette opération seront les ministres et les présidents d’institutions. A cet effet, une correspondance a été déjà envoyée au Premier Ministre. Tout le monde est donc interpelé sur la question. « On peut nommer tout le monde ministre ; quelqu’un qui est allé à l’école ou quelqu’un qui n’est pas allé à l’école. C’est un choix discrétionnaire du président. Mais nous, ce que nous voulons vérifier, c’est la véracité des informations que vous donnez. Si le président vous prend et que vous mettez dans votre CV que vous avez un BAC alors que vous n’êtes pas allés à l’école, nous allons vous demander de nous donner les preuves des informations que vous avez fournies dans votre CV », a expliqué Séni Ouédraogo.

« Certaines entreprises postulent à des marchés publics avec des CV des fonctionnaires »

Après les ministres et présidents d’institutions, ce  sont les fonctionnaires qui seront concernés par ce contrôle de diplôme. Au troisième plan de cette opération, il sera placé tous ceux qui postulent à des marchés publics, qui introduisent des dossiers de fournitures de bureaux, de construction de bâtiments, de routes, des écoles, etc. Les diplômes introduits dans leurs dossiers seront vérifiés à travers les bases de données dont dispose le ministère de la fonction publique, de sorte à éviter qu’un entrepreneur du privé utilise un diplôme d’un technicien de l’Etat pour postuler à un marché public alors qu’il a la possibilité de recruter de nouveaux diplômés.

« Ce que nous avons remarqué, c’est que certaines entreprises postulent à des marchés avec des CV des fonctionnaires.  Mais nous faisons actuellement un travail technique sur la base de données que nous avons. On aura le diplôme de tous les fonctionnaires dans notre base de données et si une personne soumissionne à un marché avec le diplôme d’un technicien de l’Etat, nous allons la renvoyer à aller chercher un technicien du privé », a expliqué le ministre. L’Etat crée des richesses par le biais des marchés publics, poursuit Séni Ouédraogo qui pense qu’ « il faut aussi créer de l’emploi en allant prendre ceux qui sont réellement dans le secteur privé ou ceux qui viennent d’être diplômés ». Cette opération, à l’en croire, permettra de mettre à jour toutes les bases de données dans les universités et dans l’administration publique. Les personnes qui ont des faux diplômes seront donc traquées. Mais « ceux qui ont un bon diplôme,  ils seront tranquilles », a dit le Ministre.

Pour l’heure, assure le ministre en charge de la fonction publique, le travail technique dans cette opération d’authentification de diplôme avance convenablement.

A.K et Yacouba Koté

Minute.bf