Commune de Diabo : 200 plants mis en terre par un groupe de Yaanas et Zaocés

2


Le 10 Août dernier, le président du Faso lançait la campagne de reboisement dans les 13 régions du pays à travers la première Journée nationale de l’arbre (JNA) tenue à Tenkodogo. Depuis lors, dans un « esprit vert », les populations ont multiplié les reboisements en vue d’obtenir à terme, un Burkina Faso vert. C’est dans cette logique que les membres du groupe de parenté à plaisanterie Yaanas et Zaocés ont organisé, le 17 août dernier dans la commune de Diabo, dans la province du Gourma, une cérémonie de reboisement qui a permis de mettre en terre environ 200 plants de diverses espèces.

En 2018 sur Facebook, naissait un groupe de parenté à plaisanterie entre Yaanas et Zaocés, deux communautés burkinabè, pour promouvoir les valeurs sociales et culturelles du pays à travers le « Rakiré ». Le 4 août de la même année, les membres du groupe organisaient à la mairie de l’arrondissement 10 de Ouagadougou, une activité de reboisement. Cette année 2019, ils ont décidé de marquer un grand pas vers la promotion de la parenté à plaisanterie, quintessence de la création du groupe, en initiant une activité de reboisement à Diabo, bourgade occupée par des Zaocés dans la province du Gourma, à 200 kilomètres de la capitale.

Cyrille-Seghda-porte-parole-du-groupe-Yaana-Zaocé

L’année prochaine, pour agir de façon tournante dans leurs activités, les membres du groupe seront dans une localité Yaana pour le reboisement. « Cette activité se veut un trait d’union entre les deux communautés, et à long terme nous ne voulons plus parler de communauté Yaana-Zaocé mais plutôt de l’espace Yaana-Zaocé », a souhaité Cyrille Seghda, porte-parole du groupe qui a tenu à rappeler qu’il n’y a pas de frontière entre Yaana et Zaocé parce que ces deux communautés partagent la même culture. « Comme nous partageons la même culture, il serait bon qu’on organise ensemble des activités pour fédérer et renforcer notre parenté à plaisanterie », a estimé M. Seghda.

A court terme, les membres de ce groupe entendent créer officiellement leur association en vue de mieux s’organiser pour mener leurs activités. A ce titre, ils prévoient, après la création de l’association, l’organisation des 72h de la parenté à plaisanterie Yaana et Zaocé. Ce qui permettra aux deux communautés de « mieux se connaitre ».

Ousmane Boly, maire de Diabo promet d’entretenir et de suivre les plants mis en terre

Ousmane Boly, maire de la commune de Diabo dit être content « à double titre » d’accueillir cette initiative dans sa commune. Initiative qui, explique-t-il, permettra, sans nul doute, de lutter contre la déforestation et le désert qui avance à pas de géant. « Le Burkina Faso est un pays sahélien et notre gros problème est la désertification. C’est donc une très bonne initiative qui va permettre à notre commune de reboiser ses espaces verts », s’est-il réjoui. Cette activité initiée au nom d’une valeur qui est le « Rakiré » (la parenté à plaisanterie) entre les Zaocés et les Yaanas, si elle est perpétuée, reste convaincu M. Boly, elle permettra de préserver « la cohésion sociale à travers le Rakiré, le socle de notre vivre ensemble qui nous a été légué par nos grands-parents».

Il promet, dans la dynamique de la stratégie de reboisement mise en place par sa commune, d’entretenir et de suivre les 200 plants qui ont été mis en terre, à Diabo de sorte à ce que ces plants puissent servir toutes les populations de sa commune. « Nous avons une stratégie de reboisement dans la commune. Nous avons décidé de restaurer les espaces verts. Nous devons restaurer et préserver ces espaces pour les générations futures, mais aussi impliquer les riverains de ces espaces dans l’entretien des plants», a-t-il expliqué.

Armand Kinda

Minute.bf