Faible taux de réussite au CEP 2019: A qui la faute?

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Les épreuves à l’examen au Certificat d’étude primaire (CEP) ont connu de vives critiques sur les réseaux sociaux. L’opinion a débattu pendant longtemps sur ces épreuves qu’elle estimait être au delà des compétences actuelles des élèves. Le taux de succès cette année est de 55,11%. Un taux visiblement en baisse par rapport à l’année dernière où au plan national l’on enregistrait plus de 64% de succès. Faut-il imputer cette baisse du taux de succès à la difficulté des épreuves ou à la baisse du niveau de l’éducation? Plusieurs facteurs doivent être pris en compte dans l’analyse de cette situation.

Rappelons qu’il y a belle lurette, la question de la baisse du niveau dans l’éducation a toujours été au coeur des débats controversés par de nombreux acteurs avertis du système éducatif. Cette année, les épreuves semblaient réveiller ce niveau et surtout ces compétences endormies au tréfonds des élèves burkinabé. Mais que ne fut pas notre grand étonnement de retrouver encore ceux qui soulevaient la question de la baisse du niveau de l’éducation se mettre dans une autre posture pour critiquer ces épreuves comme si les enseignants avaient l’intention, en proposant ces sujets aux élèves, de travailler à les faire échouer. Les mathématiques, les épreuves d’histoire-géographie ou de dictée, etc. administrées aux élèves du primaire, pour certains, pourraient ne même pas avoir de succès au niveau du post primaire ou du secondaire.

A chaque examen, faut-il encore prendre de la peine de le rappeler, les épreuves proposées aux élèves sont toujours à la hauteur des connaissances qui leur ont été transmises par leurs enseignants. Inutile de faire un procès à ces épreuves quand on n’est pas enseignant. Les résultats sortis de l’examen de la session 2019 du CEP (55,11%), même s’ils sont en baisse par rapport à la session dernière (plus de 64%), prouvent à souhait combien les populations ne sont pas en phase avec les connaissances transmises aux élèves par le corps enseignant.

L’insécurité, la veritable cause de ce faible taux de succès

Le faible taux de succès cette année au CEP comme au BEPC est plus imputable à l’insécurité qu’à la baisse du niveau de l’éducation dans notre pays. Plusieurs centaines de milliers d’élèves ont été déscolarisés à cause de l’insécurité. Des milliers d’écoles sont aujourdhui fermées. Des milliers de personnes sont déplacées à cause des attaques terroristes. Parmi elles, des élèves qui n’avaient pas pu achever leur année scolaire. Certains d’entre eux dans quelques régions ont pu poursuivre dans des écoles mais le retard était déjà consommé. A cela s’ajoute la psychose. Ces enfants qui ont pu poursuivre leurs etudes dans d’autres écoles ont-il été suivis par des psychologues ? Pas forcément. Alors, un élève frappé par toutes ces difficultés, comment peut-il encore être opérationnel?

La cause du faible taux de succès au CEP cette année est à rechercher ailleurs, pas forcément dans une quelconque baisse du niveau de l’éducation.

La rédaction