Fronde sociale : « Ces revendications sont plus légitimes au regard du pillage en masse de nos ressources minières » (CPR/MP)

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La Convergence patriotique pour la Renaissance/Mouvement progressiste (CPR/MP) est sortie de son silence pour dénoncer le pillage des ressources minières du pays, le traitement discriminatoire des travailleurs de l’Etat, et plusieurs maux qui minent la société burkinabè. C’était le jeudi 6 juin 2019 à Ouagadougou lors d’une conférence de presse au cours de laquelle le parti a fait des propositions aux dirigeants actuels pour « contribuer à un apaisement socio-politique, à la paix, à la sécurité et pour un dialogue fructueux ».

La fronde sociale en ébullition, l’insécurité grandissante dans plusieurs parties du pays, le « pillage organisé » des ressources minières. Ce sont là, en quelque sorte, les différents maux qui freinent le développement du Burkina Faso selon le parti du regretté Jean-Baptiste Natama, Convergence patriotique pour la Renaissance/Mouvement progressiste (CPR/MP).

Au plan sécuritaire, pour la CPR/MP, « notre pays est en guerre », une guerre complexe et larvée qui commande qu’il y ait l’union des forces et des intelligences pour « triompher ensemble ». « Nous devons considérer cette guerre qui nous est imposée comme une guerre d’autodéfense nationale », a dit Evariste Magloire Yogo, Secrétaire exécutif national de la CPR/MP, qui ajoute que « cette guerre nous invite à une intelligence collective ».

Il estime que ce qui fait la force de « nos ennemis », ce n’est ni leur nombre, ni leurs armements, encore moins leurs soutiens. « C’est le fait que nos ennemis ont la conviction que nous ne sommes plus suffisamment unis. Ils ont la conviction que nous avons nous-mêmes, de par nos actes et nos paroles, de par nos comportements, contribué à ouvrir la brèche de la haine, de la désunion, des clivages, de l’intolérance, de la pauvreté d’esprit, des cœurs et de la misère », a-t-il expliqué.

« L’iniquité dans le traitement salarial des agents publics est une injustice… »

Au plan socio-économique, la CPR/MP qui a dénoncé le traitement discriminatoire des travailleurs de l’Etat, soutient que « l’iniquité dans le traitement salarial des agents publics est une injustice qui démotive les travailleurs et grippe notre économie ». Les revendications des travailleurs, dira Evariste Magloire Yogo, sont « d’autant plus légitimes au regard du pillage en masse de nos ressources minières ».

Au plan politique et de la gouvernance, la CPR/MP a souhaité que le dialogue politique initié par le président du Faso soit plus inclusif pour prendre en compte les partis qui ne sont ni membres de la mouvance présidentielle ni membres de l’opposition politique, et surtout ouvert sur des sujets de gouvernance.  Le parti souhaite malgré tout que les sujets qui seront abordés à ce dialogue ne concernent pas seulement les questions électorales, mais puissent prendre en compte des questions telles que la gestion des ressources minières, la réduction du train de vie de l’Etat, le mode d’accession aux postes de hautes responsabilités des directions générales centrales et des EPE, la question de la corruption, la question de « l’immobilisme de la justice » et la question de l’autorité de l’Etat entre autres.

« Le président du Faso doit renoncer à son salaire… »

L’occasion faisant le larron, les conférenciers ont donné leur position sur l’affaire de Kua. Pour ce parti, « rien, absolument rien, ne justifie une telle forfaiture ». Ils invitent le gouvernement à changer de site pour la construction de l’hôpital.

La CPR/MP propose, pour contribuer à un apaisement socio-politique, à la paix, à la sécurité et pour un dialogue fructueux, que Roch Marc Christian Kaboré, Président du Faso, renonce à son salaire présidentiel pour le reste de son mandat. Cette initiative, à en croire M. Yogo, viserait à appeler tous les compatriotes, d’ici et d’ailleurs, à contribuer à l’effort de guerre. « De même, un tel geste de la part du premier des Burkinabè ouvrirait la voie aux mesures de réduction du train de vie de l’Etat et au sacrifice de la part de tout travailleur de la fonction publique », pense-t-il.

Le parti propose également la convocation des Etats généraux de la nation et la mise en place d’une équipe pluridisciplinaire d’experts et de cadres pour la réalisation d’une étude sur l’état des lieux des richesses du Burkina.

Armand Kinda

Minute.bf