Burkina: Equilibrer la terreur ou fuir (Edito)

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Des déplacés craignant toujours l'insécurité embarquent chaque jour pour plusieurs destinations

Savamment menée, il est indéniable que la résistance populaire pourra aider à rehausser le niveau de sécurité au Burkina mis à mal par les multiples attaques terroristes contre civils et militaires. Quel est le bienfondé de cette résistance populaire ? Où se situe le danger éventuel et que faut-il faire pour mener à bien cette résistance populaire ?

L’armée ne couvre pas tout le territoire burkinabè ou du moins, certaines parties du territoire échappent au contrôle des forces de défense et de sécurité. Tant et si bien que de lugubres individus pénètrent dans des villages et déciment la population sans être inquiétés. En témoigne les milliers de déplacés interne suite à des attaques armées.
C’est ainsi que des voix se sont élevées pour en appeler à la résistance populaire. Dans la province du Bam, des populations déplacées fuyant les attaques terroristes ont même demandés à être formés militairement pour se défendre eux-mêmes contre les groupes armés.

Vite, encadrez cette résistance

Quoi qu’on dise, la résistance populaire est une opération qui pourrait être salutaire pour le Burkina d’aujourd’hui. Seulement ce mouvement doit être sous la tutelle de l’Etat. Dans un contexte de résistance populaire face à l’hydre terroriste, les populations doivent faire face à des individus armés qui tuent sans pitié. Il serait évidemment suicidaire de ne pas armer les populations si elles doivent participer aux combats de quelques manières que ce soit. Elles seraient alors identifiées et décimées par les bandits armés qui ont un niveau d’informations très élevé dans les zones où ils opèrent. Il faut donc un équilibre de la terreur. C’est le seul moyen de pacifier les zones à forte insécurité. Il convient alors de reconnaître qu’une quelconque implication de la population dans cette lutte, que ce soit au combat ou dans le renseignement, implique que celle-ci soit armée. Dans le cas contraire, il vaut mieux ne pas les impliquer et abandonner la pleine responsabilité de leur défense à l’Armée.
Par ailleurs, armer les populations des différents villages sans un maximum de contrôle peut être la porte ouverte à toutes sortes de dérives. Lesquelles peuvent conduire à des assassinats ciblés, des génocides et même à la guerre civile.

Comment faire pour tirer le bon goût de ce miel amer ? C’est là tout le dilemme. Pour la réussite de la mise en œuvre d’une force populaire, une rigoureuse enquête de moralité, un implacable suivi et une subordination des éventuels membres de cette force populaire vis-à-vis de l’armée s’impose. Sinon, qu’on se le dise une bonne fois: Fuir n’a jamais été et ne sera jamais la solution face aux bandits armés. En réfusant cette résistance armée, on peut continuer à fuir comme c’est déjà le cas…mais jusqu’à quand et où?

Des exemples de réussite de résistance populaire armée

Les voix réprobatrices à cette résistance armée sont certes fondées. Elles estiment que cette résistance peut créer une situation pire que celle d’aujourd’hui. Mais, y a t-il pire que celui qui fuit laissé vivres, champs, bétails et habitations? Y-a-t-il plus malheureuse que la femme qui observe, impuissante, son époux et ses enfants assassinés par les bandits armés? La réponse est assurément non. Pendant la seconde guerre mondiale, ce sont les peuples résilients et resistants qui en ont triomphé. Les Français en sont l’exemple. Le Vietnam a vaincu la meilleure armée du monde, les USA, non pas par sa force armée mais par la résistance populaire armée.

Bien vrai qu’elle ne prosperera en aucun cas sans l’encadrement nécessaire et responsable des gouvernants sérieux et patriotes.

La Rédaction

Edito Minute.bf

1 COMMENTAIRE

  1. Cette minorité qui demande la résistance populaire est sans doute forte psychologiquement.mais sans formation ni arme je ne pense pas quelle sera à la hauteur de ce qu’elle sous-attend faire.
    Ce qu’il faut,c’est un redéploiement des FDS avec des équipements lourds afin de récupérer les zones ciblées et enfin espérer leur stabilité.

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