Burkina : face aux groupes armés, s’organiser en groupes d’auto-défense ou périr

3
Ces femmes ont fui le massacre de Sago pour une destination inconnue

Le Burkina fait face à une insécurité sans précédent. Depuis 2015, le pays des hommes intègres est dans le collimateur de groupes armés. Le Sahel, l’Est, le Nord, le Centre-nord, la Boucle du Mouhoun, le Sud-Ouest… sont fréquemment écumés. Chaque jour avec son lot d’exactions et de massacres. Ces derniers mois, ces bandits armés appelés terroristes sont plus actifs dans le Sahel et le Centre-nord. Sur leur passage, ils sèment mort, désolation, consternation, terreur. Les populations civiles sont massacrées en nombre quantitatif. Récemment, dans les encablures de Kongoussi, ville située à 100 km de la capitale Ouagadougou, les groupes armés ont investi la commune de Bourzanga, deux jours durant. Le bilan : 17 personnes tuées dont un chef de terre âgé de plus de 80 ans et des centaines de déplacés.

En face, les forces armées nationales. Elles se démènent comme elles peuvent. Mais l’hydre terroriste continue de pousser ses tentacules et parvient à semer la terreur à quelque 100 km de la capitale. Par moment, des assaillants au nombre infime (3 ou 4) arrivent à s’introduire dans un village, pourchassent les habitants, tuent, et emportent quelquefois vivres et bétail.

Mettre fin à la boucherie en cours

C’est donc dire que malgré la détermination de l’armée à défendre le pays au prix de la sueur et du sang, les fous de Dieu semblent toujours atteindre leur objectif. D’où la nécessité de repenser la stratégie. Il faut accepter s’adapter au mode opératoire de l’ennemi. Et cela passe par des décisions courageuses. Armer les populations civiles. Il est désormais indéniable que l’Etat doit organiser les civils en groupe d’auto-défense. Pour ce faire, il faut passer par une rapide enquête de moralité dans les différentes familles dans les campagnes, et procéder urgemment au recrutement de bras valides. Lesquelles recrues constitueront un comité de veilles dans les villages et pourront servir de relais aux forces armées.

Mieux, ces groupes d’auto-défense pourront résister aux éventuels assaillants avant l’intervention de l’Armée. C’est la condition pour résister et mettre fin à la boucherie en cours. Vu les récents développements de la grave crise sécuritaire, il appartient à l’Etat d’organiser les populations civiles en groupe d’autodéfense et les encadrer pour éviter des dérapages. Au cas contraire, on assistera impuissants comme c’est déjà le cas, à l’exode massif des populations terrorisées vers les centres urbains moyennement sûrs. La guerre dont fait face le Burkina doit nécessiter le concours de tous, civils comme militaires, pour redresser la patrie commune.

La rédaction

Éditorial/minute.bf