Opération Doofu: « Nous avons pu dégager des axes » qui étaient contrôlés par des terroristes (Moïse Miningou)

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Le chef d’état-major général des Armées, Moïse Miningou, a donné les raisons de l’opération Doofu, lancée par les forces Armées nationales dans les régions du Centre-Nord, Nord et Sahel. La déclaration a été faite au cours d’une cérémonie de remise d’intrants agricoles aux producteurs, le jeudi 30 mai 2019, à Kaya. minute.bf a recueilli les propos du général Moïse Miningou qu’il vous propose.

« Nous sommes venus d’abord parce que le terrorisme commençait à atteindre la ville de Kaya, ce n’était plus loin. Vous avez vu que l’axe Kongoussi-Djibo n’était plus praticable. Vous vous souvenez que les enseignants qu’on a décapités, ont été enlevés sur cette voie. L’axe Ouahigouya-Dori n’était pas non plus praticable. Donc l’opération Doofu a permis de dégager ces axes. Actuellement, je peux vous assurer que vous pouvez vaquer normalement à vos préoccupations. Ceux qui veulent prendre l’axe Kongoussi-Djibo peuvent le faire ainsi que l’axe Ouahigouya-Dori. Non seulement, nous avons essayé de déraciner ceux qui étaient encrés dans ces régions mais nous avons aussi essayé de faire en sorte que cette activité, c’est à dire que la liberté d’action de nos populations puisse être pérenne.

Pour cela après notre opération il y aura un dispositif permanent comme il y en a eu à l’Est, pour permettre vraiment aux populations de vaquer pleinement à leurs préoccupations sans peur », s’est exprimé le Chef d’état-major général des Armées, au micro de www.minute.bf.

Il a poursuivi: « Quand nous sommes sur le terrain, vous savez que cette guerre on l’appelle asymétrique parce que ce n’est pas un ennemi qui est déclaré, qui est en face de nous. Si c’était le cas, c’est que la guerre était finie. Soit on avait gagné soit on avait perdu mais la guerre était finie. Mais là, nous avons affaire à des gens qu’on ne connait pas, qui sont confondus à la population et vous savez que nous, nous combattons avec les droits de l’homme. Nous tenons compte des droits de l’homme. Donc le travail est difficile. C’est pourquoi nous demandons à la population, vous qui vivez avec eux puisqu’ils vivent dans la population, si vous voyez que vous avez un voisin qui commence à devenir anormal, vous nous signalez. Nous ne disons pas que d’emblée nous allons aller prendre la personne. Nous avons des services de renseignements. Nous allons essayer de pousser l’enquête pour savoir si réellement celui là, il est un suspect ou pas. S’il n’est pas un suspect, rien ne sera fait mais s’il est suspect, nous pensons que c’est de notre devoir de le saisir afin que ce terrorisme ne continue pas.

Nous pensons que les producteurs peuvent aller dans leurs champs. Nous ne disons pas que le risque zéro n’existe pas parce que nous ne pouvons pas mettre des unités dans tous les villages. Mais avec ce que nous avons fait, nous pensons qu’en tout cas nous avons réduit au maximum la liberté de mouvement de l’ennemi. Nous avons eu à détruire des plots logistiques. Nous avons pu en tout cas mettre hors d’état de nuire un certain nombre. Donc avec tous ça nous pouvons dire aux populations allez-y sans peur. Nous savons qu’entre temps aussi les gens intoxiquent les populations mais nous pouvons les rassurer qu’ils peuvent aller. Le risque zéro n’existe pas mais nous pensons qu’ils peuvent vaquer à leurs préoccupations sans problème.

Après Doofu, il y a un dispositif permanent que nous allons essayer de mettre en place pour que ce dispositif puisse assurer la sécurité de nos populations en permanence », a déclaré le Général, au micro de www.minute.bf.

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Propos recueillis par Elisée Tao (stagiaire)