Mesures contre le Covid-19: Voici comment les taximen se débrouillent à Ouaga

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Le dimanche 22 mars 2020, le Ministère des Transports, de la Mobilité urbaine et de la Sécurité routière ordonnait un arrêt de l’activité de transport de passagers sur toute l’étendue du territoire national à compter du lundi 23 mars, dans l’optique d’éviter la propagation de la maladie à coronavirus. Dans la foulée, les cars de transport en commun ont arrêté leur trafic se conformant à la décision. 

Cependant, pouvons nous constater des taxis circuler avec le nombre de clients qu’il faut sinon même plus dans les artères de Ouagadougou au point où l’on peut se demander si ce moyen de transport ne peut pas contribuer à la propagation de la maladie. Nourrit de cette inquiétude, une équipe de Minute.bf a fait un tour à la gare des taxis au Grand marché de Ouagadougou ce mercredi 25 mars, pour s’imprégner du comportement des taximen dans ce contexte de crise sanitaire liée au covid-19.

Ce taximan se désinfecte les mains et disponibilise le gel hydro alcoolique pour ses clients

Dans ce contexte où toutes les activités battent de l’aile à cause du covid-19, la chose la mieux partagée chez les taximen, c’est la rareté des clients. Au Grand marché de Ouagadougou, ce jour 25 mars, l’on peut constater plusieurs taxis garés, en attendant les clients. Certains taximens vont jusqu’à harceler le moindre passant avec ces interrogations : « Tampouy? Pissy? Dassasgo… ».

Notre équipe a échangé avec Gilbert Kafando, conducteur de taxi. Conscient de la propagation de la maladie, « comme vous pouvez le constater, je porte mon cache-nez pour me protéger », nous a-t-il déclaré. A la question de savoir s’il acceptait des clients qui n’ont pas pris de mesures de protection contre le Covid-19, M. Kafando nous a fait savoir qu’il ne peut pas refuser l’accès de son taxi aux personnes qui ne se protègent pas, parce que, explique-t-il, « avoir des clients est difficile ». Un autre taximan qui venait d’arriver nous fait comprendre qu’il a traversé le quartier Bendogo (à l’est de Ouagadougou) jusqu’à la gare des taxis au grand marché, sans avoir un seul client.

Par ailleurs, le conducteur trouve inopportun d’interdire à quelqu’un qui ne porte pas de bavette d’embarquer sachant que dès demain le marché sera fermé conformément à la décision du gouverneur de la région du Centre.

Les clients se font rares chez les taximen avec la mesure de suspension des transports de passagers pour lutter contre le Covid-19 au Burkina

En outre, si M. Kafando a pris comme mesure de protection, le port de bavette et des gants, on peut dire que ses collègues n’ont pas le même entendement de la maladie. On peut constater des taximen  qui ne portent ni masque ni gants et qui n’ont même pas de désinfectants sur eux. 

Yacouba Kaboré, un autre chauffeur que nous avons pu approcher, a pris toutes ses précautions. Flacon de gel en main, « avant qu’un client n’embarque, je lui fais laver les mains », nous a-t-il expliqué. Aussi, la bavette bien enfilée, « nous n’interdisons pas à quelqu’un d’embarquer s’il n’a pas porté son cache nez mais nous lui conseillons », a indiqué M. Kaboré, tout en précisant que pour ceux qui veulent tousser : « nous leur demandons de baisser la vitre pour le faire dehors ».

Au moment où nous quittions les lieux, les yeux rivés vers les clients qui peinent à se manifester pour gagner leur journée avant la fermeture du marché, les chauffeurs de taxis n’ont qu’un seul souhait au bout des lèvres : « vivement une solution à la maladie du coronavirus pour un retour à la normale ».

Franck Michaël KOLA

Minute.bf

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