Assassinats du 15-Octobre : « Gilbert Diendéré était le superviseur » (Moussa Diallo)

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Le Procès Thomas Sankara  s’est poursuivi ce 11 décembre 2022 avec l’audition par vidéo-conférence du Colonel major Moussa Diallo. Il est magistrat militaire à la retraite et vit présentement à Paris. Au moment des faits, il était gendarme et l’adjoint de Ousséni Compaoré, commandant de la Gendarmerie Nationale de l’époque.

Le colonel major Moussa Diallo pense qu’en ce qui concerne le coup d’État du 15 octobre 1987 contre le président Thomas Sankara, Blaise Compaoré était le concepteur, Gilbert Diendéré le superviseur et pour terminer le coup a été parfaitement exécuté par des sous-officiers et des hommes du rang à savoir Hyacinthe Kafando et ses hommes.

Il explique sa pensée en indiquant que le concepteur du coup d’État du 15 octobre 1987 est Blaise Compaoré parce que « tous les récits du coup d’État du 15 octobre 1984 montrent bien que le commando qui a mené l’opération est bien parti du domicile de Blaise Compaoré, est arrivé dans son pied-à-terre au Conseil de l’Entente avant de mener le coup ». De plus, insinue Moussa Diallo, « Blaise Compaoré dès le départ (à la chute de Jean-Baptiste Ouédraogo, ndlr) voulait le pouvoir et a travaillé depuis 1984 à l’avoir ». 

En ce qui concerne la supervision du coup par Gilbert Diendéré, Moussa Diallo fait savoir que selon plusieurs sources, peu avant le coup d’État, des témoins auraient vu le Lieutenant Gilbert Diendéré sur un balcon au Conseil de l’Entente. De plus, se souvient-il, peu avant le coup d’État, il était dans son bureau avec Moussa Ganda, un officier nigérien qui voulait parler au Lieutenant Diendéré. Il a donc joint par téléphone Gilbert Diendéré pour le passer à Moussa Ganda. Cependant, se souvient-il, à peine ils ont commencé à converser, la ligne s’est interrompue. C’est alors qu’il a rappelé le Standard du Conseil pour qu’il lui passe à nouveau Diendéré, mais le standardiste qui a décroché criait: « ça tire ici, ça tire » et il a coupé. C’est pourquoi Moussa Diallo se dit fonder de croire que Gilbert Diendéré était au Conseil au moment du coup d’État. Pourtant, Gilbert Diendéré lors de sa déposition a fait savoir qu’il était en train d’aller au sport vers l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) et c’est de là qu’il a entendu les coups de feu.

Ainsi, Moussa Diallo pense au regard de ces faits que le Général Diendéré a supervisé le coup d’État qu’il estime, du reste, avoir été exécuté par Hyacinthe Kafando et ses hommes. « Je pense que Gilbert Diendéré est directement impliqué dans le coup d’État contre Thomas Sankara », a-t-il dit.

En ce qui concerne la thèse selon laquelle ce serait des éléments incontrôlés de la garde rapprochée de Blaise Compaoré qui auraient tué Sankara sans que Blaise Compaoré lui-même ne soit au courant, la position de Moussa Diallo est claire là-dessus. « Si on nous dit que ce sont des éléments incontrôlés qui ont fait le coup, c’est insulter notre intelligence. Si c’était le cas, pourquoi ils n’ont pas été sanctionnés après? Pourquoi ces éléments incontrôlés ont continué à être la garde rapproché de Blaise Compaoré après le coup d’État? Pourquoi ils ont eu des promotions après le coup d’État? », questionne Moussa Diallo.

Au regard de cette déposition faite par le témoin Moussa Diallo depuis Paris en vidéo conférence, la réaction de la défense du Général Gilbert Diendéré ne s’est pas fait attendre. « Nous pensons que ces témoignages ne peuvent pas accréditer une décision de justice », a défendu Me Olivier YelKouni face à la presse après l’audition du témoin. Pour lui, le témoin a émis simplement des pensées en ce qui concerne l’implication de son client vis-à-vis du coup d’État d’octobre 1987, mais n’a pas apporté de preuves palpables qui attestent de l’implication de son client. 

Hamadou Ouédraogo 

Minute.bf

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