Attaque de Toéni : Un rescapé parle

Le 8 août 2021, une escorte conjointe de l’Armée de terre et du Groupe d’Action Rapide de Surveillance et d’Intervention au Sahel (GARSI) était victime d’une embuscade à Dounkou dans la commune de Toéni. Le bilan est lourd : 12 morts. 10 jours après, des langues commencent à se délier. www.minute.bf a pu arracher le témoignage d’un soldat, sous anonymat, qui a côtoyé la mort dans la soirée du 8 août 2021. « L’ennemi nous a surpris aux environs de 15h », nous apprend-il.

Les terroristes étaient en nombre. « Environ 300 hommes armés nous ont attaqués. Visiblement, ils ont mûri leur coup. Ils ont d’abord ouvert le feu pendant près d’une heure sans interruption », relate notre interlocuteur qui poursuit :  » Nous avons opposé une vraie résistance. Nous avons combattu. Nous avons fait face à un ennemi qui surgissait de partout. Il attaquait de partout. C’était difficile de garder nos positions ».

« Je suis en vie grâce à Dieu »

L’un des facteurs défavorisant pour les militaires était la qualité des armes. « Certaines de nos armes ont refusé. C’est sous le feu de l’action que certaines de nos armes ne répondaient pas. Je suis en vie grâce à Dieu. Certaines de nos armes lourdes n’ont pas répondu », soupire-t-il visiblement toujours sous le choc :  » Nous étions avec deux blindés. L’un a été endommagé par des tirs de roquettes et les tirs des PKMS ont réussi a perforé l’autre… », révèle-t-il avant de démentir les infos faisant état de 37 morts : « C’est faux. Il n’y a jamais eu ce chiffre ».

« …au moment des combats, il n’y avait pas le réseau »

Le manque de renseignement a hélas handicapé l’armée ce jour-là. « Il nous faut des moyens de renseignement. Comment des gens peuvent se déplacer en grand nombre sans qu’on ne soit renseigné. Sans réel renseignement, on ne pourra pas. Je vous dis qu’au moment des combats, il n’y avait pas le réseau. Nous ne pouvions faire d’appel. Il nous faut des liaisons de communication », dit-il avant d’ajouter : « il faut arranger les voieries dans les zones rouges. Nos blindés s’embourbaient ».

Lire aussi: Boucle du Mouhoun: 12 soldats tombés, 7 portés disparus (Officiel)

Même si l’armée a perdu des hommes, notre interlocuteur confie que dans leur riposte l’ennemi en a également perdu. « Comme ils ont pris le dessus, ils ont eu le temps de ramasser les corps des leurs et notre véhicule. N’eût été notre vigoureuse riposte, on allait perdre plus d’hommes ».

Le rescapé qui s’est confié à www.minute.bf a sollicité la clémence des autorités pour un appui aérien plus diligent. À l’entendre, c’est 4 heures après l’attaque que l’aviation a apparu, sans même faire grand-chose. « Les combats ont commencé à 15h et l’avion est venu à 19h. Il a fait deux tours et puis repartir. C’est tout ».

La Rédaction

Minute.bf

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