Audit du fichier électoral : La majorité satisfaite, l’opposition entend se prononcer

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La restitution de l’audit international du fichier électoral burkinabè a eu lieu ce mercredi 21 octobre 2020 à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à Ouagadougou. Après audit, il est ressorti que le fichier électoral burkinabè présente des forces ainsi que des faiblesses.

Une mission d’experts internationaux indépendants déployée par l’organisation internationale de la francophonie a examiné le fichier électoral burkinabè. Cette examination a duré 29 heures au travers de 6 séances plénières, a permis de dégager les forces et les faiblesses du fichier électoral burkinabè. Au regard des analyses, il ressort que le fichier électoral présente des forces et des faiblesses.

Cyril Kulenovic, représentant des experts internationaux indépendants a cité quelques forces du fichier électoral burkinabè. Parmi ces forces, il y a la révision exceptionnelle organisée par la CENI du 01 janvier au 17 juillet 2020, qui a permis l’enrolement de 2 377 601 personnes. Aussi, a-t-il noté que la CENI a garantie l’unicité de chaque électeur en procédant à un important dedoublonnage des enrôlements multiples avec 1 425 725 enregistrements identifiés et supprimés sur la totalité de la base de données de 2012 à 2020. Le caractère inclusif du fichier électoral burkinabè a été garantie par ses opérations qui permet d’atteindre 6 490 926 électeurs aujourd’hui, selon l’expert. Le rythme des révisions exceptionnelles depuis 2012 a permis à la CENI, à en croire l’expert, de conduire des opérations d’envergure régulières tout en améliorant constamment la qualité des données du fichier.

Comme faiblesses, il a fait mention du cadre juridique burkinabè qui ne permet pas à la CENI de constituer son fichier électoral au travers de révision annuelles et exceptionnelles sans pouvoir à ce jour travailler sur des listes permanentes, notamment en s’appuyant sur un état civil efficient et sur un système d’identification unique. Toujours dans la même dynamique, dit-il, la CENI doit organiser in fine l’enrolement dans un délai très court, engendrant des chevauchements d’activités car elle dépend de la publication de décrets qui n’abordent pas l’entièreté d’un cycle électoral. L’expert a aussi cité, pour ce qui est des faiblesses, la nature du système de révision qui entraîne deux faiblesses majeures à savoir l’accumulation non maîtrisée des électeurs décédés décimés aujourd’hui dans le fichier électoral entre 280 000 et 320 000 personnes, et l’empilement de données desuettes issues des révisions de 2012, 2014 et 2015. L’expert a fait également noter que le taux d’enrôlement situé autour de 63,02% de la population cible est particulièrement marqué par la sous représentativité des jeunes et des femmes depuis 2014.

Des recommandations pour avoir un fichier électoral crédible

Après présentation des forces et des faiblesses, des recommandations ont été faites aux différents intervenants tels que le gouvernement, le législateur. Selon Cyril Kulenovic, « pour le gouvernement burkinabè et le législateur, les auditeurs recommandent d’intégrer dans le code électoral la possibilité pour la CENI de conduire une refonte du fichier électoral au moins tous les 10 ans; de continuer en parallèle d’œuvrer à la mise en place d’un système d’état civil efficient et d’identification unique permettant d’aboutir à long terme, à des listes électorales permanentes ». « Il faut conférer des pouvoirs réglementaires élargis à la CENI pour lui permettre de préciser les droits et de détailler les procédures en place. Il convient également de faire recours à la carte nationale d’identité burkinabè comme pièce valente à la carte d’électeur», a-t-il invité.

À la CENI, le comité d’audit a recommandé de redynamiser la synergie existant entre la CENI, l’ONI et la direction générale de modernisation civile pour travailler sur le long terme à un projet de liste électorale permanente et engager une étude pour sortir du scrutin sur les moyens de mobiliser la jeunesse et les femmes et enfin envisager un enrôlement concerté entre l’ONI et la CENI pour faciliter les démarches des électeurs.

Une grande satisfaction pour la majorité, mais l’opposition se prononcera en conférence de presse

Le représentant de l’alliance des partis de la mouvance présidentielle, Simon Compaoré note une grande satisfaction de cette démarche. « Je note une grande satisfaction du fait que la classe politique du Burkina ait convenu ensemble d’accepter l’audit du fichier électoral qui servira à la tenue des élections de 2020. Pour réaliser une élection qui force l’admiration, nous avons décidé ensemble de conjuguer nos efforts», s’est-il réjoui.

L’opposition quant à elle pense que malgré les forces et les faiblesses du fichier électoral, la sincérité dudit fichier n’est pas entaché et affirme qu’une conférence de presse sera organisée par le chef de file de l’opposition pour donner sa lecture.

Newton Hamed Barry, président de la CENI, estime pour sa part, qu’il y a eu de l’amélioration dans le fichier électoral burkinabè. « Les conclusions disent que la CENI d’aujourd’hui a amélioré le fichier électoral burkinabè que nous avons trouvé en 2015 et c’était notre responsabilité. Nous pensons que partiellement nous avons rempli notre contrat vis à vis de notre peuple», a-t-il soutenu.

Au regard des conclusions des experts internationaux, le fichier électoral burkinabè, selon la majorité, permet la tenue élections 2020.

Mireille Sandrine Bado
Minute.bf

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