Burkina : Certaines sociétés minières refusent de contribuer aux fonds de développement

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A l’assemblée nationale burkinabè, les députés étaient réunis le 22 mai 2020 en plénière de la première session parlementaire portant restitution des travaux de la mission d’information parlementaire sur l’opérationnalisation des fonds miniers sur la problématique de l’emploi des nationaux dans les sociétés minières et l’effectivité du paiement de la contribution financière en matière d’eau des sociétés minières.

« L’objectif de cette mission était de recueillir des informations sur le fonds minier et sur l’emploi des nationaux dans les sociétés minières et la contribution financière en matière d’eau des sociétés minières », a indiqué à sa prise de parole, le député Désiré Traoré, rapporteur général de la mission conduite par le Député Bonzi Timi, président de la Commission.

Les résultats des travaux de la commission ont relevé un certain nombre de manquements dans le domaine des mines. Au niveau de l’emploi des nationaux dans les sociétés minières, il ressort que 90% des travailleurs des mines au Burkina sont des nationaux et 10% sont des expatriés. Cependant, il ressort que les nationaux sont moins représentés au niveau des cadres moyens et supérieurs de ces mines.


À ce état de fait, le traitement des employés et la couverture sociale de ceux-ci ont été décriés par la mission. En effet, la pratique des sociétés de placement qui recrutent pour le compte des sociétés minières a été principalement dénoncée par le président de l’Assemblée nationale Alassane Bala Sakandé. « Une pratique qui rend de plus en plus pauvre les l’employés des mines et enrichit les sociétés de placement », selon M. Sakandé.

Le ministre de la fonction publique appelé à répondre face à la problématique liée à l’emploi dans les sociétés minières a reconnu que les sociétés de placement sont « une question fondamentale pour notre ministère actuellement parce que notre règlementation ne nous permet pas de lutter convenablement contre cette pratique ». Il a précisé que le phénomène, bien que pratiqué dans plusieurs domaines d’emploi, « en ce qui concerne spécifiquement le secteur des mines conduit à une précarité de l’employé et à une absence de protection sociale ».

Cependant, le ministre de la fonction publique rassure que son ministère, en collaboration avec le ministère des mines et des carrières est en train de travailler à résoudre le problème.

Par ailleurs, les problèmes d »employabilité au niveau des mines ont été dénoncés par les députés à l’hémicycle et reconnus par Séni Ouédraogo. « Certaines mines recrutent souvent jusqu’à 36% d’expatriés qui n’ont souvent pas leurs papiers en règle », a déploré le ministre de la fonction publique, reconnaissant le faible niveau de sanctions des textes juridiques ne permettant pas de dissuader les mines.

Pour conclure, la mission a également révélé le refus de paiement par certaines mines des taxes comme la taxe sur l’eau et le refus de contribuer aux Fonds de Développement comme le prédispose le code minier.

Hamadou Ouédraogo
Minute. bf

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