Burkina/Insécurité : La question de la protection des défenseurs des droits humains soulevée au cours d’un forum

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Des défenseurs des droits humains ont, pendant deux jours, échangé sur mécanismes à mettre en oeuvre pour leur protection dans ce contexte d'insécurité au Burkina Faso

La Commission nationale des droits humains (CNDH) a organisé un forum national des défenseurs des droits humains à Ouagadougou, les 23 et 24 janvier 2020. Cette rencontre a réuni plus de deux cent participants venus des 45 provinces du pays autour du thème : « Rôle, mission et protection des défenseurs des droits humains dans un contexte de crise sécuritaire ». La clôture du forum a eu lieu le 24 janvier dernier.

A l’issue du forum, les participants ont formulé des recommandations adressées aussi bien à l’Etat qu’à la CNDH et aux défenseurs des droits humains. Il s’agit pour l’Etat de renforcer la protection des défenseurs des droits humains. Quant à la commission, elle a été appelée à pouvoir institutionnaliser annuellement une telle rencontre entre les défenseurs des droits de l’homme qui permettra de pouvoir échanger sur diverses thématiques qui concernent ces défenseurs des droits humains au Burkina Faso. « Aux défenseurs qui sont engagés, de pouvoir assurer et renforcer la collaboration avec les Forces de défense et de sécurité (FDS) dans un contexte de lutte contre le terrorisme », a rappelé Kalifa Y. Rodrigue Namoano, président de la Commission nationale des droits humains (CNDH).

Kalifa Y. Rodrigue Namoano, président de la Commission nationale des droits humains

Il est appuyé par Elie Sandwidi, participant à ce forum qui explique pour sa part, qu’il s’est agi, au regard de l’objectif global de ce forum qui est la protection des défenseurs des droits humains dans un contexte de crise sécuritaire, de mener des travaux autour de plusieurs thématiques dont le mécanisme d’alerte sur la protection des défenseurs des droits humains. Il a été question de définir le type de mécanisme, de donner des éléments sur sa composition et son fonctionnement, étant donné que le processus est lancé et va permettre de pouvoir l’opérationnaliser.

Les participants au forum ont aussi pensé à la mise en place d’une cellule permanente qui sera logée au CNDH et qui aura un numéro vert sur lequel des alertes peuvent être données sur des cas de violences faites aux défenseurs des droits de l’homme. Cette cellule aura la possibilité de travailler au maillage territorial du pays, à travers des structures déconcentrées à tous les niveaux pour que la question de la protection des droits humains consacrée par la loi et dont la CNDH a pour mission d’assurer, puisse se faire de façon effective sur le terrain et sur l’ensemble du territoire, a expliqué M. Sandwidi.

« Il n’y a pas de paix sans sécurité… »

Eucher EKlu-Koevanu, Conseiller technique principal Justice au sein du système des nations unies

Eucher EKlu-Koevanu, Conseiller technique principal Justice au sein du système des nations unies a apporté son appui à l’organisation de ce forum. Pour lui, les droits humains constituent un élément extrêmement important dans le travail qui est effectué par le système des nations unies parce que, pense-t-il qu’« il n’y a pas de paix sans sécurité et il n’y pas de sécurité sans développement, il n’y a ni paix ni sécurité ni développement si les droits de l’homme ne sont pas respectés ».

Ainsi, dans l’architecture des droits de l’homme dans un Etat, l’institution nationale des droits de l’homme est un acteur clé, selon lui. Dans cette dynamique, le rôle régalien de protection des droits de l’homme revient à l’Etat. A ce forum, le Programme des nations unies pour le développement (PNUD) et le Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR) ont échangé avec l’ensemble des participants, sur la typologie des mécanismes qui existent, les enjeux et les défis liés au contexte sécuritaire en termes de préoccupation des droits de l’homme mais également les éléments d’une stratégie qui peut être apportée à partir des expériences tirées de plusieurs autres pays. « Nous pouvons vous rassurer qu’au regard des profils des participants que nous avons eus pendant ces deux jours, mais également des éléments très précis qui en sont sortis, que nous espérons avoir un mécanisme par lequel nous pourrons apporter notre modeste contribution pour une plus grande prise en compte aussi des droits des femmes défenseurs des droits de l’homme et de tout l’ensemble des défenseurs des droits de l’homme », a-t-il conclu.

Armand Kinda

Minute.bf

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