Burkina : Interpeace présente son rapport d’analyse participative des facteurs de conflit et de résilience

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Interpeace, une organisation internationale qui travaille pour la consolidation de la paix dans le monde, a déployé ses ailes au Burkina Faso, un pays aujourd’hui en proie aux diverses formes de conflits. Depuis octobre 2019, les représentants de cette organisation au Pays des Hommes intègres sillonnent les 13 régions du pays dans le cadre d’une analyse participative sur la gestion de la paix. Plusieurs personnes ont été consultées au cours de ce périple. Des analyses et recommandations sur la situation sécuritaire ont donc été faites dans le cadre de la gestion de la paix par les populations. L’autopsie suivie d’une analyse de la situation a été consignée dans un rapport de 176 pages qui a été officiellement lancé ce jeudi 29 avril 2021 à Ouagadougou.

La situation sécuritaire que vit le Burkina Faso depuis quelques années a contribué à fragiliser le tissu social. Le vivre ensemble et la cohésion sociale ont été mis à mal. Les populations ne se font plus confiance. Certaines communautés sont indexées. Le repli identitaire s’instaurait peu à peu. Les populations ne font plus beaucoup confiance aux gouvernants. Certaines zones se disent délaissées dans les différents projets de développement. Que faire pour éviter les conflits et ramener la paix au Burkina Faso ? C’est l’objectif recherché par le projet « Jeter les bases d’une paix durable au Burkina Faso : Analyse participative des facteurs de conflit et de résilience ». Le but de ce projet est de « générer une compréhension partagée de la conflictualité et des capacités endogènes de résilience ».

Madiara Sagnon/Tou, ministre déléguée auprès du ministre en charge de l’administration territoriale assure que ce rapport viendra soutenir les actions déjà engagées par le gouvernement pour la paix et la cohésion sociale

Ainsi, ledit projet a été conduit sur l’ensemble du territoire national à travers les 13 régions du pays et a pu consulter environ 3000 personnes. Parmi elles, 374 ont été touchées par les focus groups et 109 par entretiens. En plus de ces personnes consultées, environ 2 300 personnes ont été touchées dans le cadre d’une « enquête quantitative visant à mesurer et quantifier le niveau de la cohésion sociale au Burkina Faso ». « Notre objectif n’est pas seulement de réduire la violence mais de prévenir les conflits lorsque cela est possible », a fait savoir Cheick Fayçal Traoré, représentant Pays d’Interpeace.

Il confie que 130 localités ont été visitées dans le cadre de ce projet. Les personnes touchées par l’analyse, à l’en croire, ont pu donner leur lecture de la situation. « Quels sont pour eux les facteurs de conflit, les conducteurs de la violence, mais aussi les facteurs éventuels de résilience sur lesquels notre communauté peut se bâtir et quelles sont les recommandations vers une paix durable au Burkina Faso ?». Autant que questions dont les réponses ont permis la rédaction de ce rapport.

5 grands obstacles à la paix

Cheick Fayçal Traoré, représentant Pays d’Interpeace

Au cours de ces rencontres avec les membres de l’organisation Interpeace, les populations ont relevé 5 grands obstacles à la paix et la cohésion sociale. Il s’agit entre autre de « l’inégalité dans l’accès et la jouissance des opportunités existantes ; le déficit de bonne gouvernance, la rupture de confiance entre gouvernants et gouvernés ; une gouvernance sécuritaire vers une sorte de ‘’promotion’’ de l’autodéfense ; les stéréotypes ethniques, risques de fragmentation sociale et de repli identitaire ; affaiblissement de la légitimité/capacité des cadres de transmission des normes et valeurs sociales ». En effet, certaines personnes voient la religion aujourd’hui comme un canal de diffusion de l’extrémisme violent.

Ainsi, au cours de cette cérémonie qui a réuni les autorités gouvernementales et les partenaires internationaux, les résultats du rapport d’analyse participative des facteurs de conflit et de résilience au Burkina Faso ont été présentés à la quarantaine environ de participants. Cette rencontre a aussi été l’occasion de proposer une ébauche de prochaines étapes en termes d’actions pour adresser les problèmes identifiés et assurer une mise en œuvre concertée de l’agenda pour la paix. Les conclusions de l’analyse ont été officiellement transmises aux autorités compétentes.

Dramane Ludovic Thiombiano, directeur de cabinet du ministre en charge de la réconciliation nationale

Après avoir reçu le rapport, la ministre déléguée auprès du Ministre en charge de l’Administration territoriale assure que le gouvernement entend travailler avec tous les acteurs impliqués pour relever les défis consignés dans le rapport. « Il y a eu des recommandations qui ont été faites, et elles vont nous permettre d’améliorer un travail que nous sommes déjà en train de faire au niveau du département, notamment l’élaboration de la stratégie nationale de la cohésion sociale », fait savoir Madiara Sagnon/Tou.

Le chargé d’affaires de l’Ambassade du Royaume des Pays Bas au Burkina Faso, représentant les partenaires, a salué le travail abattu par Interpeace dans cette analyse participative. « Avec ce rapport, nous pouvons diriger nos interventions dans toutes les zones où nous voulons être actifs », a-t-il laissé entendre, avant de souhaité que le fruit de ce travail puisse servir aux autorités engagées dans cette lutte pour la cohésion sociale.

Une photo de famille a mis fin à la cérémonie

Dramane Ludovic Thiombiano, directeur de cabinet du ministre en charge de la réconciliation nationale, a indiqué que les recommandations contenues dans le rapport seront d’une grande contribution dans le travail qu’abat aujourd’hui le département de Zéphirin Diabré pour la cohésion et la réconciliation nationale.

Minute.bf

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