Burkina : L’énergie nucléaire dans les perspectives de Lassina Zerbo

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Ph: DCRP/Primature

Dr Lassina Zerbo, premier ministre burkinabè, a reçu l’onction de la représentation nationale, le vendredi 7 janvier 2022, pour mettre en œuvre la feuille de route à lui soumise par le président du Faso. Se prêtant à l’exercice de la Déclaration de Politique générale (DPG), 103 députés ont donné leur voix pour que Lassina Zerbo conduise l’exécutif burkinabè. Par contre, 24 elus nationaux se sont abstenus. Faisant part aux députés de ses ambitions sur le pays, notamment son industrialisation, le géophysicien de formation projette l’utilisation du nucléaire.

« Nous devons former des jeunes à des sciences et technologies nucléaires » : telle est la conviction de Dr Lassina Zerbo, qui entend marquer le second mandat du président Kaboré par le sceau de « la prospective et la direction ».

Pour le premier ministre, les domaines de « l’eau, de l’agriculture, la médecine et naturellement de l’énergie » pourront être boostés par la technologie du nucléaire, notamment ce qu’il a qualifié de « petits réacteurs modulaires ».

« Ce sont des projets qui se mettent sur 5-10 ans. Ce sont des projets dans lesquels j’étais engagé avec le Rwanda. Ce sont des projets que le Ghana a entamé depuis le temps de Kwamé N’Krumah en 1958 », a fait savoir le géophysicien, reconnaissant tout de même que l’utilisation du nucléaire présente quelques risques.

« Il est vrai que ces centrales ont un problème de sécurité, de garantie, de risque comme on l’a vu dans certains pays, dans certains accidents, mais les petits réacteurs modulaires sont différents. Ils rendent plus sûrs, plus modulables, plus réalistes et utilisent des quantités très faibles d’uranium », a expliqué Lassina Zerbo qui précise que « la Chine vient de tester au mois de septembre l’une des centrales de ce type et les Russes ont une centrale similaire sur bateau qui alimentent des populations de leur extrême Nord ».

Des petites centrales nucléaires pour de l’énergie plus propre que le solaire

« Nous, nous ne devons pas rester en arrière. Si des pays comme le Rwanda mettent des projections sur 15-20 ans, il faut que nous le fassions parce que pour l’industrialisation, le solaire n’a pas encore été fait de façon à financer ou à alimenter nos industries », pense le premier ministre Zerbo. Il argumente et rassure surtout : « nous sommes un pays où l’énergie coûte extrêmement chère… Ce nucléaire avec les petites centrales est une énergie propre qui produit beaucoup moins de dioxyde de carbone (CO2) que le solaire ».

Partant de cela, Dr Zerbo a indiqué que le ministère de la prospective de concert avec le ministère en charge de la transition énergétique vont travailler de manière « à créer les conditions pour que des jeunes soient formés dans les 5 ans pour être prêts (…) lorsque ces centrales seront sur le marché », à servir le pays.

Pour terminer, le chef de l’exécutif a surtout précisé qu’il ne s’agit pas de grandes centrales nucléaires. Pour un pays comme le Burkina, une grande centrale nucléaire « n’est pas viable » selon Lassina Zerbo prenant pour preuve le fait que le projet ghanéen dure « depuis 1958 ». Précisément pour les grandes centrales nucléaires, « il faut quelque chose de régionale autour de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), autour de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) », a-t-il conclu.

Franck Michaël KOLA

Minute.bf

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