Burkina : Les substances de carrières, une source importante de création de richesses et d’emplois

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Afric Carrière a une installation à Sogossagasso

Depuis jeudi 10 septembre 2020, une trentaine de journalistes sont en tournée dans l’Ouest du Burkina Faso pour toucher du doigt les réalités du secteur des mines et des carrières. Ce samedi 12 septembre 2020, Abdoulaye Sambaré, Directeur général des carrières, a donné une communication aux caravaniers autour du thème : « Les substances de carrières : potentialités et opportunités de création de richesses et d’emplois au Burkina Faso ».

Le Burkina Faso, de par sa géologie, offre une diversité de substances de carrières réparties sur l’ensemble du territoire national, avec un potentiel varié de production et de valorisation. Ces substances constituent une source importante de création de richesses et d’emplois mais restent insuffisamment valorisées au Burkina Faso, à en croire Abdoulaye Sambaré, Directeur général des carrières.

Le ministère des Mines et des carrières, a-t-il rappelé, conformément à l’axe 3 du Plan national de développement économique et social (PNDES) : « Dynamiser les secteurs porteurs pour l’économie et l’emploi », s’est engagé à promouvoir le secteur des carrières eu égard à son potentiel avéré. « Cet engagement répond aussi à un besoin de diversification de la production minière dans notre pays », a soutenu le communicateur du jour. Ainsi, cette volonté politique, confie-t-il, s’est traduite par la création d’une Direction générale des carrières en 2017 et la création d’un programme budgétaire opérationnel dédié aux carrières (Programme carrière) en 2018.

Faisant l’état des lieux de l’exploitation des carrières au Burkina Faso, Abdoulaye Sambaré a indiqué qu’à la date du 30 juin  2020, pour ce qui est des autorisations industrielles valides, 23 carrières sont actuellement en exploitation, 11 sont par contre en arrêt d’activités, une quarantaine en attente d’exploitation et une vingtaine de demandes d’autorisations d’exploitation sont en cours d’examen.

Une vue de la carrière de Sogossagasso

Quant aux autorisations Semi-mécanisées, note le conférencier, une dizaine de demandes sont en instance. Aussi, a-t-il fait savoir que l’exploitation des carrières au Burkina Faso contribue à l’économie et permet la création d’emplois, résorbant de ce fait le chômage. En effet, 900 emplois ont été créés dans les carrières industrielles contre 8000 dans les carrières artisanales. En plus de la création d’emplois, certains promoteurs réalisent des infrastructures sociales (écoles, forages, reprofilage des routes…) au profit des populations locales. La carrière de Sogossagasso, exploitée par l’entreprise Afric Carriers, à une trentaine de kilomètres avant Bobo Dioulasso, a construit une école qui pourra déjà recevoir des élèves à la rentrée prochaine. Les sociétés de carrières contribuent également au Fonds miniers pour le Développement local (FMDL) à hauteur de 1% de leur chiffre d’affaires mensuel hors taxes ou de la valeur des produits extraits au cours du mois.

Valoriser les substances de carrières pour le développement

Malgré les ressources importantes du Burkina Faso en matériaux carbonatés (calcaires, calcaires dolomitique), souligne M. Sambéré, les importations de ciments y compris le clinker et de chaux restent élevées. Une seule unité de production industrielle est en cours d’installation avec des difficultés, pour une production prévisionnelle de 17 725 tonnes/an, déplore-t-il. Il estime donc qu’« une meilleure valorisation de ces ressources carbonatées permettra au Burkina Faso de satisfaire la  consommation nationale en chaux et en ciment avec en plus des possibilités d’exportation ».

Le Ministre des mines et des carrières, Oumarou Idani a visité l’école construite par Afric Carrières

De même, a-t-il poursuivi, une bonne valorisation des ressources naturelles (calcaires dolomitique, argiles, etc.), « peut contribuer à la fertilisation des terres cultivables dans notre pays ».

Dans le domaine du bâtiment et des travaux publics, les substances de carrières notamment le granite, le sable et éventuellement la latérite (BLT) et l’argile (briques en terre cuite) constituent des matières premières nécessaires à la réalisation des infrastructures de développement. Le Burkina Faso dispose aussi de pierres ornementales d’excellente qualité et de grande valeur propices à la consommation nationale et à l’exportation. Le granite rose de Pama, de Bidi, de Pô, la syénite de Wayen et certains sites de calcaire dolomitique (marbre) dans la zone de Bobo-Dioulasso en sont des exemples.

Le secteur des carrières offre de réelles opportunités de contribution au développement socio-économique durable du Burkina Faso, qui, malheureusement, reste relativement peu connu aussi bien du grand public que des opérateurs économiques. Pour valoriser ce secteur, le Ministère en charge des mines et des carrières entend poursuivre ses actions d’organisation et de promotion de ce secteur et aussi l’amélioration de la connaissance de ces substances (cartographie, caractérisation et évaluation des sites intéressants).

Armand Kinda

Minute.bf

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