Élections 2020 : Des programmes « ambitieux » sur l’entrepreneuriat des jeunes

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L’Association professionnelle des Jeunes entrepreneurs du Faso (APJEF) a organisé une conférence débat avec les candidats à l’élection présidentielle sur leur projet de société. Les débats portants sur l’entrepreneuriat des jeunes avec les représentants de 6 des candidats déclarés dont celui du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), du Mouvement patriotique pour le Salut (MPS), du Mouvement du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP), de Soleil d’avenir et de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC) ont eu lieu le jeudi 12 novembre 2020 à Ouagadougou, devant plusieurs jeunes parmi lesquels des entrepreneurs.

Partant du constat que les jeunes représentent plus de la majorité de la population burkinabè, que ces jeunes, diplômés pour la plupart n’ont pas d’emploi, l’APJEF par la voix de son Secrétaire exécutif (SE) et Directeur général de Global Business Solutions (GBS), Limaba Lompo dit avoir organisé cette conférence-débat pour que les jeunes s’imprègnent des projets de société des  différents candidats avant de procéder à l’acte citoyen du vote, pour sceller l’avenir de la nation et partant de la jeunesse pour les 5 ans à venir. Et ce jour, des programmes de société ont été servis aux jeunes et aux entrepreneurs, 6 partis politiques ayant répondu à l’invitation de l’APJEF.

Ainsi, le représentant du CDP, Adama Yasser Ouédraogo, prenant la parole en premier, a déclaré qu’en ce qui concerne l’entrepreneuriat des jeunes, son candidat, Eddy Komboïgo, « homme d’affaires »; « chef d’entreprise » depuis 1995, « s’y connait bien dans le domaine ». Pour résorber le taux de chômage donc, M. Ouédraogo a indiqué que son candidat entend mener le combat à trois niveaux : « revoir la question de la formation », car convaincu qu’il y a un « décalage entre la formation et les offres d’emplois »; « aider conséquemment les partenaires du privé afin qu’ils puissent embaucher des élèves et des étudiants en fin de formation » et enfin, sur la base des fonds qui existent dont « la plupart a été créée par le pouvoir du CDP »,  « revoir ces fonds, alimenter ces caisses » dans le but  d’accorder des prêts conséquents aux jeunes.

« Aujourd’hui nous voyons des prêts de 500, voire 800 milles ou un million de FCFA accordés aux jeunes pour entreprendre, comment peut-on entreprendre avec un million ? », s’interroge le représentant du CDP, qui ne comprend pas non plus la question des garanties pour les prêts pour des jeunes qui n’ont pas de moyens. C’est pour cela que son candidat prend l’engagement de parrainer 5 000 jeunes qui ont des plans d’affaire sérieux pour démarrer leur entreprises. Et pour cela, ce dernier pense que Eddy Komboïgo est le candidat idéal pour les jeunes, d’autant plus qu’il promet à l’issue des cinq ans s’il ne réussit pas à relever ce défi de ne pas se représenter.

Ensuite, ce fut au tour de Jules Bouda, représentant Yacouba Isaac Zida du MPS, d’expliquer que son candidat entend « développer une nation entreprenante ». « Jusqu’ici, nous avons été dans une sorte d’hérésie où c’est l’Etat le seul pourvoyeur d’emploi », a regretté celui-là qui estime que « les jeunes ne manquent pas d’initiatives ». Et pour cela, son candidat entend défendre l’entrepreneuriat des jeunes à travers la triades, « opportunités » ( consommation des ménages, investissements massifs…); « qualité de la ressource humaine », (des hommes et des femmes qui ont le savoir faire, l’initiative entrepreneuriale, travailler à la formation des jeunes) et « l’environnement » (politique, juridique, et fiscale ). Aussi, il s’agira pour le MPS de lever « le principal écueil à l’entrepreneuriat des jeunes qui est l’expérience et la question des financements » à travers la création d’un Conseil national des Petites et Moyennes entreprises (PME) qui s’occupera de façon opérationnelle de la politique nationale de l’entrepreneuriat.

Limaba Lompo, DG de GBS et Secrétaire exécutif de l’APJEF

Quant au représentant du candidat du MCR, contrairement à ce que l’on entend, il  pense qu’il y a de la place dans la fonction publique pour les jeunes. « Une seule V-8 peut permettre d’embaucher combien de personnes ? Une seule talisman peut permettre à combien de personnes d’entreprendre ? », s’interroge Pierre Badolo, le représentant du candidat Tahirou Barry pour qui, « tout le monde a sa place dans la fonction publique ».

Sur l’entrepreneuriat précisément, « nous avons prévu 100 milliards pour donner 50 millions à chaque jeune pour pouvoir  démarrer son projet », a-t-il déclaré, précisant que les 50 millions seront donnés par tranche pour suivre l’évolution du projet et inciter le jeune porteur à travailler.

En outre, pour le représentant du président sortant Roch Marc Christian Kaboré, Ali Konaté, son candidat s’inscrit dans une logique de continuité de son programme. Pour lui, le Burkina peut se féliciter d’avoir un ministère consacré à l’entrepreneuriat des jeunes grâce à son candidat. Pour sortir la jeunesse du chômage à travers l’entrepreneuriat, ce dernier a décliné 3 axes dont: le développement de la culture entrepreneuriale à la base, dans les écoles, les universités afin que les jeunes à la fin de leur études aient cet esprit d’entreprendre; développer l’entrepreneuriat rural à travers l’élevage et l’agriculture pour les jeunes en milieu rural et enfin, de renforcer les fonds existants pour financer davantage les projets des jeunes entrepreneurs.

Fousseni Batieka, le représentant de Soleil d’Avenir du Pr Abdoulaye Soma, s’est voulu plus concret: « nous allons créer 10 000 emplois par an dans le secteur privé informel », a-t-il déclaré. Pour cela, il a indiqué que son candidat va mettre 2 milliards à la disposition de 2 milles jeunes, « un don d’un million a tout jeune qui a un projet ». Au niveau des mines, son candidat entend créer une société minière nationale.

Prenant la parole à son tour, le représentant de Zéphirin Diabré, Éric Zongo a laissé entendre que son candidat va réserver une partie des marchés publics aux entreprises des jeunes de moins de 35 ans. Aussi, en plus de la formation des incubateurs, le candidat de l’UPC, selon M. Zongo va en plus de la garantie, « accorder un fonds de capital à risque, c’est-à-dire, un fonds qu’on va utiliser pour prendre une part de façon momentané dans le capital du jeune entrepreneur, l’accompagner jusqu’à ce que l’activité démarre et retirer si besoin en est pour laisser la personne continuer ». En milieu rural, le candidat de l’UPC entend développer l’entrepreneuriat agricole, en formant des jeunes agriculteurs à l’esprit entrepreneurial.

Un autre volet qu’entend développer le candidat du parti du lion, c’est la « révolution industrielle », l’élargissement des zones industrielles. M. Zongo a également laissé entendre que son candidat va innover en développant l’entrepreneuriat jeune dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC). Toutes ces propositions ont été diversement appréciées par les jeunes entrepreneurs, organisateurs de la conférence.

Des projets de société « ambitieux » et « démesurés »

Romaric Badolo, PDG de l’ISTAPEM et membre de l’APJEF

Saluant la participation des 6 candidats représentés, Limaba Lompo s’est félicité de la richesse des programmes pour les jeunes. « Les différents projets de société sont très ambitieux, mais nous pensons qu’il y a certains qui sont un peu démesurés même si dans l’ensemble, on voit l’ambition de soutenir la jeunesse », a-t-il apprécié.

Et à Romaric Badolo, Président Directeur général (PDG) de l’Institut supérieur des Technologies appliquées et du Management (ISTAPEM) et membre de l’AFEJP, de laisser entendre : « ils ont présenté des programmes alléchants, qui sont intéressants. C’est de voir qu’est-ce qui est réaliste dans tout ce qu’ils ont dit, qui est-ce qu’on peut choisir comme candidat qui puisse porter nos aspirations, nos rêves afin de ne pas retomber dans les mêmes situations vécues les années antérieures ».

Boniface Samba, PDG de la marque de mouchoir Natal et membre de l’APJEF, lui, s’est montré méfiant en déclarant : « il y a toujours des promesses électorales, il y a ce qu’on promet de faire pour la jeunesse et à la fin, il y a moins de réalisations par rapport à ce qu’on a dit ».

En tout état de cause, les organisateurs de la conférence fondent l’attente qu’au soir du 22 novembre, les promesses de campagnes sur l’entrepreneuriat des jeunes seront parmi les priorités du candidat élu.

Franck Michaël KOLA

Minute.bf

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