Fronde sociale: « Si tu acceptes qu’on te met la corde au cou, il faudra accepter qu’on te tire » (A. Balima)

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Le Parti socialiste (PS) du Burkina était face à la presse le jeudi 30 mai 2019 pour se prononcer sur les questions d’intérêts nationaux. Plusieurs points d’actualité ont été abordés par les responsables de ce parti.

« Depuis la prise du pouvoir en 2016, nous pouvons dire qu’il y a eu des ratés au niveau de la gouvernance », a réagi Aboubacar Balima, président du Parti socialiste du Burkina, sur la question de la fronde sociale qui est en ébullition à presque tous les niveaux de la fonction publique. Pour M. Balima, la « mauvaise gestion » de la crise chez les magistrats serait aujourd’hui la pierre angulaire de tous les mouvements sociaux constatés ça et là au Burkina Faso depuis l’arrivée au pouvoir du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP).

« On ne peut pas régler pour les uns et laisser pour les autres. Si tu acceptes qu’on te met la corde au cou, il faudra accepter qu’on te tire », a-t-il martelé, appelant néanmoins les syndicats à « mettre de l’eau dans leur vin » au regard de la rareté des ressources constatée au Burkina Faso.

Aboubacar Balima a appelé toutes les populations burkinabè en général, et les travailleurs de la fonction publique en particulier, à « s’unir pour trouver la solution à cette fronde sociale ». Mais, a-t-il ajouté, le gouvernement doit toujours maintenir le dialogue avec les « acteurs incontournables » du service public afin de « trouver des solutions inclusives et transversales » pour l’ensemble des travailleurs. Pour ce faire, pense-t-il qu’il serait « regrettable de traiter les syndicats comme des voyous, en entretenant des bras de fer sans issue certaine ». Tout compte fait, « le PS Burkina sera toujours aux côtés du mouvement social », assure M. Balima.

La question du « déclassement partiel » de la forêt de Kua à Bobo-Dioulasso pour la construction d’un hôpital a été abordée par le PS Burkina qui, saluant au passage la volonté du gouvernement à « accroître l’offre de soin » au Burkina Faso, a tout de même jugé « regrettable de construire cet hôpital sur les ruines de la forêt de Kua » parce qu’il estime que « le patrimoine forestier est très précieux dans notre pays où les terres sont arides et que le désert conquérant avance à grand pas ». Le président du parti socialiste dit être convaincu que « changer de site ne compromettra pas la réalisation de cette infrastructure ».

Sur les attaques terroristes auxquelles est confronté le Burkina Faso depuis quelque quatre ans, le PS Burkina, à travers cette sortie médiatique, a indiqué que pour gagner cette guerre, il faudra engager un combat sans merci contre les forces du mal avec « les moyens et la motivation à la hauteur des enjeux de cette lutte, afin de restaurer l’autorité de l’État et de réouvrir les écoles dans ces zones touchées par le terrorisme ».

Le parti a aussi invité les populations à collaborer avec les forces de défense et de sécurité dans cette lutte contre le terrorisme. Créé en 2017, le PS Burkina vise la magistrature suprême et ne souhaiterait pas que la date des élections prochaines soit reportée car « ça n’arrangera personne ». Mais s’il y a nécessité de reporter les élections au regard du contexte sécuritaire difficile que vit le Burkina Faso, les raisons de ce report seront aussi données et « le PS Burkina ne fera que prendre acte ».

Armand Kinda
Minute.bf

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