samedi 14 février 2026
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Gestion du chemin de fer : Une petition pour annuler le contrat de Bolloré pour non respect des engagements 

Le Consortium 2050 avec à sa tête l’ancienne ministre en charge de la femme, Nestorine Sangaré est engagé à fond pour la rupture de la convention signée avec le groupe Bolloré, pour l’exploitation du chemin de fer, à travers sa filiale la Société internationale de transport africain par rail (ou SITARAIL). Le mardi 22 février 2022 à Ouagadougou, accompagnée de cheminots retraités, Nestorine Sangaré a rappelé que Bolloré n’a pas respecté la convention et pis, veut vendre ses « activités logistiques et transports ferroviaires » y compris SITARAIL. Une occasion pour le Consortium d’appeler à la mobilisation pour soutenir sa pétition afin d’annuler le contrat avec Bolloré avant qu’il ne soit tard.

Selon l’historique retracé par le Dr Nestorine Sangaré, c’est « le 12 décembre 1994, dans le cadre des Programmes d’Ajustement structurel (PAS) que le chemin de fer Abidjan-Ouaga a été privatisé sous la pression de la Banque mondiale. » Cela a propulsé SITARAIL dont le groupe Bolloré est actionnaire majoritaire à la tête dudit chemin de fer comme « gestionnaire privé par le biais du contrat de concession initiale d’affermage », a-t-elle poursuivi, expliquant que cela autorisait ledit groupe à « exploiter le chemin de fer et à payer les droits d’usage et les redevances. » Aussi, le groupe Bolloré par la même occasion devrait « contribuer à l’entretien des infrastructures et des équipements. »

Cependant, relève l’ancienne ministre de la femme, « durant l’exploitation du chemin de fer jusqu’en 2010, la société n’avait toujours pas payé les droits d’usages ni la totalité des redevances. » Pis, contre toute attente, Mme Sangaré a ajouté dans ses révélations que « par le truchement de plusieurs avenants, la société SITARAIL a demandé et obtenu une remise gracieuse de 199 millions de F CFA ». A l’en croire, « la convention initiale prévoyait l’annulation si après 3 mois d’exploitation, la société ne payait pas les sommes dues » et l’Etat pouvait, dans ce sens, « prononcer la d’échéance de l’exploitant ». Selon ses dires, la société a « accumulé une dette de 5 753 596 597 F CFA à l’endroit du Burkina. »

Tout cela ajouté à de « nombreux manquements » de la part du groupe Bolloré n’ont pas suffi à rompre la concession. Le combat du Consortium 2050 se situe donc à ce niveau.

En effet, à en croire Nestorine Sangaré, plutôt qu’une rupture de la concession, le groupe Bolloré, « après plusieurs années de négociations, a obtenu la signature d’une nouvelle concession révisée, l’autorisant à exploiter le chemin de fer burkinabè jusqu’en 2048. » Cette nouvelle concession révisée prévoyait « le paiement des dettes antérieures, un investissement de 263 milliards de F CFA pour rénover le chemin de fer dont la première tranche de 85 milliards de F CFA devrait être réalisée entre 2019 et 2021; le rachat du matériel qu’elle (SITARAIL) a pourtant elle-même amorti à 10 millions d’euros payable en 15 ans avec 5 ans de différé et la réhabilitation du chemin de fer sur une période de 8 ans. »

Mais selon ses explications, « la convention révisée a été conclue en toute méconnaissance des règles internationales, par le biais d’une entente directe » mais aussi, « la SITARAIL refuse de construire des rails standards et impose au pays des rails métriques », limitant « l’entrée du Burkina dans la boucle ferroviaire sous-régionale décrétée par l’UEMOA. »

A ces manquements, Nestorine Sangaré a confié qu’alors que le SITARAIL prévoyait le lancement des travaux de réhabilitation le 16 avril 2019, elle s’est par la suite « rétractée unilatéralement en se plaignant de l’impact du projet du chemin de fer Tema-Ouaga sur la rentabilité de son investissement. »

Avec le MPSR, « le contexte est favorable… »

En résumé, « depuis la signature de la convention révisée jusqu’à la date du 11 février 2022, SITARAIL n’a pas payé les dettes antérieures de 1985 à 2016, elle refuse de commencer les investissements promis de 263 milliards, elle n’a pas payé le matériel usagé pour lequel elle s’est engagée », a dénoncé Dr Sangaré, qui révèle que contrairement à cela, SITARAIL a décidé de « vendre la concession à une autre multinationale sans aviser les pays (Burkina Faso et Côte d’Ivoire). »

Citant un média français selon lequel Bolloré accorde « une exclusivité jusqu’au 31 mars 2022 au groupe MSC pour confirmer son intention d’achat », le Consortium 2050 demande aux autorités d’appliquer « les clauses de d’échéances qui prévoient la rupture de la convention si 12 mois après l’entrée en vigueur les travaux de réhabilitation n’ont pas démarré. »

Pour ce faire, Nestorine Sangaré et les cheminots ont annoncé une marche le 3 mars prochain à Ouagadougou et dans les différentes gares.

« Il y a des privés burkinabè qui sont actionnaires dans SITARAIL, ce dossier fait peur. Ce n’est pas un secret que le fils du président Roch Marc Christian Kaboré travaille là-bas à Abidjan », a affirmé Dr Sangaré qui pense que l’avènement du Mouvement patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR) peut changer la donne. Pour elle, « le contexte (transition avec le MPSR) est favorable parce que Bolloré même a senti que le contexte politique ne lui est plus favorable en Afrique de l’Ouest. »

« Il y a des choses que nous devons arracher à la France maintenant », a lancé le Consortium 2050, invitant les Burkinabè a se mobiliser pour signer la pétition pour qu’elle soit « le premier dossier à traiter par le Conseil national de la Transition (CNT). »

Franck Michaël KOLA

Minute.bf

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