Guerre médiatique: Les médias occidentaux diabolisent-ils l’Afrique et la Chine ?

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Le diplomate Zhang Guodin interrogeant une traductrice chinoise sur sa perception de l'Afrique


A la faveur d’un séminaire initié par le gouvernement chinois à travers le Centre de formation du Groupe de publication en langue étrangère de Chine (CIPG), des professionnels de médias burkinabè ont eu l’opportunité de découvrir l’empire du milieu. Ce voyage en terre chinoise a été effectué du 19 novembre au 9 décembre 2019. L’un des objectifs de la Chine en conviant les professionnels des médias à un tel séminaire était entre autre de permettre aux Hommes de médias africains de voir la Chine, non plus par « l’image diabolisante » donnée à travers les chaînes occidentales, mais de leurs propres yeux. Pendant trois semaines, des communications sur les relations Sino-africaines, sur l’histoire et le système politique chinois ainsi que des visites sur les lieux et sites touristiques emblématiques de la chine ont été servis à la délégation de professionnels des médias burkinabè mais aussi Sénégalais qui ont suivi ensemble ce séminaire de trois semaines.


« Les médias occidentaux transmettent de fausses informations de la Chine et de l’Afrique » dénaturant ainsi leurs images. C’est ce qu’a fait savoir Zhang Guobin, diplomate d’expérience ayant successivement été en fonction à la division Afrique, au bureau, au protocole, la maison d’Hôte d’Etat de Diaoyutai et au service consulaire du ministère des affaires étrangères de Chine. Parlant des médias occidentaux, il a en effet fait savoir que ces médias « dénaturent même les faits historiques et font courir de faux reportages qui dénigrent la Chine ».

Li Jun, ancien ambassadeur de la Chine en Afrique

La conséquence selon lui, « les peuples occidentaux et africains ont une mauvaise perception de la Chine ». Ainsi, a-t-il poursuivi, « le sondage fait par BBC en 2014 montre que 76% du peuple allemand par exemple pensait que la Chine donne une influence négative au monde pourtant, plus de 60% des Chinois ont une attitude positive de l’Allemagne ». Pour Zhang Guobin, il est plus qu’impérieux d’agir et cela doit se faire par la coopération médiatique entre l’Afrique et la Chine afin de porter les vraies informations aux publics. C’est justement dans cet ordre d’idée d’ailleurs que le séminaire pour les journalistes médiatiques burkinabè a été initié en Chine. Cela a permis à la délégation de toucher du doigt les réalités de la vraie Chine.

La Chine de l’intérieur

Pour avoir fait le constat, le moins que l’on puisse dire, c’est que la Chine de l’intérieur n’a rien à voir avec les idées que la plupart des membres de la délégation burkinabè avaient avant de découvrir le pays de Mao. Bien sûr, ce serait une lapalissade de dire que les Hommes du pays de Mao Zedong sont besogneux et disciplinés car cela était bien connu de tous avant de venir en Chine.

En effet à bien comprendre l’évolution historique de la Chine, on pourrait déduire, que cette discipline et cette abnégation au travail tient du fait que le système de gouvernance mis en place et la croyance en la doctrine de Mao ainsi qu’en la philosophie de Confucius y a beaucoup contribué. Pourtant de l’extérieur, des idées reçues via les médias occidentaux, la plupart des participants estimaient que le système de gouvernance chinois, est un système d’oppression basé sur la féodalité et la privation des libertés individuelles.

La privation de liberté en Chine: qu’en est-il réellement ?

Les journalistes ont passé trois semaines de formation en Chine

En ce qui concerne plus spécifiquement la privation de liberté, le cantonnement, le manque de d’opinion politique, de l’avis des communicateurs, qui se sont succédé tours à tours pour s’entretenir avec les hommes de médias, il n’en est rien. Li Jun ancien ambassadeur de la Chine en Afrique, pour illustrer le système de gouvernance politique Chinois, a pris pour exemple le parcours du président Xi Jinping : « il a été paysan et a gravi les échelons jusqu’au poste de président » a-t-il révélé avant de faire noter qu’en Chine, les candidats aux postes politiques sont proposés par la communauté au niveau communale, régionale, sénatoriale jusqu’au poste de président du fait de leur patriotisme avéré et reconnu de tous. Li Jun n’a donc pas manqué de préciser que lorsqu’un candidat est proposé pour un poste politique, il est permis à quiconque ayant des preuves de son manque de patriotisme ou de son supposé implication dans des affaires louches de le dénoncer. S’il s’avère que celui-ci est reconnu des faits qui lui sont reprochés, sa candidature est aussitôt invalidée.

Il faut alors croire que le patriotisme et le dévouement à servir le peuple sont les maîtres mots dans toutes les sphères de l’administration publique en Chine. Au cours d’une visite au journal public le quotidien du peuple, un de nos confrères en s’adressant au directeur adjoint du quotidien Chengliang Wu a voulu connaître le mode de recrutement au journal « le quotidien du people ». La réponse du directeur adjoint a été sans équivoque: « il faut être patriote » c’est dire que malgré les compétences journalistiques il faut en plus être un patriote et vouloir servir l’intérêt du peuple avant d’être régulièrement embauché au quotidien du peuple.

De notre séjour dans le pays de Mao nous avons pu tirer la conclusion suivante:  » la Chine de manière imagée, c’est cette famille où les enfants, c’est à dire le peuple choisit ses parents en fonction de leurs aptitudes à servir ses intérêts et dans le même temps, ce peuple voue une confiance aveugle à leur parents tout en obéissant à l’ordre de vie préétabli pour une vie commune basée sur le respect mutuel au risque de subir la foudre des lois établies pour la gestion de la maison commune ». Naturellement, les lignes ne peuvent que bouger vu que tout le monde va dans le même sens. Ce système communiste ou socialiste à la chinoise bien que mal apprécié par les occidentaux semble pourtant être la recette secrète du «  miracle chinois » qui est actuellement un modèle de développement économique et social même s’il est vrai que le pays est classé comme pays en voie de développement.

Les chinois ont aussi reçu une mauvaise image de l’Afrique

« L’image que le Chinois a de l’Afrique, est qu’elle rime avec paludisme, coup d’Etat, terrorisme et famine ». En effet, le canal par lequel ils ont reçu ces clichés négatifs de l’Afrique n’est ni plus ni moins que par les chaînes occidentales et Américaines. Les étudiants de l’université des langues étrangères de Chine qui nous servaient de traducteur lors du séminaire ont pour la plus part avoué ne connaitre l’Afrique que par les médias occidentaux. Pourtant, « ces médias ne font pas l’apologie de l’Afrique, bien au contraire » souligne Zhang Guobin. Aussi, il a fait noter que ces médias sont de puissants canaux de diffusions qui modèlent à leur guise la perception des masses vis-à-vis de certains pays comme la Chine et les pays de l’Afrique. Ainsi, a-t-il affirmé haut et fort, l’impérieuse nécessité d’agir. C’est la raison pour laquelle M. Guobin estime que la Chine et l’Afrique doivent, dans une synergie d’action et dans un esprit de partenariat gagnant-gagnant basé sur le respect mutuel redorer leur blason à travers la coopération.

En outre, le diplomate est allé un peu plus loin pour prôner la consolidation de relation Sino-Africaine autour d’un projet d’envergure qu’il a dénommé « la ceinture et la route » afin de redessiner l’ordre mondiale.

Hamadou Ouédraogo, de retour de Chine

Minute.bf

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