Koudpoko, au Burkina c’est ma part du gâteau ou rien

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Ma très chère Koudpoko, au Burkina, les années se succèdent mais ne se ressemblent pas du tout parce que chaque année qui passe, on fait un grand bond vers la case départ. Pendant six bonnes années passées, j’ai observé la scène politique. Je n’ai constaté que du volte-face. Au-delà des vestes, nous avons assisté à des retournements spectaculaires de manteaux. Eh bien, ma très chère Koudpoko, comme le disent les mossé, « quand ta tante change de mari, change de parent à plaisanterie ». Traduction littérale hien. Aujourd’hui, cet adage dévoile tout son sens dans la sphère politique.

En effet, ceux qui, hier, avaient le flair des attaques terroristes au Burkina Faso, et étaient prompts à parler de l’insécurité sous le régime de Roch Kaboré ont délibérément perdu la connexion internet aujourd’hui. Il ne se passe rien encore dans ce pays. Koudpoko, je dis, tout va bien. Eux, c’est le premier groupe qui se retrouve cette fois-ci au camp « adverse ». Passe moi donc la calebasse de ton jus de kæye on va la soulever à leur santé.

Ceux qui fustigeaint ceux qui publiaient les informations sur l’insécurité, et qui les traitaient d’apatrides, ont aujourd’hui pris la relève en publiant, promptement et pompeusement, tous les incidents sécuritaires. Le défenseur est subitement devenu l’attaquant. Eh oui. Ma part du gâteau ou rien. En réalité, la nation n’a pas de défenseur né. Chaque action depend de la position de celui qui fait l’action. C’est la nation qui en pâtit. Le reste importe peu aux yeux de ces braves internautes. Ici au Faso, quand tu vois le point levé, il faut savoir que le poignet fermé a englouti toutes les manifestations de la corruption, la gabegie et de l’exploitation de l’autre.

Les « apatrides » sont aujourd’hui patriotes et les « patriotes » subitement devenus « apatrides ». Même dans mon état de lucidité zéro, après avoir ingurgité quelques litres de ton jus, je frissonne lorsque j’arrive à réunir toutes mes dernières forces de ma capacité visuelle pour voir des vidéos de propagande des terroristes, publiées par celui-là même qui, il n’y a que quelques semaines seulement, défendait bec et ongle les actions du régime passé avec sa meute d’activistes recrutés à cet effet.

En tout cas, chacun est mobilisé autour de ses intérêts.

La patrie n’est réellement pas l’intérêt général. Aucun intérêt général ne tient dans ce Faso. Tout est question de position et koudpoko le sait bien…

Avant de te laisser, passe moi une autre calebasse de ton jus. Je boirai et j’attendrai au coin de ton cabaret pour observer le Burkina de demain venir vers nous. En tout cas, ce que je vois déjà venir, si ton jus ne me joue pas des tours, il faut dire que nous allons tous rendre témoignage.

Entre ces attaquants et défenseurs qui s’échangent les postes, il y a les milieux. Eux sont sans groupe. Ils ne sont ni du premier ni du second groupe. Ce sont les non affiliés. Ils se posent des questions sur la destination du MPSR. Ils arbitrent très souvent, taclant l’un ou l’autre groupe par des critiques et des commentaires.

En fait, ces non affiliés n’attendent que l’issue du match. La victoire pour sa survie et son bonheur. Quand aux deux groupes, chacun veut avoir raison. On s’amuse souvent à dire qu’en Afrique quand quelqu’un te conseille et que tu fais autrement, il s’attend à ce que tu échoues pour avoir raison. Eh bien, les groupes des attaquants et des défenseurs se sont appropriés cet adage, chacun attendant l’échec de l’autre pour avoir raison. Que l’intérêt superieur de la nation aille mourir dans leurs guéguerres. Pourvu que chacun gagne ce qu’il veut.

Oups. Koudpoko, ton jus est vraiment fermenté et très beaucoup dosé ce matin. J’allais facilement oublier un autre groupe. C’est le groupe des ramasseurs de balles comme dans un match de football. Les membres de ce groupe remettent la balle à chaque groupe, sans discrimination. Mais, ils positionnent le voile de leurs intérêts en fonction de la direction du vent. Et dès qu’un groupe gagne, ils partent s’agripper à celui-ci.

Peu importe, tous sont dans le même bateau, le même match.

Le premier groupe, le second groupe, et les non affiliés. Chacun va rendre témoignage. Moi, c’est déjà mon témoignage que je te donne.

Prends bien soin de toi. Koudpoko, attache bien ta ceinture car la transition va décoller. En attendant, le match est serré sur les réseaux sociaux.

Attaquant hier, défenseur aujourd’hui. Ce changement de poste ne va que sombrer le Faso. Mais peu importe, pourvu que chacun ait sa part du gâteau. L’existence du Faso n’est pas une priorité… Ils sont rares, ceux qui pensent patrie dans leurs actions. La patrie ou la mort, Nous vaincrons. Ça c’était sous sankara. Actuellement, chacun a sa devise en fonction de sa position dans la société…

En tout cas, que le meilleur gagne. Mais que la patrie s’en sorte vainqueure. Le peuple ne veut que la paix et la sécurité.

Minute.bf

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