Ouagadougou : Après 20 ans de service, il doit aller à la retraite sans pension

0
Image d'illustration

Les ouvriers de la mairie de Ouagadougou ont adressé un préavis de grève de 72 heures, pour les 6, 7 et 8 février 2020, au maire Armand Béouindé en vue de protester contre la violation de la loi 03 qui régit les collectivités territoriales et prend en compte tout ce qui est comme régularisation professionnelle. Les ouvriers, depuis leur première sortie médiatique en août 2019, plaident pour une reconstitution de leur carrière.

« Monsieur le maire, par la présente, nous vous informons que les ouvriers de la mairie centrale affiliés à la Confédération syndicale burkinabè (CSB) observeront un arrêt de travail de 72 heures à compter du 6 au 8 février 2020 inclus, afin de protester contre la lenteur de la mise en place du comité ad ’hoc chargé de la régularisation de la situation des ouvriers », est-il écrit dans le communiqué de la Confédération syndicale burkinabè (CSB) dont copie a été remise à minute.bf.

 « Depuis 20 ans, c’est toujours le même salaire de 37 500 FCFA. Il n’y a pas d’avancement pour les ouvriers », déplore Nouphe Bamogo, chargé des conflits de travail à la Confédération syndicale burkinabè (CSB), qui précise que, selon le bureau international de travail, les ouvriers sont exploités parce qu’ils n’ont pas un travail décent.

Ainsi, plusieurs démarches ont été entreprises par les ouvriers de la mairie pour se faire entendre. Le Ministère de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la cohésion sociale aurait même « instruit le maire de régulariser la situation des ouvriers parce que c’est une violation des textes », à en croire M. Bamogo. Mais jusque-là, aucune évolution n’a été constatée dans le dossier.

L’assemblée générale décisive…

Les travailleurs ont tenu une assemblée générale (AG) jeudi dernier pour analyser leur situation et trouver les voies à suivre pour le respect de leurs droits. Cette AG a donc décidé d’un arrêt de travail de 72 heures. C’est dans ce cadre qu’un préavis de grève a été déposé chez le premier Ministre, le gouverneur, chez le Haut-commissaire de la région de centre, chez le ministre de l’administration territoriale, au Haut conseil pour le dialogue social. La correspondance officielle a été adressée au maire de la commune de Ouagadougou.

En rappel, ce sont quatre cent à cinq cent ouvriers qui sont concernés par cette situation. « A ne pas confondre avec la brigade verte », précise le chargé des conflits de travail à la CSB. En effet, le plus âgé toujours en activité a 72 ans avec 20 ans de carrière, fait remarquer le défenseur des causes de ces travailleurs. « Si aujourd’hui on lui dit d’aller se reposer, il n’aura pas de pension. Pourtant ce sont des personnes âgées qui travaillent régulièrement pour la propreté de la ville. Mais leurs droits sont bafoués », regrette-t-il.

La loi 03, explique Nouphe Bamogo, « fait obligation à la mairie de déclarer les ouvriers à la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS) ». Une déclaration qui, de son avis, permettra à ces ouvriers de bénéficier de pension en cas de retraite, de jouir de congés annuels, de disposer de la prime d’ancienneté, de bénéficier d’une augmentation de salaire, de prendre en charge les frais mortuaires en cas de décès d’un ouvrier et de liquider les droits légaux et ayants droits. 

Armand Kinda

Minute.bf

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre commentaire
Votre nom