Pluie à Ouagadougou : Le marché de « Théâtre populaire » se perdait dans les eaux

0
Ce mécanicien au bord de la voie était pris en otage par les eaux


« Les manifestations orageuses ou pluvio-orageuses abordant l’Est du pays pourraient au cours de leur évolution, intéresser plusieurs localités du territoire dont l’Est, le Nord-est, le Sud-est, le sud, le Centre, le Nord, le Nord-Ouest, le Sud-ouest et l’Ouest au cours de cette nuit et dans la journée ». C’est la prévision qui avait été faite par « Météo Burkina » à 1h45 min de ce jeudi 4 juillet 2019. C’est fait ! La région du Centre, spécifiquement la capitale burkinabè est trempée dans les eaux de pluie depuis 10h (GMT) de ce jour.

Des formations nuageuses avaient envahi le ciel depuis 9h. Les gouttes de pluie n’étaient visiblement pas loin. Aux environs de 9h45, le vent couvrait peu à peu la capitale Ouagadougou. La circulation était devenue un casse-tête. Les embouteillages, chacun veut forcer le passage pour ne pas être battu par la pluie. Une situation qui prouve que les populations ne lisent pas la météo avant de sortir de chez elles chaque matin. Bref, quelques minutes après, aux environs de 10h, les premières gouttes de pluie tombaient sur « Ouaga la belle ».

La reine des lieux avait pris les commandes et avait contraint les étrangers à rester cloîtrer sous leurs hangars

C’était la débandade comme si les gouttes de pluie étaient des flammes. Les commerçants qui avaient étalé leurs marchandises dehors, aux abords des voies et même dans le marché à ciel ouvert étaient obligés de plier bagage. D’autres, s’estimant plusieurs fois trahis par la pluie, restèrent sous leur hangar où tiennent à peine de tôles comme toit. Les fortes gouttes de pluies finissent par inonder toute la ville. Les zones rouges sont prises en otage par la reine des lieux. L’eau coulait en cascade dans le grand fossé qui sépare le marché Théâtre populaire à Watam Kaizer. La pelouse du terrain omnisports Réné Monory qui fait face à l’église catholique Jean XXIII était engloutie par les eaux. Certains jeunes qui sûrement étaient là pour les entraînements se sont retrouvés, après la pluie, pris en otage par les eaux. Ils juchaient sur la clôture du terrain qui leur servait maintenant de lieu sûr pour éviter d’être emportés par les eaux.

En rappel, pour ce jeudi, à en croire la Météo Burkina, les formations orageuses ou pluvieuses annoncées ont généré une forte précipitation notamment au centre (89 mm à Ouagadougou Aéroport, 75 mm à Somgandé) et continuent leurs évolutions vers l’Ouest et le sud-ouest.

Il ne peut plus quitter son atelier

Un garage de mécanique moto adossé à la muraille du terrain Réné Monory se retrouvait en plein milieu des eaux. La cantine à clés mécaniques qui flottait dans l’eau est incessamment stoppée d’un coup de pied par ce « vieux » qui se voyait obligé d’attendre l’évacuation complète des eaux pour enfin trouver son repère. Ce mécanicien, les jambes trempées dans l’eau,  ne pouvait plus quitter son garage. Des petits kiosques aux abords de la voie ont été vidés de leurs propriétaires. Personne ne pouvait tenir dans ses eaux. Les caniveaux étaient débordés et l’eau se déversait sur tous les côtés. La circulation était risquée dans la capitale burkinabè ce jeudi.

Le propriétaire de ce petit kiosque l’avait abandonné avec tous les ustensiles de cuisine pour se trouver refuge ailleurs

Une situation qui, une fois de plus, vient poser avec acuité la question du curage des caniveaux dans les rues de Ouagadougou. Il convient de rappeler que, quelle que soit la volonté du conseil municipal à mettre fin aux inondations à Ouagadougou, sans l’accompagnement des populations, les efforts seront vains. Il n’est pas rare de constater, surtout dans ce même marché du « Théâtre populaire », et en général dans toutes les rues de Ouagadougou, des commerçants qui viennent vider leurs poubelles dans les caniveaux, avec espoir que les eaux les emporteront. La responsabilité de tous est donc engagée dans cette lutte contre les inondations à Ouagadougou.

Armand Kinda

Minute.bf

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre commentaire
Votre nom