Réformes scolaires : « Monsieur le Ministre, n’ajoutez pas cette forfaiture à votre CV » (AESO)

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Les élèves de plusieurs lycées de Ouagadougou ont battu encore le pavé au Ministère de l’éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la promotion des langues nationales (MENAPLN), ce lundi 29 mars 2021, pour exiger la levée pure et simple des nouvelles mesures prises par le gouvernement relativement à l’organisation du baccalauréat et à la suspension des activités socioculturelles dans les établissements, entre autres.

Le 18 mars 2021 lors d’un point de presse, le ministre en charge de l’éducation nationale, Stanislas Ouaro annonçait qu’à partir de 2022 l’organisation de l’examen du baccalauréat sera assurée par le Ministère chargé de l’enseignement supérieur. Cette réforme semble ne pas être du goût des élèves qui trouvent q’une telle décision sera sans doute une porte ouverte à la restriction de l’accès à l’université des enfants du peuple. Ils ont manifesté leur désaccord à travers diverses actions dont la tenue de multiples conférences de presse.

Sans surprise, ils sont montés au créneau à travers cette forte mobilisation en prennant d’assaut leur Ministère de tutelle pour exiger l’annulation du décret sur les réformes scolaires.

« Ce n’est pas la première fois que les autorités ont tenté d’imposer pareilles mesures. En 2000, Christophe Marie Joseph Dabiré, ex-ministre de l’enseignement avait tenté de confier l’organisation du baccalauréat à l’Office central des examens et concours du secondaire (OCECOS) avec pour objectif de contingenter des étudiants aux universités publiques », a rappelé le président de l’Association des Elèves et Scolaires de Ouagadougou (AESO), Mahamadi Ouédraogo, porte-parole des élèves manifestants.

Aussi, Mahamadi Ouédraogo a mentionné qu’en 2013 sous le ministre Moussa Ouattara, il a été tenté d’instaurer les sujets uniques en Histoire-géographie et en Sciences de la Vie et de la Terre. Toutes ces mesures, a en croire, avaient été farouchement combattues par les élèves, étudiants et parents d’élèves conduisant, d’une part, à l’invalidation de l’année académique 2000 et d’autre part, à l’abandon du baccalauréat OCECOS. « Il en est de même pour le maintien des sujets au choix au BEPC en 2013 », indique-t-il.

« M. le ministre (Ndlr: Stanislas Ouaro), tenez-vous vraiment à ajouter ce qui conviendra d’appeler forfaiture faite au système éducatif à votre CV. De toutes les façons, il est déjà entaché par la suspension de salaire de plus de 700 agents dont des femmes enceintes et en congé de maternité, la suppression des examens blancs avec l’accroissement des taux d’échecs aux examens de fin d’année et la multiplication des frais pour avoir accès à l’éducation », a noté le porte parole des élèves.

En plus de tout cela, les manifestants dénoncent la suspension des activités socio-sportives et de formation dans les écoles pendant que les festivals et d’autres activités festives battent leur plein partout sur le territoire national. Ils estiment que cette décision « n’est rien d’autre qu’une camisole de force faite pour être portée aux élèves ».

En tout état de cause, « nous ne menagerons aucun effort pour nous donner les moyens nécessaires afin de nous battre fermement jusqu’à la levée de ces mesures qui ne feront qu’exacerber nos conditions de vie et d’étude », a martelé le président de l’AESO, avant d’annoncer qu’ils mèneront d’autres actions plus fortes et vigoureuses si, à l’issue de cette interpellation, rien n’est fait allant dans le sens de la levée pure et simple de ces « mesures impopulaires et inopportunes ».

Hervé KINDA
Minute.bf

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