Santé publique : « Seulement 02 marques d’eau produites dans la région du Centre respectent les conditions prescrites » (Enquête RENCOF)

2
2 862 vues

Le Réseau national des Consommateurs du Faso (RENCOF) a mené une enquête sur les eaux minérales produites et commercialisées dans la région du Centre. Les résultats rendus publics au cours d’une conférence de presse, le jeudi 16 juin 2022 sont sans appel : « seulement 2 marques d’eau produites dans la région du Centre (…) respectent les conditions prescrites et méritent d’être vendues. »

« L’eau, c’est la vie ! », entend-on souvent. Ce n’est pas ce que pense le RENCOF après avoir enquêté sur les eaux en sachets dans la région du Centre. « A Ouagadougou, l’eau n’est plus source de vie mais plutôt source de mort », signe le RENCOF. Pourquoi ce postulat ? Explications !

Depuis quelques années, le Burkina connait une « prolifération de marques d’eau en sachets. » Quid de la qualité de ces eaux ?

Alors que l’Etat s’évertue à garantir la distribution d’eau saine aux populations à travers les contrôles du ministère en charge de l’environnement et de l’eau, celui en charge du commerce, la Police des eaux, les services de contrôles de l’Office nationale de l’Eau et de l’Assainissement (ONEA) et le Laboratoire national de Santé publiques (LNSP), des marques d’eau ne respectent pas toujours les prescriptions. Des 21 unités de production visitées par le RENCOF des quatre coins de la région du Centre, du 27 avril au 10 juin, son président, Adama Bayala a révélé que « 14 font l’objet de contrôle régulier du LNSP. » Et là encore, « 85,71% des promoteurs affirment payer pour les contrôles du LNSP », sans quoi, le LNSP cesse d’aller sur le site. Il s’agit, selon les explications de M. Bayala, d’un protocole d’accord institué par le LNSP pour « forcer » les unités de productions à payer entre « 700 000 à 4 000 000 F CFA » pour se faire contrôler.

En outre, il ressort du rapport du RENCOF que « 42,85% des unités de production posent des languettes sur les eaux préemballées contre 57,14% ; 50% des unités de production proposent des sachets biodégradables ; 28,58% des unités de productions portent (les inscriptions de dates de production et d’expiration » sur les sachets d’eau contre 71,43% ; 14,29% des unités de productions disposent de laboratoires internes équipés contre 51,14%… »

Le RENCOF pour la fermeture de certaines fabriques

Dans tout cela, Adama Bayala et ses camarades ont fait le constat d’entreprises « entourées d’habitations avec des latrines traditionnelles, des fosses septiques et des ordures pouvant facilement infecter la production ; (des entreprises travaillant) dans des conditions  insalubres : des flaques d’eaux, de la broussaille partout, une mauvaise évacuation des eaux usées, une mauvaise aération qui entretient une humidité interne, propice au développement des pseudomonas qui sont des germes les plus rencontrés (54,5%) dans la pollution des eaux en sachet. »

De tout ce qui précède, le RENCOF a relevé que « seulement 2 marques d’eau produites dans la région du Centre (…) respectent les conditions prescrites et méritent d’être vendues. » Le reste des fabriques d’eau fonctionnant au « mépris des règles avec la complicité de certains acteurs de contrôle », M. Bayala déduit qu’elles produisent « de l’eau microbienne », exposant les consommateurs aux maladies comme « la diarrhée, le choléra, les gastro-entérites, les maladies de peau, la dysenterie, le cancer de peau… »

Ainsi, le RENCOF recommande-t-il, « d’assainir le milieu des producteurs des eaux ; de fermer les fabriques d’eau qui ne disposent pas de laboratoires internes ; d’interdire la vente des produits conditionnés dans les sachets simples… »

Franck Michaël KOLA

Minute.bf

2 COMMENTAIRES

  1. Pourquoi ne pas informée le grand public des deux marques acceptables ? Si on craint de nuire à d’autres et par la même occasion de craindre de favoriser les bons, il suffit de suspendre tous les autres le temps que les compagnies concerné se mettent à jour.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre commentaire
Votre nom