Tribune – Libérer les forêts de l’emprise terroriste

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Ceci est une tribune de Jérémie Yisso Bationo qui appelle à libérer les forêts qui sont devenus des lieux de refuge des terroristes.

Les terroristes infestent de plus en plus les forêts du pays. Ces espaces leur servent de base vie ; lieux à partir desquels ils planifient les différentes attaques terroristes. Ces derniers temps, ils sont signalés du côté de Mangodara dans la Comoé. Prises de panique, les populations de la localité désertent les lieux. Dans un contexte de terrorisme, la question de la sécurisation des forêts est un élément capital.

Les forêts constituent des refuges bien prisés par les terroristes. A l’Est, les terroristes ont sévit pendant un moment dans la forêt classée de Tapoa-Boopo en mettant à profit le faible maillage sécuritaire et leur maîtrise de la zone. Des opérations militaires ont permis de démanteler plusieurs bases terroristes dans cette forêt.

En octobre 2020, un sous-officier du service des eaux et forêts nigérien a été libéré par les forces armées burkinabè, lors d’une mission offensive menée contre une base terroriste dans la province de la Tapoa. Il y était détenu depuis mars 2020. Dans la province de l’Oudalan, l’opération Houné (Dignité) a permis de neutraliser des dizaines de terroristes retranchés dans la forêt de Bangao. De nombreux autres terroristes ont été neutralisés par la Force Barkhane dans la forêt de Foulsaré à proximité de la frontière entre le Mali et le Burkina Faso, au sud-ouest de Gao.

Dans la région des Cascades, les populations fuient la commune de Mangodara depuis début septembre suite à des menaces terroristes. Jadis épargnée par les attaques terroristes, cette région est de plus en plus dans l’œil du cyclone. Zone forestière riche en faune et en minerai, Mangodara fait frontière avec la Côte d’Ivoire. Il y a lieu d’intervenir rapidement dans cette forêt pour éviter qu’elle ne devienne un sanctuaire de terroristes. Les ministres de la défense et de la sécurité ont déjà donné des instructions en ce sens.

L’ennemi doit être pris de court à travers une opération coordonnée de la chasse aérienne, de la force aéromobile, des commandos parachutistes et des équipes opérationnelles de déminage. Le renseignement permettra de déterminer avec précision les zones de dépôts logistiques des terroristes avant des frappes aériennes suivies immédiatement par l’engagement d’hélicoptères de combat et la dépose au sol de groupes commandos pour sécuriser la zone.

Les forces armées ivoiriennes doivent prendre part également aux opérations car certains terroristes pourraient être tentés de traverser la frontière pour se retrouver en territoire ivoirien. La libération des forêts et autres aires protégées de l’emprise terroriste est un impératif catégorique. Le Burkina Faso dispose des hommes et de la stratégie appropriée pour ce faire.

Jérémie Yisso BATIONO
Enseignant chercheur
Ouagadougou

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