Universités publiques : La F-SYNTER appelle à suspendre les évaluations

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La Coordination F-SYNTER des Universités publiques du Burkina, dans un communiqué en date du 15 mai 2020, signé par son Secrétaire général, Alain Sanou, a dénoncé le caractère solitaire de la décision de la reprise des cours par le gouvernement. Ainsi, les questions comme celle de l’Impôt unique sur le Traitement et les salaires (IUTS) n’ayant pas encore trouvé des réponses en plus de la pandémie du covid-19, le syndicat invite ses militants à « se contenter de dispenser les cours dans les conditions sanitaires satisfaisantes », sans évaluation.

La reprise progressive des cours dans les universités publiques du Burkina annoncée pour le 11 mai dernier est une réalité. Pour la F-SYNTER des universités publiques du Burkina, « les autorités du Ministère des Enseignements Supérieurs, de la Recherche Scientifique et de
l’Innovation (MESRSI) ont décrété la reprise progressive des activités pédagogiques de façon solitaire dans un contexte marqué par les suspensions de salaires pour fait de grève et l’extension de l’Impôt uniques sur les Traitements et Salaires (IUTS) aux primes et indemnités depuis février 2020, la pandémie du COVID-19 ».

Alors que, bien avant l’avènement de la pandémie du covid-19 et la suspension des salaires, la coordination, à travers une déclaration datée du 05 mars 2020, invitait tous les enseignants du supérieur à « suspendre les évaluations et l’animation de la vie académique », le SG de la F-SYNTER des universités publiques a indiqué que depuis cette déclaration, la coordination n’a été reçue par aucune autorité pour être écoutée et désamorcer le mécontentement général. M. Sanou regrette plutôt une aggravation de la situation par « la suspension des salaires pour faits de grève, l’apparition de la pandémie et les injonctions administratives à l’endroit des enseignants pour qu’ils remettent leurs cours, sous la forme numérique ou de
support papier ».

Pour ce dernier en effet, « de façon insidieuse, le MESRSI a déclaré que le plan de riposte a été élaboré avec le concours des trois syndicats et que chacun y a apporté ses amendements » alors qu’a leur niveau, ils ont juste été conviés à une réunion regroupant les syndicats pour le 16 avril en vue « d’échanger sur les ‘notes’ du Secrétaire Général du ministère en charge de l’enseignement supérieur, prémices du plan d’action devant servir de base pour la rédaction d’un plan d’action ».

Finalement, M. Sanou et ses camarades disent avoir reçu un e-mail de proposition d’un plan d’action de riposte du covid-19 pour la continuité des activités pédagogiques le 21 avril de la part du DGESup. Alors, invités à se prononcer sur ce plan, le SG de la F-SYNTER des Universités publiques regrette qu’alors que les amendements des organisations syndicales au plan d’action étaient attendus pour le jeudi 30 avril, la date de reprise des cours a été annoncée le mardi 28 avril avant d’être repoussée au 11 mai. « Cette attitude montre que les autorités
n’en ont cure des propositions des syndicats », s’est-il ndigné.

De la mise en œuvre du plan d’action

Pour les syndicats, «le plan d’action présente des incohérences en ce qui concerne la mise en œuvre de l’enseignement numérique qui nécessite des compétences et des infrastructures qui n’existent pas au niveau des enseignants, des étudiants et du personnel de soutien: difficulté d’accès à internet, absence de bureaux et d’un secrétariat pour les enseignants, manque d’ordinateurs et déficit d’accès à de nouvelles technologies pour la mise en œuvre des TICE (Technologies de l’Information et de Communication pour l’Enseignement ), etc.».

Aussi, du point de vue sanitaire, « l’absence d’un plan de dépistage massif pour détecter d’éventuels malades » ; « l’absence de mesures de distanciation physique et de mesures barrières »; « le manque d’un dispositif de prise en charge » exposent la communauté universitaire à des risque de contamination selon le SG des syndicats.

Au regard de ces insuffisances, la Coordination F-SYNTER des Universités publiques invite l’ensemble des
enseignants à « se contenter uniquement de dispenser les cours dans les conditions sanitaires satisfaisantes et à observer le mot d’ordre en vigueur depuis la déclaration du 05 mars ». Précisément, il s’agit de limiter les activités pédagogiques en donnant seulement les cours et en observant la « suspension de toutes les évaluations : l’acte pédagogique est limité au cours (blocage des notes, non dépôt des sujets, suspension des sorties pédagogiques, délibération et participation aux jurys…»; la « suspension de la participation à la vie académique (réunions de départements, réunions
bilan, réunion de coordination de sections, conseil de gestion des UFR, autres conseils
scientifiques, etc.) ».

Par ailleurs, à l’endroit des autorités, la coordination exige « le rétablissement intégral et immédiat des salaires suspendus »; « l’arrêt immédiat de l’extension de l’IUTS sur les primes et indemnités et le remboursement des sommes déjà coupées» et « la mise en œuvre, pour la communauté universitaire, des conditions sanitaires indispensables pour le déroulement des cours dans le contexte de la COVID-19 », faute de quoi, elles seront responsables de la dégradation du climat de travail « déjà délétère dans les universités et centres universitaires avec le chevauchement des années académiques ».

Franck Michaël KOLA
Minute.bf