Santé de Djibrill Bassolé : La NAFA plaide pour son évacuation sanitaire

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La Nouvelle alliance du Faso était face à la presse le vendredi 13 septembre 2019 à son siège national sis à Ouagadougou, pour révéler à l’opinion nationale et internationale « la situation inquiétante » de l’état de santé de Djbrill Yipéné Bassolé. Les conférenciers, estimant qu’il y a une « immixtion de l’exécutif dans le judiciaire », disent prendre pour seul responsable le chef de l’Etat, de la détérioration de l’état de santé du leader de leur parti.

La situation de Djibrill Bassolé est « critique » et la NAFA plaide pour son évacuation sanitaire. Cette conférence de presse a donc été l’occasion pour ce parti de l’opposition de dénoncer l’immixtion de l’exécutif dans le judiciaire, qui se matérialise par « le refus du gouvernement » d’approuver la requête du célèbre prisonnier de la Maison d’Arrêt et de Correction des Armées (MACA) en ce qui concerne son évacuation à l’extérieur pour recevoir des soins appropriés pour la pathologie dont il souffre. « Qu’on lui donne une chance de rester en vie. Même si on lui donne cent ans de prison, qu’il soit en vie pour pouvoir purger sa peine », avancent les conférenciers qui accusent le ministre burkinabè de la défense dans la non approbation de cette autorisation d’évacuation pourtant délivrée par le tribunal militaire face auquel Djibrill Bassolé a comparu dans le cadre du coup d’Etat manqué de septembre 2015 et a été reconnu coupable de trahison. Il a, à cet effet, écopé de dix ans de prison ferme qu’il doit purger à la MACA.

Une vue du présidium à la conférence de presse

« Il ne faut pas tirer sur l’ambulance »

« Depuis que j’ai commencé à faire la politique en 1998, je n’ai jamais vu un régime s’acharner sur un individu comme ce qu’il se passe aujourd’hui », déplore pour sa part, Hadama Yaméogo, Secrétaire national des anciens de la NAFA qui prévient que « si aujourd’hui, Djibrill Bassolé meurt, ce sera un crime ». « On a demandé de laisser la justice faire son travail. La justice a décidé de son évacuation mais pourquoi jusqu’aujourd’hui cela traine ? », questionne-t-il. Pour le député François Bacyé, membre du conseil national du parti, « la destruction (contre Djibrill Bassolé) est organisée et préméditée ».

Aujourd’hui, ce qui importe plus pour les militants et sympathisants de la NAFA, c’est la santé de leur leader. « On peut même le condamner à vie, mais l’essentiel est qu’on préserve sa santé », se résigne M. Bacyé qui dit prendre le chef de l’Etat pour responsable de ce qui pourrait arriver à Djibrill Bassolé si son évacuation n’est pas actée à temps. Pour Aziz Dabo, porte-parole de la NAFA, « quel que soit ce que l’on peut reprocher à quelqu’un, il ne faut pas tirer sur l’ambulance ». Il en appelle donc à « l’humanisme » des plus hautes autorités dans la résolution de cette situation.

Un plaidoyer à l’endroit du président du Faso

« Nous estimons aujourd’hui en tant que parti politique que le refus de permettre à un quelconque prisonnier, soit-il Djibrill Bassolé ou pas, souffrant de grave maladie, d’avoir des soins médicaux appropriés à son mal est une privation de son droit à la santé, une torture, un acte délibéré de cruauté, un assassinat politique prémédité », fustige Mamoudou Dicko, Secrétaire exécutif de la NAFA. « Nous déplorons aujourd’hui que le Burkina sous la gouvernance du Président Kaboré arrive à un tel niveau de répression froide. Nous pensons que personne ne voudra que son nom soit jamais cité comme étant le responsable du malheur qui pourrait advenir au général Djibrill Bassolé », soutient M. Dicko, qui, « face au traitement inhumain que subit actuellement Djibrill Bassolé », a aussi appelé à « l’humanisme et surtout à la responsabilité historique du chef de l’Etat, son excellence Roch Marc Christian Kaboré, garant de l’unité et de la cohésion nationale afin d’éviter que l’irréparable se produise ».

« Nous lui demandons et nous pensons qu’il entendra nos cris de cœur, qu’il use de tout son poids afin de prendre toutes les mesures pour permettre au citoyen Bassolé de préserver sa vie. Qu’il l’autorise d’aller se soigner et de revenir faire face aux charges qu’on pourrait lui reprocher. Il est le seul à détenir, entre ses mains, la vie de Djibrill Bassolé », conclut-il.

Armand Kinda

Minute.bf