Affaire charbon fin révélée par la presse : « …cela ne suffirait pas à prendre des mesures contre le ministre des mines », (PM. Dabiré)

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A cours de son grand oral le dimanche 21 juillet 2019 à la télévision nationale, le Premier ministre (PM) burkinabè Christophe Marie Joseph Dabiré a réagi à l’affaire charbon fin qui a fait couler autant d’encre et de salive dans l’opinion qui a appelé à la prise de mesures contre le ministre des Mines Oumarou Idani cité dans cette affaire par une presse de la place. Pour le PM, la situation pour le moment n’impose pas une prise de mesure contre le ministre des mines. Il s’explique…

Intervenant sur la question de la lutte contre corruption en général, Christophe Marie Joseph Dabiré a fait savoir qu’après la conférence sur la remise à plat des salaires des fonctionnaires tenue en juin 2018, des instructions ont été données aux différents ministres, en ce qui concerne la réduction du train de vie de l’Etat, de prendre des dispositions par rapport à un certain nombre de choses qui se passaient et qu’il faut remettre en cause. « Nous avons dit de suspendre tous les séminaires qui s’organisaient en dehors de Ouagadougou sous prétexte qu’on a un décret à rédiger et qu’on va aller à Koudougou pour faire quinze jours pour prendre des per diem », affirme le chef du gouvernement qui note qu’en terme de mesures prises à son niveau, sa « rémunération est celle qui a été prévue dans le décret de 2018 qui règlemente les rémunérations des membres du gouvernement ».

« Au niveau du chef du gouvernement nous allons attendre l’adoption de notre organigramme parce qu’au niveau des structures qui constituent les services du gouvernement, il faut que l’on réduise les effectifs pour pouvoir rentrer dans une enveloppe qui permet d’être raisonnablement tenu au niveau de la soutenabilité du budget », a-t-il poursuivi.

De l’affaire charbon fin
Le PM a rappelé que les questions de lutte contre la corruption ne relèvent pas du gouvernement mais des prérogatives de l’Autorité supérieure de contrôle de l’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE/LC) qui « a le droit d’ester en justice ». Les dossiers qui passent par le Premier ministère, a-t-il précisé, sont ceux qui portent sur des audits réalisés dans les départements ministériels dans le sens d’améliorer leurs fonctionnements. Lorsque ces dossiers sont reçus, indique Christophe Dabiré, l’on procède à une synthèse des recommandations qui sont par la suite envoyées au ministère de tutelle en lui donnant instruction de faire exécuter les différentes recommandations de l’ASCE/LC.

Pour ce qui concerne le charbon fin, le PM a confié que lorsque le problème s’est posé, la justice a fait son expertise. Une expertise qui a été contestée par la société qui a elle-même fait son expertise. « Nous avons dit que pour résoudre la question, il faut que les deux parties se mettent autour d’une table parce que ce n’est pas l’affaire du gouvernement. Cela nous arrangerait d’avoir trois cent milliards dans nos comptes mais ce n’est pas l’affaire du gouvernement. On vous recommande de faire appel à une expertise internationale indépendante qui vous mettra d’accord sur les résultats de vos évaluations de part et d’autre », a-t-il expliqué.

Des mesures contre le ministre des mines qui est cité dans cette affaire du charbon fin? L’affaire a été révélée par la presse mais pour le premier ministre, cela ne suffirait pas à prendre des mesures contre son ministre des mines. « S’il y a une institution de l’Etat qui arrive à cette conclusion et qu’on a des éléments, on prendra des mesures qui s’imposent », a assuré le chef du gouvernement à l’occasion de son grand oral sur la télévision nationale le 21 juin 2019.

Armand Kinda
Minute.bf