Burkina: Le député Daouda Simboro quitte l’Assemblée nationale

0

Le député élu sous la bannière de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), Daouda Simboro, qui avait, avec 12 autres camarades quitté le groupe parlementaire UPC à l’Assemblée nationale pour se former un autre groupe qu’ils dénomment enfin Groupe parlementaire renouveau démocratique (RD), a, aujourd’hui 5 novembre 2019, démissionné le l’Assemblée nationale (AN). Il explique les raisons de son départ dans un poste sur les réseaux sociaux, que nous décidons de vous proposer in extenso dans les lignes qui suivent.

« Bonjour Chers Tous !
Le temps est venu ! j’ai le devoir d’honorer un engagement. Pour ce faire, j’ai quitté ce 05 novembre 2019 mon poste de député à l’assemblée nationale après un peu moins de quatre années d’activités.
Le solde du compte de ces années reste à établir. Pour certains, le bilan va de positif à très positif. Je leur en sais gré.

D’aucuns me feront part d’un goût d’inachevé, en évoquant sans doute des évènements intervenus au cours de mon mandat et qui auraient eu des implications indéniables sur l’histoire de notre Assemblée, sur la démocratie interne de(s) parti(s) et sur la vie du député. C’est un angle de vue que je comprends parfaitement.
Pour ma part, la vérité est que pratiquement, en toute circonstance, je me suis appliqué à rester le plus proche possible de mes convictions et c’est celles-ci qui ont guidé mes actes et mes décisions durant cette période où les seules mires ont été et demeureront à jamais ma province la KOSSI et mon Pays le Faso. Je n’ai jamais cherché à plaire à tous, je ne l’aurais jamais pu d’ailleurs, et j’en suis conscient rassurez-vous. J’assume totalement et sans regrets les actes que j’ai posés, les décisions que j’ai prises et/ou suscitées, les opinions que j’ai émises et les votes que j’ai faits. Pour certaines choses qui se sont passées, je referais exactement pareil pour peu que les mêmes conditions fussent réunies.

Au moment de quitter l’Assemblée nationale, ma pensée première va aux populations de la Province de la KOSSI, pour lesquelles je me suis fait un serment, un engagement de disponibilité, un contrat de solidarité et d’accompagnement. Elles peuvent avoir la certitude qu’où que me conduisent le destin, je me tiendrai toujours à leurs côtés, quelques soient les circonstances. Je ne les remercierai jamais assez et je compte encore et toujours sur elles pour les défis futurs qui ne manqueront pas.
En second lieu, j’ai une pensée particulière pour mes camarades du Groupe parlementaire Renouveau Démocratique, avec qui j’ai partagé une histoire au parlement, une belle histoire malgré quelques évènements éprouvants. Je les quitte aujourd’hui avec le cœur meurtri et le sentiment d’abandon atténués toutefois, par le nécessaire respect des engagements pris, conjugué au besoin de relever d’autres challenges. Je suis fier et honoré d’avoir écrit à leurs côtés les pages de l’histoire du Renouveau Démocratique, qui peut-être, sait-on jamais, n’est qu’à ses prémices.
J’ai une pensée pleine de respect et de considération pour l’ensemble des députés de cette septième législature, conduits par Son Excellence Monsieur Bala Alassane SAKANDE. Je leur souhaite une bonne suite de mandat. J’éprouve une tristesse profonde et renouvelée en pensant aux députés qui nous ont quitté en cours de législature. Cette horrible et insupportable liste vient de s’allonger par l’odieuse et honteuse exécution du Député-maire Oumarou DICKO et ses compagnons d’infortune. Puisse-t-il à l’instar des autres disparus, reposer en paix dans la terre libre du Burkina Faso. Que le Tout puissant console les familles endeuillées et leur envoie force et réconfort.

En m’en allant de cette auguste assemblée, je suis plongé dans une grande inquiétude en rapport avec la situation sécuritaire de l’ensemble du Pays et en particulier de ma province la Kossi. J’espère de toutes mes forces que nous nous attacherons plus ardemment, au-delà des mots et des déclarations circonstancielles opportunistes, à œuvrer pour un retour rapide et urgent de la sécurité, de la paix, de la réconciliation nationale et d’un meilleur vivre ensemble. Il est plus que jamais temps de montrer notre véritable amour pour notre Patrie et reléguer en second plan, nos différends et nos aspirations politiques divergentes. Si comme nous le calmons tous, la situation sécuritaire est extrêmement prioritaire alors il convient que nous le montrions tous dans nos attitudes et nos habitudes quotidiennes avec une sincère conviction et détermination.

Il est également temps d’accorder une trêve sociale au gouvernement malgré la justesse et la légitimité des revendications sociales, le temps de la victoire solidaire sur le terrorisme et l’insécurité. L’exacerbation de la fronde sociale et les revendications y relatives, même si elles aboutissent, sont de nature à ôter aux millions de jeunes et de femmes, des opportunités d’emplois eu égard à la réduction des capacités de l’Etat à soutenir dans la durée le poids de la masse salariale dans les ressources publiques. Il est vain de charger le gouvernement en l’indexant instantanément, au risque d’accentuer la fracture sociale que l’on est sensé plutôt réduire. Montrons courtoisement mais fermement les voies à suivre pour redresser les situations sécuritaire et socio-économique de notre Pays et lui éviter l’effondrement tant souhaité par les ennemis de notre Peuple.

Enfin pour ceux qui s’interrogent sur ma destination à l’instar de mon frère Toégui, je leur dis que ma place est ici au Burkina et je ne vais ni au FMI ni à la Banque Mondiale. J’aurais bien aimé avoir une place dans une ONG humanitaire pour bénéficier de ses abondantes bénédictions. Dans l’intervalle et pour l’heure, je retourne à mes anciennes amours, la Banque, sans plus jamais être capable de perdre de vue la nécessité d’assumer ma responsabilité et mon obligation d’utilité sociales.
Merci à tous !
Dieu bénisse le Burkina Faso ! »