5 ans après l’insurrection : « Le peuple qui a servi de chair à canons a été dupé, trahi et abandonné » (GNO)

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Dans un poste sur les réseaux sociaux, Me Gilbert Noël Ouedraogo (GNO), président de l’Alliance pour la démocratie et la Fédération/Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA), donne son regard sur la situation du peuple burkinabè, cinq ans après l’insurrection populaire d’octobre 2014 qui a été saluée par l’opinion nationale et internationale. Cinq ans après, « les séquelles de nos égoïsmes sont toujours là et demeurent béantes », regrette GNO qui dit saigner aujourd’hui de voir son « peuple souffrir ».

« En ce 30 octobre 2019, je voudrais avoir une pensée pieuse pour toutes les victimes de l’insurrection, tout bord confondu. Plus jamais cela dans notre pays. Cette insurrection en elle-même est le symbole de l’échec de toute la classe politique car nous aurions dû et pu régler différemment nos contradictions, si tant est que l’objectif était la recherche du bonheur du peuple burkinabé.

5 années après les séquelles de nos égoïsmes sont toujours là et demeurent béantes. Le peuple qui a servi de chair à canons a été dupé, trahi et abandonné. Il ne pouvait en être autrement car il était plus un moyen de parvenir à ses fins qu’une préoccupation. Pire nous nous enfonçons davantage chaque jour que Dieu fait. Chaque jour qui passe nous rapproche de l’abîme si rien n’est fait. Quel gâchis, que de cœurs meurtris, que de vies sacrifiées, que de familles endeuillées !!!

Quel niveau de décadence attendons-nous avant de comprendre comme le disait si bien Martin Luther King que « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots » ?. Comment un être doué de raison et d’un minimum d’amour pour sa Patrie peut dans cette situation douloureuse que traverse quotidiennement notre Nation, travailler à réveiller les vieux démons de la division en catalogant les burkinabè, tout simplement parce qu’il croit en tirer profit ? S’il y a bien une victime au Burkina, ce serait bien le peuple burkinabé et s’il y avait un bourreau, je n’hésiterais pas à indexer toute la classe politique.

Je saigne de voir mon peuple humilié, Je saigne de voir mon peuple abandonné et laisser à lui-même, Je saigne de voir mon peuple souffrir, Je saigne de voir mon peuple désorienté, Je saigne de voir mon peuple divisé, Je saigne de voir mon peuple meurtri et endeuillé, Je saigne encore plus de voir certains politiques, en panne d’imagination, attiser les rancœurs en cherchant frénétiquement à tirer leurs marrons du feu.

Face à ce désarroi collectif qui nous guette, il est temps que nous ayons un sursaut patriotique. Quand je parle de sursaut patriotique, je parle d’un véritable sursaut patriotique pas des sursauts folkloriques comme on en voit ces derniers temps. Il me semble que certains n’ont pas encore pris la mesure de la gravité de la situation.

Il est temps, il est plus que grand temps que toutes tendances confondues et pour l’amour de la Patrie, nous fassions de manière humble et sincère notre mea-culpa et que faisant appel à toutes les filles et fils de la Nation, nous essayons ensemble de recoller les morceaux pour donner une chance de survie à notre Nation. Car comme le disait si bien Norbert ZONGO, « Il n’y a d’avenir pour personne dans un pays qui n’en a pas ».

Seigneur dans ta miséricorde, vient en aide au peuple burkinabé et trouve lui des hommes qui l’aiment profondément pour l’éclairer dans sa marche et le sauver du marasme vers lequel on le conduit. Amen. »

Me GNO.

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