Application de l’IUTS: Des syndicats divisés sur la question

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La Coalition des syndicats libres et indépendants, regroupant plus de 20 syndicats, était face à la presse le jeudi 26 décembre 2019, à Ouagadougou. Cette rencontre avec les Hommes de médias était une occasion pour cette coalition de syndicats de donner sa position sur l’Impôt unique sur les traitements et salaire (IUTS) dont la suppression est exigée par des syndicats regroupés dans la Confédération générale des Travailleurs burkinabè (CGT-B).

Le jeudi 26 decembre, la coalition a jugé indispensable, « face à une certaine intoxication de l’opinion nationale et même internationale », d’échanger avec les journalistes afin de lever toute équivoque quant à sa position sur la question de l’IUTS, en vue d’éclairer la lanterne des populations et plus particulièrement des travailleurs sur « les objectifs inavouables et inavoués de prétendues prises de position de l’Unité d’Action Syndicale ».

En effet, la coalition dit avoir constaté ces derniers temps, que Bassolma Bazié, Président De Mois (PDM) actuel, intervient au nom de l’Unité d’Action Syndicale (U.A.S) sans concertation ni l’accord de ses paires sur certaines questions. « Il est de bon ton que nous portons à la connaissance du peuple burkinabè et en particulier les militants, que les cinq (05) centrales et les syndicats autonomes qui composent la coalition ne sont pas concernés par les prises de décisions unilatérales du PDM actuel et par conséquent elle ne saurait être responsable des engagements pris par celui-ci », se démarque la coalition de Guy Olivier Ouédraogo qui précise que le mandat de M. Bassolma, en tant que PDM, arrive à terme le 31 décembre 2019 et en conséquence, « il ne saurait engager à titre personnel toute l’UAS » pour les futures manifestations annoncées pour le 3 janvier 2020.

“Nous savons ce qui est caché derrière certaines revendications”

A en croire la coalition, il y a des syndicats qui travaillent de façon souterraine à “liquider” l’économie du Burkina Faso, déjà éprouvée par des attaques terroristes. «Certains d’entre nous sont des capitalistes syndicaux. Ils veulent asphyxier l’économie du pays. C’est le chaos économique, le sabotage économique qui est visé à travers leurs actions. Vous savez le Burkina est un pays de savane et on se connait. On applique les théories de Bakounine (Mikhaïl) qui est un anarchiste pour abattre les démocraties. Nous sommes dans ce milieu et personne ne nous apprendra à faire ces tactiques-là. C’était nos dada. On a abandonné tout cela. Nous savons ce qui est caché derrière certaines revendications », a réagi Guy Olivier Ouédraogo, rappelant que ses camarades et lui, en ce qui les concerne, défendent la justice sociale, l’équité salariale et la protection de l’économie nationale. « Il faut se dire les quatre vérités. C’est parce qu’il y a un pays, des citoyens, une économie, qu’il y a des travailleurs », assène-t-il.

Guy Olivier Ouedraogo, porte-parole des syndicats libres et indépendants

Sur la question de l’IUTS, la coalition (les 5 centrales syndicales) dans sa logique de trouver des solutions en vue lever le blocage dans la rencontre gouvernement/Syndicats paralysée depuis un certain temps, a continué le processus de réflexion sur cette question et a fait des propositions allant dans le sens de l’équité sociale et la protection de l’économie. Lesquelles propositions, selon les conférenciers, « exonèrent » les travailleurs du public et aussi du privé ayant un faible revenu. Ainsi, pour la coalition, « 85 à 90% des travailleurs du public ne seront pas touchés pour l’IUTS » qui concerne trois indemnités à savoir celle de logement, de fonction et du transport. De ce fait, les syndicats libres et indépendants ont proposé le relèvement des revenus imposables des indemnités comme suit : « 100 000 FCFA pour l’indemnité de logement, 50 000 F pour l’indemnité de transport, 60 000 F pour l’indemnité de fonction et l’imposition des primes à partir de 201 000 FCFA ». Ils proposent également « l’élargissement de l’application de l’IUTS à tous conformément aux dispositions de la constitution (membres du gouvernement ; députés ; magistrats etc.) ».


« On fait du bruit pour rien
« 

Les conférenciers ont rappelé qu’aucun travailleur de la Fonction publique de la loi 081 ne perçoit les indemnités qui ont été proposées par la coalition. Aussi, selon Guy Olivier Ouédraogo, les autres indemnités, à savoir celles de suggestion et technicité et autres que les agents de l’Administration publique ont, ne sont pas « concernées » par l’IUTS. « On fait du bruit pour rien. On agite les gens inutilement et cela nous fait oublier les intérêts supérieurs de notre nation qui aujourd’hui est la défense de notre territoire », a-t-il déploré.

Ces syndicats pour qui l’impôt a une valeur de souveraineté qui doit être supportée par tous les Burkinabè, estiment que si l’on veut aujourd’hui prétendre au développement de notre pays, il serait impérieux que chaque Burkinabè consente un sacrifice. « Si nous voulons notre liberté, il faut accepter les sacrifices nécessaires pour cette liberté-là », pensent-ils. Pour Guy Olivier Ouédraogo, il est inadmissible que les salariés qui ont eu « la chance d’avoir un peu plus », se soustraient de leur devoir, et que « la pauvre dame qui vend des galettes au bord de la route, soit obligée de payer sa patente et autres ». « Si je devais vivre dans un pays pareil, je préfère renoncer à ma nationalité », fulmine-t-il.

Armand Kinda
Minute.bf

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