Burkina : « Les institutions politiques s’enrichissent sur le dos des réfugiés » (Emmanuel Orsy)

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Les réfugiés ont entamé mardi 18 juin 2019, une grève illimitée pour demander une gestion rationnelle des fonds qui leur sont alloués par les Nations-unies

Les réfugiés urbains au Burkina Faso ont aujourd’hui entamé une « grève illimitée » pour dénoncer la « gabegie, la malversation financière » dans leur gestion. Ils estiment que « les institutions politiques du Burkina Faso s’enrichissent sur le dos des réfugiés ». Ils entendent donc manifester leur mécontentement jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée pour juguler le problème de sorte à leur permettre de rentrer en possession dans leur « droit humanitaire ».

Un peu plus d’une trentaine de manifestants étaient devant le Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR) le mardi 18 juin 2019 pour réclamer leur droit humanitaire et demander une gestion rationnelle des fonds alloués aux réfugiés.

Boukary Emmanuel Orsy, porte-parole des réfugiés, analyste politique, a appelé le ministre Alpha Barry à continuer son plaidoyer en faveur des réfugiés

« Nous dénonçons la malversation financière de la gestion des réfugiés. Nous ne profitons pas dans le domaine de l’assistance sociale ni dans la politique financière. On nous dit de contribuer à notre prise en charge sanitaire. Mais où est-ce que nous travaillons pour avoir cet argent pour contribuer à cette prise en charge? », a fustigé Bakary Emmanuel Orsy, porte-parole des manifestants.

Il révèle qu’il y a eu « toute sorte de malversation financière » dans la gestion des fonds que les Nations unies allouent chaque année aux Burkina Faso pour la prise en charge des réfugiés. « Nous avons dit non. Si l’Etat burkinabè n’arrive pas à nous absorber, il est donc temps de penser à notre réinstallation. Il y a donc eu une typologie de politique de malversation financière pour amener le réfugié contre le mur », a-t-il enchainé avant d’indiquer que « les réfugiés ont dépisté les enjeux dans cette question ».

En effet, confie M. Orsy, il y a une politique de modification de leurs dossiers dans le but de « s’enrichir sur leur dos ». « L’enveloppe allouée par les Nations unies au Burkina Faso disparait à un certain niveau. Les institutions politiques du Burkina Faso s’enrichissent sur le dos des réfugiés », a-t-il dénoncé.

Les manifestants ont invité le Ministre burkinabè des Affaires étrangères à agir. « Il faut trouver des solutions. Par an on donne plus de 57 milliards comme fonds de gestion des réfugiés. Les réfugiés urbains ne valent même pas deux cent, mais eux ils augmentent les chiffrent par le mensonge financier. Aujourd’hui, on met des enjeux politiques en marche pour tricher », a expliqué M. Orsy.

« La voiture politique burkinabè a des pannes »

C’est une grève illimitée que mènent aujourd’hui ces manifestants pour dénoncer cette « démagogie, ce vol » pour qu’enfin, il y ait une « transparence » dans la gestion financière des réfugiés. Pour ces réfugiés, la transparence doit être partout. « Plus rien ne sera comme avant », scandaient-ils. « S’il y a eu insurrection au Burkina Faso, c’était pour démanteler ces réseaux, mais on constate que ces réseaux sont toujours là. Ce sont les mêmes réseaux qui avaient conduit le Burkina Faso dans des problèmes qui sont toujours là. Il y a eu certes un changement de chauffeur mais c’est la même voiture avec des pannes », estime le porte-parole des réfugiés.

« Est-ce qu’être réfugié c’est une qualité ? Qui savait que Blaise Compaoré serait un jour un réfugié ? Aujourd’hui Blaise Compaoré est réfugié en Côte d’Ivoire avec son équipe. C’est dire que cela peut arriver à n’importe qui que ce soit », ajoute-t-il, avant d’appeler Alpha Barry, Ministre des affaires étrangères burkinabè, à continuer le plaidoyer qu’il avait entamé en faveur des réfugiés depuis 1998 alors qu’il était correspondant d’une presse internationale, parce qu’ « il connait bien le dossier ».

Armand Kinda

Minute.bf

3 COMMENTAIRES

  1. Les réfugiés souffrent sérieusement au Burkina Faso il est temps que tout rentre dans l’ordre pour qu’ils aillent à la réinstallation trop c’est trop unhcr conaref credo/hcr

  2. En plus y a eu de falsification d’un dossier d’une personne menacé par son pays d’origine dans les locaux du HCR par le service de la protection. La justice a demandé à la CONAREF sur cette affaire, cette dernière a menti en envoyant un faux rapport à la justice le 28 Août 2017. Personne en parle sur cette grave affaire. Le menacé est laissé à la merci de ses ennemis. Le dossier concernant en premier temps une tentative d’empoisonnement suivie d’une falsification d’un rapport d’enquête écrit par un commissaire sous la recommandation de la CONAREF.

  3. FERNAND
    JE PENSE BIEN QUE PARMI CES REFUGIES QUI TRAVERSENT LE CALVAIRE AUJOURD HUI AU BURKINA FASO,ON TROUVE DES DIPLOMES QUALIFIES QUI SONT A MESURE DE TRAVAILLER MAIS NOTRE PARTENAIRE LE HCR N A PAS UNE BONNE POLITIQUE POUR AIDER CES DERNIER A TROUVER D’EMPLOI, RAISON POUR LAQUELLE NOUS ELEVONS LA VOIX HAUT ET FORT POUR FAIRE COMPRENDRE LES AUTORITES BURKINABE QUE UN MONDE QUI SOUFFRE

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