Escroquerie des marchands ambulants sur les axes routiers : Vigilance !

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Ph: Image du net


Tous les axes routiers du Burkina Faso sont envahis par des vendeurs ambulants. Ouaga-Bobo, Ouaga-Koudougou, Ouaga-Pô, Ouaga-Boromo, Ouaga-Kaya, Ouaga-Kongoussi, etc. Toutes les routes nationales qui partent de Ouagadougou, la capitale burkinabè pour déboucher sur les différentes provinces du pays sont prises en otage par ces marchands ambulants qui ravitaillent les passagers en divers articles, du pain, de la viande, de la boisson (alcoolisée, sucrée, gazeuse, eau, etc.), des pommes, des arachides, etc.

Dans cette activité, comme toute autre d’ailleurs, il y a des gens de mauvaise foi qui ont le malin plaisir d’escroquer les citoyens qui, à travers les issues de secours, tentent de satisfaire leur besoin en marchandises diverses. Nous vous plongeons dans cette odyssées dans le Sahel que nous avions effectuée en fin du mois de juillet 2019, sur l’axe Ouaga-Boundoré en passant par Dori et Sebba, où nous avions pu constater des pratiques pas du tout catholiques de certains marchands ambulants.

Le 31 juillet 2019. Il est 8h quand nous quittions Ouagadougou à bord d’un véhicule de transport en commun pour Sebba, chef-lieu de la province du Yagha dans le Sahel, localité située à environ 370 km de la capitale burkinabè. Nous avions fait plusieurs escales avant de rallier Sebba aux environs de 16h du même jour. C’est pendant les escales que les marchands se frottent les mains, souvent dans la malhonnêteté, en escroquant impunément les passagers qui n’ont souvent pas le temps de revendiquer leur droit. Aussi faut-il le rappeler, que c’est généralement lorsque le moteur du véhicule vrombit que les affaires se font et en une fraction de minute, le car redémarre et le marchand disparait avec l’argent de ces passagers.

A l’entrée de Kaya, une escale totalement maitrisée par les forces de défense et de sécurité sur les lieux. Les marchands sont assis à quelque vingt mètres du car avec leurs marchandises. C’est le besoin du passager qui le conduira vers eux. Aucune bousculade, aucun embouteillage. Tout se fait dans la discipline totale. Mais après Kaya, une autre escale aux encablures de Pissila, c’est le désordre. Des marchands qui se fondent dans la masse des passagers sortis pour le contrôle de leurs identités par les « hommes de tenue » sur place se fait constater. Ces marchandes, œufs, arachides, maïs, eau ou pommes dans un plateau suspendu sur leur tête, vous abordent avec un français approximatif : « Y’a éf, y’a arasside, y a pomme ». Chaque passager a le temps d’acheter ce qu’il veut selon ses besoins et ses moyens. Ce qui est totalement différent au cours des autres arrêts.

Image d’illustration (Ph: Net)

A kaya, précisément à l’arrêt des bus, nous avions impuissamment assisté à une scène totalement désolante. Des brochettes, des pommes, des boisons etc. étaient en vente et les passager du car, une soixantaine, ceux qui le désiraient, se ravitaillaient à travers les issues de secours du car. Un jeune homme, Harouna (nom d’emprunt) assis au deuxième siège de la ligne des trois sièges voulait du pain sucré pour certainement aller l’offrir à ses proches. N’étant pas très proche de la « fenêtre » et ne voulant pas bousculer ses voisins, il demande à son voisin de gauche, Joseph (nom d’emprunt) adossé à la « fenêtre » de lui rendre ce petit service en lui achetant un sachet de pain de 500f. La femme qui vendait le pain sucré prend toutes ses dispositions pour esquiver les véhicules en circulation sur la voie pour se positionner à la longueur de la fenêtre. « Je veux du pain pour 500f. Emballez dans un sachet s’il vous plait », avance Joseph. La vendeuse, voyant que le car était sur le point de redémarrer pour poursuivre le trajet, a usé de subterfuge et surtout de sa mauvaise foi pour « voler » ce jeune. En effet, au lieu de six boules de pain à 500f, elle a trouvé le moyen de soustraire trois boules avant de remettre les trois autres boules à Joseph sans même les emballer dans un sachet noir. « Madame, ce pain coûte combien ? », lui demande Harouna qui venait de recevoir des mains de Joseph, sa commande de 500f. « Nous vendons une boule à 200 FCFA, soit 3 pains à 500 FCFA », a-t-elle répondu. « Je ne veux pas, remettez-moi mon argent », réplique Harouna qui avait compris la manœuvre de la vendeuse. « Je ne le reprendrai plus. Tu es le premier client et je ne restituerai pas l’argent », a-t-elle soutenu avant de disparaitre. Il faudra rappeler que dans la tradition africaine, surtout chez nous au Burkina Faso, un commerçant s’arrange toujours à satisfaire son premier client, ce qui, semble-t-il, lui portera chance pour la vente de toute la journée. Un premier client qui refuse d’acheter un article sous n’importe lequel prétexte, n’ouvrira pas la porte du bonheur au commerçant. On appelle cela le « tuug-raaga », en mooré, une langue majoritairement parlée au Burkina Faso.

Découragé, Harouna n’avait malgré tout aucun autre choix que d’enfouir ses trois boules de pain dans son petit sac à dos qu’il avait posé sur ses jambes car le bus avait klaxonné pour marquer son départ. « Le vol ne me fait pas mal, mais c’est la minière qui me déconcerte. La dame pense que je suis un ignorant », a-t-il soutenu avec consternation. Mais il convient de rappeler que tous les marchands ne sont pas de mauvaise foi. Sur le même trajet, des femmes passagères se ravitaillaient facilement en condiments. Aucun soupir n’était constaté de leur côté jusqu’à ce que le car refasse une autre escale à Tougri, une localité située après Pissila, à plus de 150 km de la capitale.

Là-bas, il y avait un jeune homme qui vendait de la viande grillée sur un plateau qu’il a couvert avec un paquet vide du sac de ciment. Clément (nom d’emprunt) lance sa commande à travers la petite fenêtre du bus : « Donnes-moi la viande pour 500f ». Le jeune boucher a bien découpé la viande et l’a emballée dans une partie du carton qu’il avait utilisé comme couverture protectrice de sa viande contre la poussière. Il la remet à son client travers les vitres du car et récupère un billet de 1000 FCFA. Clément n’a pas pu récupérer sa monnaie (500f) car le jeune boucher avait disparu au côté opposé du bus avec son argent. C’est au même moment que le véhicule a aussi redémarré.

Ce sont donc des cas parmi tant d’autres que plusieurs passagers ont vécu sur les différents axes routiers du pays. Les vols, les escroqueries, sont monnaie courante sur nos différentes routes nationales. C’est le lieu d’inviter tous les passagers à être très vigilants quand ils voyagent. Il faudra payer à l’avance ce dont on a besoin avant d’embarquer, ou, dans d’autres cas, évitez de donner votre argent à un marchand ambulant en attendant qu’il vous livre votre article alors que votre car peut bouger d’un moment à l’autre. Rare sont les bus qui accepteront s’arrêter pour vous permettre de réclamer votre monnaie quelque part. Il faudra toujours demander qu’il vous soit restitué votre monnaie avant de donner votre argent à n’importe quel marchand ambulant que ce soit. La prudence est mère de sureté, dit-on ! Donc vigilance !

Armand Kinda

Minute.bf

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