Formation des jeunes : Le SND présente ses centres de formation au public

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Le Service National pour le Développement (SND) est la forme actuelle du service civique institué au Burkina Faso depuis 1984. Dans l’objectif de mieux faire connaître les prérogatives du SND, surtout en ce qui concerne son volet formation professionnelle jusque-là méconnu, le Directeur général (DG) du SND, l’Intendant Colonel-major Mathieu Benao, a initié une caravane de presse du 17 au 22 mai 2021 dans les centres de formation et de production de ladite structure. Ce fut alors l’occasion pour les journalistes de découvrir le centre de formation et de production SND de Loumbila, de Badala à Dédougou, de l’Institut de Formation en Développement Rural de Bagré (IFODER) et le futur centre de formation du SND à Samandéni dans les Hauts-bassins.

Les journalistes, lors de la visite des centres de formation de production du SND, ont pu découvrir des jeunes en pleine formation dans divers métiers à savoir la maçonnerie, l’électricité bâtiment, la soudure métallique, la mécanique moto, la menuiserie, l’agriculture, l’élevage, etc.

En effet, 600 jeunes sont récrutés chaque année et répartis pour l’instant dans trois centres à savoir Loumbila, Badala et L’IFODER, le centre de Samandéni étant en phase d’élaboration. Dans les centres de Loumbila par exemple, pour l’année 2020-2021, 248 appelés sont en pleine formation sur la maçonnerie, la mécanique moto, la menuiserie, l’électricité et la sécurité privée qui est une nouvelle filière.

À Badala dans le Mouhoun, les jeunes appelés sont formés dans la soudure métallique, la menuiserie, la maçonnerie et la mécanique moto.

Vidéo-Le DG du SND, le colonel-major Mathieu Benao revient sur les objectifs de la caravane de presse

La Particularité de l’IFODER

Parmis ces centres de formation, l’IFODER constitue en effet une particularité. L’Institut de Formation en Développement Rural de Bagré (IFODER) n’est pas en réalité un centre appartenant au SND mais au nom de la collaboration entre les deux structures, le SND envoie chaque année des jeunes pour se faire former dans les métiers de l’agriculture.

Le Directeur de l’IFODER, Laurent kiwallo le confirme: « L’IFODER a été créé en 2013 en partenariat avec le SND pour former les jeunes dans les métiers de l’agriculture et du développement rural ». « L’Institut accueille ainsi des jeunes venus du SND pour leur donner une formation technique de deux ans en agriculture, en foresterie, en pisciculture et en apiculture. Les jeunes sortent comme ouvriers qualifiés appelés agents de développement rural. L’objectif de cette formation est d’apporter une main d’œuvre qualifiée aux agro businessmans installés à Bagré », a-t-il étayé avant d’indiquer que « contrairement aux autres centres du SND qui forment les appelés pendant une année pour leur faire passer le Certificat de Qualification Professionnelle (CQP), l’IFODER formes les jeunes appelés pendant deux ans pour en faire des ageants de développement rural ».

Des jeunes déscolarisés devenus Entrepreneurs par le biais du SND

La philosophie du SND, c’est de récupérer les jeunes déscolarisés pour faciliter leur insertion socioprofessionnelle. Pour ses centres de formation, le SND recrute des jeunes de 18 à 24 ans ayant un niveau du Certificat d’Études primaires (CEP). C’est ce qu’a fait savoir le Directeur général du SND.

Romaric Sawadogo, est un jeune déscolarisé qui n’a eu son salut que grâce au SND qui lui a octroyé une bourse pour se faire former à L’IFODER. De la promotion 2017, cet ancien appelé est aujourd’hui chef d’entreprise agricole. « J’ai un champ de riz que j’exploite dans le périmètre irrigué de Bagré. Je fais également de l’embouche bovine. Je cultive le riz et je le transforme pour le vendre en sacs de riz étuvé de 25 kg. Les bœufs, je les engraisse et je vends la viande ». C’est in extenso ce que le néo agro businessman nous a révélé.

Un néo entrepreneur qui fait déjà fort en terme de chiffre d’affaire annuel.

« Si je fais le bilan de mes gains dans le champ et de ce que je gagne à travers l’embouche, par an je m’en sort avec un bénéfice de 3 à 4 millions », nous a-t-il confié.

Aussi, tout comme Romaric Sawadogo, Alassane Bonkoungou, sorti comme mécanicien du centre de formation SND de Badala arrive aujourd’hui à subvenir à ses besoins et à prendre soin de la famille. Il tient un garage de réparation de motos deux (2) roues et une boutique de vente de pièces détachées des motos. Ce sont là des exemples de réussite de jeunes formés par le SND.

En outre, le DG du Service a tenu à rappeler que la formation professionnelle dans les centres du SND est gratuite et dure une année académique, pour tous les centres sauf celui de l’IFODER dont la formation dure deux (2)ans. Le recrutement, à l’entendre, se fait par tirage au sort dans les hauts commissariats de chaque province.

Vidéo-Mathieu Benao décline les difficultés rencontrées par les centres de formation SND

Par ailleurs, le l’Intendant Colonel-major Mathieu Benao a aussi indiqué que les centres de formation du SND vont s’étendre désormais à Samandéni où sa structure a obtenu des locaux de la part du Programme de Développement Intégré de la vallée de Samandéni (PDIS). L’objectif pour lui, c’est de continuer la formation dans les métiers de l’agriculture dans cette zone humide du Burkina.

Des Difficultés rencontrés

Cependant, le directeur général du SND n’a pas manqué de souligner les difficultés que rencontre le SND dans l’exécution de ses missions. Malgré son apport pour la jeunesse, à entendre le directeur général, le SND demeure un géant aux pieds d’argile tant et si bien qu’il manque de moyens financiers pour son fonctionnement. « Je voudrais attirer l’attention de notre ministère de tutelle qui est le premier ministère afin qu’il consacre plus de moyens au fonctionnement du SND de sorte à ce que nous puissions atteindre nos objectifs. Nous sommes confrontés à la vétusté des locaux, au manque d’équipement pour les ateliers, etc. », a-t-il souligné.

Il a néanmoins rappelé les nouvelles prérogatives du SND, qui sont d’offrir aux jeunes un cadre de participation aux tâches de développement socioéconomique du pays; de développer l’esprit civique et patriotique des jeunes; de développer chez les jeunes, l’esprit d’initiative et de confiance en leur propre capacité.

Hamdou Ouédraogo
Minute.bf

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