Koudpoko: Qu’ils ouvrent les frontières dès ce TAC

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Le TAC, parlons-en !

J’ai eu mal hier d’entendre même notre ambassadeur en Côte d’Ivoire dire, sur le plateau télé, au cours du débat conjoint Côte d’Ivoire-Burkina, que la question de l’ouverture des frontières ne saurait être une priorité du TAC. Quand je l’ai entendu, j’ai regardé à l’angle de ma piaule pour soulever le seul litre du jus de Kæye que j’avais réservé pour demain, comme un dernier pour la route.

Mais, comme il y a urgence, il faut vider le litre du jus de Kæye. Demain viendra sûrement avec pour lui. Si j’arrive à parler ce matin, c’est parce que ton jus m’a été d’un grand apport à retrouver le sommeil perdu pendant des heures.

Voilà des gens qui ne comprennent pas le TAC de la même manière que nous. En tout cas, l’appréhension de la quintessence du TAC diffère d’une personne à l’autre. En tout cas, comme le disait le président Thomas Sankara, « La Bible et le Coran ne peuvent se lire de la même manière, par celui qui exploite et celui est exploité. » En tout cas, il a dit vrai.

Mon oncle kouka est rentré au pays depuis mars pour une visite de deux semaines. C’est à la veille de son départ pour son pays hôte, la Côte-d’Ivoire, qu’à 20h, le président du Faso a annoncé, sans tir de sommation, que les frontières seront fermées le lendemain. Ça fait plus d’un an qu’il est là, alors qu’il est le pilier dans les travaux de son champ. Voici une perte pour lui, pour son pays, et pour la Côte-d’Ivoire.

Tîiga, lui ne sait plus à quel passage secret se vouer. Figures toi, Koudpoko, que ça fait son deuxième retour au pays depuis la fermeture des frontières. Mais il a juré de ne revenir encore que si les frontières sont ouvertes. Pourquoi? Je t’explique…

Autrefois, pour rentrer au bercail, il n’avait que tout au plus 50.000F à dépenser sur tout son trajet. Mais depuis que les frontières sont fermées et qu’il tente tant bien que mal à retrouver sa famille restée de l’autre côté de la rive de la lagune Ebrier, il dépense au minimum 135 000F, ce, selon les humeurs des passeurs. A qui profite tout cela? A des force de l’ordre racketteurs des deux pays.

Koudpoko, on dit que la route du développement passe par le développement de la route. Ouvrez donc les frontières et permettez à tout le monde d’emprunter cette route du développement.

Le seul sujet qui devrait être mis à l’ordre du jour dans ce débat du TAC, c’est bien la question de l’ouverture des frontières. Après ce sujet, les organisateurs de ce machin qui n’a produit aucun résultat tangible depuis 2008, peuvent continuer leur fadaise. Mais de grâce, permettez aux pauvres citoyens de se déplacer librement car le développement du pays depend au premier plan des résultats qui seront engrangés par ces pauvres agriculteurs.

Les frontières ont été fermées quand il y avait une montée des nouveaux cas liés au coronavirus. Ces deniers mois, tous les deux pays, aucun ne peut comptabiliser 10 cas en une journée. Le coronavirus n’est pas notre mal. Notre mal, c’est la démence face à la réalité.

Tout le monde n’a pas les moyens de faire un atterrissage. Nous on passe pour le moment par la route. Celui qui passe tous les jours par les airs ne peut pas comprendre le calvaires qu’il y a sur les routes… Ouvrez les frontières. Ce devrait être, et je pèse mes mots, le seul sujet qui vaille au TAC cette année.

D’autre pays ont ouvert leur frontières à l’image du Béni, du Tchad et du Niger. Ils vivent. Ils n’ont pas attendu la Cédéao pour prendre leur décision. Ouvrez nos frontières aussi, et permettez aux Burkinabè et Ivoiriens qui passent par la route de mener librement leurs activités.

Koudpoko ne raconte que ce qu’elle voit et entend…

Minute.bf

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