Législatives 2020 : L’UNIR/PS déjoue tous les pronostics apocalyptiques

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Les élections du 22 novembre dernier ont livré leurs verdicts, du moins, provisoirement. Du reste, chaque parti en sait un peu plus sur son poids sur l’échiquier politique. Que retenir de l’Union pour la Renaissance/ Parti Sankariste ? Arrivé 5e aux législatives et donc la 5e force politique, le parti de Maitre Bénéwendé Stanislas Sankara peut se satisfaire de la réélection de son candidat à la présidentielle, Roch Marc Christian Kaboré. Alors que plusieurs observateurs lui prédisaient un avenir incertain, le parti de l’œuf s’en sort aux législatives avec le même nombre de députés qu’en 2015, soit 5 élus nationaux pour la prochaine législature, une sorte de « mort avortée » pour le parti sankariste.

« L’œuf a éclos, c’est pour cela que nous avons pris la couleur jaune à l’image du jaune des poussins après éclosion », expliquait un député de l’UNIR/PS au cours d’un meeting politique. Certes, cette vérité, il faut la concéder au parti de Maitre Bénéwendé Sankara mais, force est de reconnaitre que depuis lors, grandir n’a pas été chose aisée pour les poussins au milieu de cette jungle politique.

En effet, les élections de 2015 plaçaient l’UNIR/PS comme 4e à la présidentielle et par ailleurs la 4e force politique avec 5 députés à l’hémicycle. Par le truchement du jeu politique, le parti qui partage les idéaux du guide de la révolution d’août 1983, Thomas Sanakara, fait alliance avec le parti de la majorité, le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP), parti créé par des ex collaborateurs de l’ancien président Blaise Compaoré, fortement soupçonné dans la mort du capitaine Sankara. Voir un parti qui s’est farouchement opposé au régime Compaoré aux côtés du MPP dont les leaders ont pris activement part, passe difficilement chez nombre de Burkinabè.

Mieux, l’UNIR/PS tombe en disgrâce aux yeux de certains Burkinabè quand le parti se mu en défenseur du régime MPP, trouvant au candidat dudit parti, Roch Marc Christian Kaboré, les valeurs de Sankara. Face à l’incompréhension de ses détracteurs, « nous avons notre sankarisme et vous avez votre sankarisme », répond Me Sankara comme s’il y avait ‘plusieurs sankarismes’. Plusieurs observateurs n’ont pas hésité à annoncer la mort du parti, qui a enregistré des démissions dont le député Alexandre Sankara en plus de ses choix controversés. Mais, c’est la politique, rien n’est jamais joué d’avance.

Pour les élections du 22 novembre 2020, l’UNIR/PS peut se frotter les mains, son candidat ayant été réélu et ayant maintenu ses 5 sièges à l’hémicycle. Si le poussin peine à grandir, il a tout de même surpris en ne faiblissant pas. On peut parler d’une sorte de « mort avortée » pour le parti qui, en gardant ses 5 sièges, chute en 5e force politique avec la chance d’avoir quelques portefeuilles ministériels si le parti allié reste fidèle à ses engagements.

Qu’à cela ne tienne, le chemin est encore long pour le parti s’il veut rêver mieux au regard de la configuration politique actuelle avec les ‘baobabs’ titillés actuellement par de jeunes partis qui ont émergé et surpris, à l’image du Nouveau Temps pour la Démocratie (NTD), qui arrive troisième avec 13 sièges obtenus.

La rédaction

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