Lotissement : « On ne pourra jamais donner 18 millions de parcelles aux populations », (Maurice D. Bonanet)

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Le Ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat (MUH), conformément à ses missions, assure l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de la politique du gouvernement en matière d’urbanisme, d’habitat et de construction. Face à la presse le mardi 7 mai 2019 à Ouagadougou, le Ministre en charge de ce département, Maurice Dieudonné Bonanet a abordé plusieurs questions qui relèvent des attributions de son département. Le lotissement, l’apurement du passif, la promotion immobilière, les zones non loties, le programme national de construction de logements et le bail d’habitation.

Les difficultés que rencontre le gouvernement sur les questions de lotissement au Burkina Faso ont été relevées par le ministre de l’urbanisme et de l’habitat, Maurice Dieudonné Bonanet. Pour trouver une solution pour certaines zones non loties, le gouvernement, par le biais du département du ministre Bonanet, entend procéder à une « restructuration » de ces zones, de sorte à « sauvegarder » le maximum de personnes dans ces lieux. La restructuration ne consistera pas à lotir ces zones déjà occupées par une certaine partie de la population, mais plutôt, procéder à une répartition en traçant les différentes voies d’accès pour une bonne viabilisation de ces zones.

« Ouagadougou n’a plus de place. Il faut donc travailler à arrêter son expansion », a soutenu le Ministre, qui pense qu’il fallait, dès le début de processus de lotissement, mettre en place un schéma directeur de la ville. Pour ce faire, il a invité les populations burkinabè à adopter la culture des logements communs parce qu’il sera très difficile pour le gouvernement d’offrir 18 millions de parcelles aux populations. « Il faut être clair, on ne pourra jamais offrir des parcelles à tous les Burkinabè. On ne pourra pas donner 18 millions de parcelles aux populations », a insisté le ministre.

Pour ce qui est du projet des 40 000 logements initié par le gouvernement en 2017, le ministre estime à plus de 4000, le nombre de logements déjà réalisés. Il rappelle que la mobilisation foncière a connu d’énormes difficultés au regard de la législation actuelle et de la pression sur le foncier au Burina Faso.

Intervenant sur les manifestations de certaines organisations de la société civile qui défendent le droit au logements des populations, Maurice Dieudonné Bonanet a indiqué que certaines OSC « sont dans le décor par rapport à leurs revendications ». Il confie que  son département a toujours été ouvert au dialogue et a plusieurs fois rencontré la coalition (Coalition des associations de défense des droits au logement  ndlr), et pense que, par rapport aux revendications qui sont soulevées par cette coalition, il y a souvent des points qui ne relèvent pas de la capacité du son département mais des collectivités.

Les grèves des OSC qui offusquent le ministre

Maurice D. Bonanet s’est prononcé sur les différentes grèves organisées par certaines OSC sur les questions de lotissement ou de logement. « Il faut comprendre de quoi est régi le foncier, quels en sont les différents acteurs et quelles sont les différentes formes de propriété, quels sont les mécanismes pour les transactions. Il faudra essayer de comprendre cela avant de commencer à manifester sinon ça devient de l’instrumentalisation », assène le ministre, pour qui, une OSC devrait avoir un rôle de veille, faire des critiques constructives et positives. « Une OSC ne devrait pas être créée pour seulement grever. Il faut qu’on soit un peu sérieux dans ce pays », s’est-il offusqué.

Pour ce qui est de la situation à Garguin, une localité où des populations disent avoir été brimées et déguerpies de façon « sauvage »,  le ministre a expliqué que le promoteur immobilier qui agit dans cette zone détient un titre foncier d’exploitation. Il rappelle au passage qu’avant la mise en place de ce nouveau régime politique, des promoteurs immobiliers avaient déjà acquis des titres fonciers. C’est donc dans ce cadre, précise-t-il, que les constructions se font. Toutefois, dit-il, « aucune autorisation n’a été donnée à un promoteur immobilier », sous ce régime. Il a promis, en effet, de mener une « opération volontaire » pour les populations de Garguin afin de leur trouver des lopins de terre pour se loger.

A Bobo Dioulasso également, des populations ont été déguerpies. Le ministre a rappelé qu’il s’agit de zones qui ont été loties suivant les procédures normales dont les attributions n’ont pas pu se faire avant la suspension des lotissements en 2013. « Maintenant il y a des petits malins qui vont construire des bicoques dans ces parcelles pour mettre des autorités locales et centrales devant le fait accompli », a-t-il déploré, notant qu’il y avait eu à l’époque, des campagnes d’information et de sensibilisation à cet effet pour empêcher les populations de s’installer de façon illégale sur ces sites. « Les gens n’ont pas écouté les sensibilisations et il est aujourd’hui du pouvoir du conseil municipal de faire ce qui a été fait », a-t-il conclu.

A.K.

Minute.bf

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