Lycée Zinda: Une élève se dit menacée; la version du mis en cause

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Quelques jours après avoir, avec ses camarades, empêchée une conférence de presse des élèves en classe d’examen de la ville de Ouagadougou, Alice Sawadogo, élève en classe de Tle D au Lycée Philippe Zinda Kaboré (LPZK), aurait reçu des menaces de la part du Conseiller d’éducation, Richard Toni. par www.minute.bf, le mis en cause repond par la négative. Pour ce dernier, en tant que Conseiller d’éducation, il était de son devoir d’interpeller l’élève sur ses « mensonges« .

En effet, selon nos informations, l’adolescente serait menacée parce qu’elle a dénoncé l’inobservation des mesures barrières au lycée Philippe Zinda Kaboré, alors que l’engagement avait été pris par les autorités éducatives de tout mettre en œuvre pour que les cours reprennent dans de meilleures conditions, sans toutefois, prendre le risque de mettre la vie des élèves en danger en cette période de crise sanitaire liée à la Covid-19.

Après la protestation des élèves, les savons ont été disponibilisés en nombre suffisant devant chaque robinet…

A en croire l’élève, le problème serait parti de ses multiples démarches auprès de l’administration pour demander l’application des mesures barrières pour une reprise sereine des cours débutés depuis le 1er juin 2020, pour les élèves en classe d’examen.

Du boycott de la conférence

Quelques jours après toutes les différentes démarches, Alice Sawadogo dit avoir appris avec ses camarades que d’autres élèves de différents lycées de la ville de Ouagadougou viendront animer une conférence de presse le vendredi 5 juin dans leur établissement pour « dire que les conditions sont réunies au Zinda et partout au Burkina pour reprendre les cours et demander au gouvernement et aux syndicats de s’entendre pour organiser les examens de fin d’année ».

A ce sujet, Mlle Sawadogo et d’autres élèves se sont mobilisés pour empêcher la tenue de la conférence.


Par ailleurs, la contestation a valu un « début d’amélioration », car « le lundi (8 juin 2020; ndlr) on a constaté qu’il y a une boule de savon au niveau de chaque robinet à la grande satisfaction de tous les élèves », s’est-elle félicité.

« Il m’a dit que je vais payer de ma vie pour ce que j’ai fait…»

« J’étais en classe en train de recopier une leçon quand le surveillant général est entré pour passer une information. Après l’avoir fait, il sortait de la classe quand arrivé au niveau de la fenêtre, il m’a aperçue et il est revenu. Il m’a demandé si c’est moi qui ai déclaré qu’il n’y avait que deux boules de savon devant chaque bâtiment. Je lui ai répondu que c’est bien moi qui l’avais dit. Je lui ai donc fait savoir que c’est parce qu’il y a eu dénonciation qu’il y a autant de savons aujourd’hui », a résumé Alice Sawadogo. « C’est là qu’il m’a dit que je vais payer de ma vie pour ce que j’ai fait », a-t-elle confessé. Alice a donc demandé au surveillant à savoir si c’était des menaces. Richard Toni aurait donc repondu qu’elle était « trop petite » et qu’elle pouvait « lui faire quoi? ». « S’il m’arrivait quelque chose, vous serez tenu pour responsable », a rétorqué l’élève de la Terminale D, selon des informations en notre possession. Cette version des faits est corroborée par ses camarades de classe qui disent avoir été témoins de la scène.

Sur la contenance de la menace, « c’est vague et plein de sens, ça laisse penser à beaucoup de choses », a laissé entendre Alice que Minute.bf a approché pour en savoir plus. « Quand il me dit cela, peut-être qu’il a quelque chose en tête, peut-être qu’on l’a envoyé ou il veut entreprendre quelque chose », autant de questions qui taraudent l’esprit de l’élève.

Toutefois, Alice Sawadogo ne désarme pas. « De toute façon je vais mourir un jour et dire que j’ai peur pour ma vie, s’il me faut dire la vérité et mourir après, je suis prête, je préfère mourir dans l’intégrité », a-t-elle déclaré. Par ailleurs, faut-il croire à d’éventuelles répercussions sur son examen? « Je ne sais pas, peut-être qu’ils auront une main-mise sur mon examen mais s’il le font, ils doivent savoir qu’ils ont des enfants et qu’ils ne vont pas rester éternellement car qu’aujourd’hui ils sont des responsables de l’établissement mais demain ce sera d’autres personnes », a déclaré Mlle Sawadogo tout en martélant: « je ne vais pas me taire sur ce que je vois aujourd’hui ».

La version du Conseiller d’éducation (ndlr; Surveillant général )

Contacté par www.minute.bf, le surveillant général a rejeté l’ensemble des accusations de son élève en bloc. A en croire M. Toni, il a été interpellé par des collègues après que Alice Sawadogo a déclaré devant la presse qu’il y avait « plus de 70 élèves dans les classes, que la distanciation sociale n’est pas respectée et qu’il y avait une seule boule de savon pour chaque bâtiment ». Ainsi, de passage pour donner la date d’établissement des cartes aux élèves retardataires, ce dernier dit avoir juste interpellé l’élève Sawadogo en lui disant que ses propos n’étaient pas justes. « On a responsabilisé chaque délégué de classe pour les boules de savon afin que si ça finit, qu’ils le signalent », dit M. Toni qui explique qu’il n’est pas prudent de laisser les savons à la merci des visiteurs de l’établissement dont la plupart ne sont pas des élèves. C’est alors qu’en tant que surveillant général et « responsable en matière de discipline », M. Toni dit avoir invité son élève à « donner l’information juste ».

Par la suite, « je lui ai dit: Les mensonges que tu as proférées vont te rattraper après. Et c’est là qu’elle m’a dit que si c’est des menaces, on va voir », raconte le surveillant général avant de s’interroger : « si je refuse de lui donner une bonne éducation, mon rôle d’être conseiller d’éducation se trouve où? ».
« L’éducation a failli et si vous voulez qu’on vous laisse comme tel, vous n’allez pas aller loin », a-t-il regretté, à l’endroit du comportement de l’élève.

Richard Toni, Conseiller d’éducation


Par ailleurs, sur la menace avancée par Alice Sawadogo, « ce sont des propos mensongers, elle est une manipulatrice, elle ment comme elle respire et c’est pour cela que je lui ai dit: ton mensonge va te rattraper », a répété M.Toni, prenant pour preuve, une fois où l’élève s’est rendu chez le proviseur pour faire croire que c’était lui qui l’avait envoyé. Au surveillant d’ajouter : « pour une élève de ce genre, j’ai quoi à voir avec elle pour lui dire qu’elle va payer de sa vie, est-ce que je suis Dieu pour le prononcer ? ».

Aussi, sur le comportement de l’élève, M.Toni confie qu’elle a eu d’autres éconduites. « Elle a dit à un surveillant que vous restez assis dans les bureaux alors qu’il y a des problèmes ailleurs que vous ne partez pas régler », a déploré Toni Richard pour qui, cet acte devrait conduire l’élève en conseil de discipline.

Mais, plutôt que cela, ce dernier dit avoir invité son collègue surveillant à se retenir et d’accompagner les élèves en cette période difficile pour qu’ils puissent terminer l’année. Pour tous ces agissements, à l’en croire, Alice Sawadogo bénéficierait du soutien de la CONEF, une structure à caractère syndical des élèves.

En outre, pour ce qui est des insultes dont Mlle Sawadogo dit avoir été victime également, « je ne l’ai pas insulté », a nié le conseille d’éducation expliquant qu’il n’a pas employé des mots allant au delà de son rôle d’éducateur.

C’est alors que, M. Toni a saisi l’occasion pour appeler les élèves à ne pas perdre de vue leur principal objectif, celui d’« apprendre » leurs leçons pour les examens. Et pour mieux le faire, « il faut écouter ses éducateurs », conseille-t-il aux élèves, les invitant à ne pas « se laisser manipuler au point de se faire utiliser comme un citron qu’on presse et qu’après avoir consommé le jus, on jette la peau »

La rédaction
Minute.bf

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