Manifestation des élèves : « Les parents d’élèves sont responsables » (AESO)

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Les manifestants ont été dispersés à coups de gaz lacrymogènes à Ouagadougou

Reconduction tacite des manifestations à l’issue des 72h de grève si les reformes scolaires engagées par le ministère en charge de l’éducation n’étaient pas « purement et simplement annulées ». C’est ce qu’avaient fait savoir les 18 associations de scolaires signataires du préavis de grève d’avril. C’est chose faite, car ce lundi 3 mai 2021, les élèves ont encore battu le macadam pour demander au patron du département de l’éducation nationale, Stanislas Ouaro d’abandonner les reformes engagées dans l’organisation des examens de fin d’année.

Une chaude matinée entre Forces de l’ordre et élèves. Des gaz lacrymogènes ont formé un nuage de fumée au centre de la capitale burkinabè. L’on a pu constater une course poursuite entre élèves qui lançaient des projectiles et agents de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) qui assuraient l’ordre devant le Ministère en charge de de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotions des langues nationales (MENAPLN).

« On voulait rencontrer le ministre. Mais nous n’avions même pas pu arriver au ministère quand la police est venue nous barrer la voie. C’est comme si c’était eux notre ministre. Quand nous avons voulu faire la force pour passer, ils n’ont pas voulu, ils ont commencé à nous gazer. On peut même dire qu’ils ont essayé de tirer à balles réelles parce qu’on entendait des coups de feu qui faisaient très peur, on ne savait pas d’où ça venait mais ça faisait très peur. », raconte Juda Maré, porte-parole de la section Bogodogo de l’Association des Elèves du secondaire de Ouagadougou (AESO).

raconte Juda Maré, porte-parole de la section Bogodogo de l’AESO accuse les parents d’élèves et l’opinion nationale

Il affirme que certains de ses camardes sont blessés, « d’autres se sont évanouis ». « Les camarades blessés valent la moitié de ceux qui sont sortis aujourd’hui pour marcher. Nous prenons nos parents à témoin. Nous prenons également l’opinion publique à témoin parce qu’avant de sortir, nous avons déposé un préavis; on a prévenu le ministre avant de sortir; ils ont largement eu le temps pendant les 72h pour réfléchir sur la question. », lance-t-il.

Le porte-parole de l’AESO a également dénoncé le fait que les examens blancs sont « interdits » dans le public alors qu’ « au Prytanée militaire du Kadiogo (PMK) et dans le privé, ça se poursuit ». « Leurs enfants ne sont plus dans les établissements publics c’est pourquoi ils prennent ces genres de reformes. On doit prendre les reformes à l’avantage de tout le monde. Lorsque l’on veut entreprendre des réformes, on doit interroger tout le monde pour savoir si elles l’arrangent. C’est nous les premiers acteurs, ils doivent nous demander, ce n’est pas lui (le ministre Ouaro, ndlr) qui compose le BAC ou le BEPC à notre place. Il ne peut pas prétendre que ces reformes nous arrangent sans nous demander », pense Juda Maré qui note que si les élèves n’ont pas la capacité intellectuelle de remettre en cause ces réformes, « les ministres devraient eux-mêmes se remettre en cause » parce que l’éducation devrait consister à les former pour qu’ils aient les capacités de réfléchir par eux-mêmes.

« Ce que nous voulons, c’est un avenir meilleur pour tous les enfants du peuple. Ce qu’ils veulent faire, c’est réduire l’accès à l’université, à l’éducation aux enfants du peuple et ça, nous ne pouvons pas l’accepter. Tout le monde a droit à l’éducation, c’est ce que disent les textes de l’UEMOA et de l’ONU, eux-mêmes le disent », pense-t-il.

Les manifestations de ce jour, à en croire les élèves, ont fait plusieurs blessés. Mais, les manifestants n’entendent pas s’arrêter là. « Si rien n’est fait, nous allons nous concerter (parce que nous ne décidons pas seuls) pour voir comment nous allons faire pour qu’ensemble, nous puissions aboutir à une conclusion à l’avantage de tous les enfants du peuple », soutient leur porte-parole. Les élèves dénoncent également le mutisme de l’opinion nationale et surtout des parents d’élèves face à cette situation qui perdure. « Les Associations des Parents d’Elèves (APE) ne disent rien. Ils prétendent qu’ils sont nos parents, qu’ils sont là pour nous soutenir mais l’APE n’est jamais venue rencontrer l’AESO. Ils disent que c’est l’AESO qui est devant les choses mais ils n’ont pas cherché à nous rencontrer pour comprendre. Nous prenons les parents d’élèves comme responsables. Nous prenons l’opinion publique comme responsable et nous ne voulons pas que le pire arrive, c’est-à-dire, les pertes en vies humaines. Nous avons déjà perdu un camarade, nous ne voulons pas que ça se répète encore au risque d’aggraver la situation », préviennent-t-ils.

Minute.bf

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