MINEFID: « Qu’ils s’attendent à révoquer d’autres agents… » (Mohamed Savadogo)

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L’Union d’Action populaire a animé une conférence de presse le lundi 8 juin 2020 à la Bourse du travail de Ouagadougou pour se prononcer sur la baisse du pouvoir d’achat des travailleurs. Au cours de la conférence, la coalition est revenue sur la révocation des 3 agents des impôts, dénonçant une décision politique.

Au Conseil des ministres du 27 mai dernier, le gouvernement décidait de la révocation de trois agents de la DCI/ Ouaga pour « acte d’indiscipline d’extrême gravité ». Il faut noter que cette décision fait suite à une vidéo virale montrant une altercation entre un agent des impôts et sa collègue en service à la Direction du Centre des Impôts (DCI)/ Ouaga1.

A en croire le porte-parole de la coalition des 40 syndicats, Bassolma Bazié, « cette décision a été prise après l’échec des multiples tentatives menées par les autorités afin d’inciter la « victime » à déposer plainte contre sa camarade ». Une sanction d’une « extrême sévérité » qui « ne prend pas en compte les circonstances de l’incident comme le prévoit la loi et qui pêche dans la procédure », s’est offusqué M. Bazié qui pense que cette sanction « vise à effrayer les travailleurs » alors qu’à l’initiative du syndicat, une réconciliation entre les deux collègues a été matérialisée par « une cérémonie solennelle et un procès-verbal rendu public ».

Par ailleurs, la coalition a dénoncé du deux poids, deux mesures dans la sanction en faisant le lien avec la sortie de l’ex-ministre d’Etat Simon Compaoré aperçu dans un domicile « tenant fièrement une arme de guerre et proférant des menaces ». Alors que la plainte déposée contre ce dernier est « jusque-là restée sans suite », M. Bazié a déploré que la même célérité de la sanction des agents de la DCI ne soit pas observée sur cette affaire.

En outre, Mohamed Sawadogo, le président du moi (PDM) de la Coordination des Syndicats du Ministère en Charge se l’Economie et des Finances (CS-MEF) a son tour, a déploré la politisation de l’administration. A ce sujet, « nous avons un directeur au niveau de la direction qui est du MPP (parti au pouvoir) », a-t-il laissé confié.

Comment désamorcer la fronde sociale ?

Alors que le climat social continue de durcir, le gouvernement n’ayant pas décidé de reculer face à l’application de l’IUTS sur les primes et indemnités et les syndicats qui promettent « une remontada », Bassolma Bazié a insisté sur la nécessité de respecter la parole donnée. « On n’a jamais appelé le syndicat pour dire: voici nos propositions, quelles sont les vôtres ? », a regretté le porte-parole de l’UAP, qui précise que les gouvernement invite le syndicat pour lui donner des informations. Ainsi, pour un dialogue sincère, « il faut trouver des acteurs sérieux qui savent ce que c’est que la parole donnée, qui respectent leurs engagements », a-t-il suggéré à l’endroit du gouvernement.

En tout état de cause, les syndicalistes n’entendent pas baisser les bras dans la défense de leurs intérêts. Par ailleurs, au Ministère en charge de l’économie et des finances, la CS-MEF n’entend pas rester les bras croisés face à la révocation de trois de leurs camarades par le gouvernement suite à l’incident survenu en mi-mars dernier. « Ils ont révoqué 3 personnes, qu’ils s’attendent à révoquer d’autres parce que nous n’allons pas nous laisser faire », a menacé Mohamed Savadogo.

Franck Michaël KOLA
Minute.bf

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