Ouagadougou : Un ex RSP, chef de gang, mis aux arrêts

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L’équipe d’enquête n°3 du Service régional de la Police judiciaire du Centre (SRPJC) a mis la main sur 7 présumés délinquants aux pratiques occultes avec des crânes humains. Le réseau avec à sa tête, un ancien membre des forces armées a été présenté à la presse, le mardi 13 juillet 2021 à Ouagadougou.

« 2 crânes humains; 1 pistolet automatique marque TISSAS; 2 chargeurs de pistolet automatique dont un garni de 12 munitions; un paquet de munitions contenant 18 cartouches de 7, 65 millimètres ; 5 motocyclettes et une somme de 830 000 F CFA », c’est le résultats des enquêtes des hommes du Commissaire principal de police et Chef de Service région de la police judiciaire du Centre, Sayibou Galbané contre un réseau de présumés délinquants. Mais, l’on pourrait se demander que faire avec des crânes humains?

L’enquête menée par la police judiciaire a conduit à l’exploitation de fichiers audio des téléphones des mis en cause. Cela a permis de savoir que « le groupe s’adonnait à des pratiques occultes », a confié le conférencier, qui indique que suite à la profanation de sépultures à Zounghou, dans le Ganzourgou, des crânes humains ont été exhumés ». « Interrogés, les membres de ce groupe reconnaissent avoir exhumé des restes humains pour accomplir des sacrifices afin de devenir riches et puissants », a révélé le Commissaire Galbané. A l’entendre, pour les besoins de leur « wac » (fétiches), il a été demandé aux mis en cause des « restes de personnes lynchées », ce que ces derniers sont allés chercher à Zounghou. Saisis, ces restes seront remis aux familles des concernés, rassure-t-il.

Les crânes humains déterrés par les présumés délinquants

Selon les faits, tout est parti d’un « vol à main armée » perpétré le 15 juin 2021 à 19h, sur un entrepreneur devant sa porte au secteur 23 de Ouagadougou. Les agresseurs ont pris sur la victime « 8 000 000 de F CFA ». Les présumés délinquants ont tiré sur la victime et son petit fils, qui a été blessé.

Aussitôt saisie des faits, l’équipe n°3 de la SRPJ a ouvert une enquête qui a permis, le 24 juin 2021, l’interpellation du nommé O.E né le 20/12/1995, jardinier domicilié à Koubri, « une connaissance de la victime » sur qui pesaient des soupçons, selon « des renseignements reçus de son voisinage », relate M. Galbané.

Présente sur les lieux, la victime relate les événements. « Je revenais de ma ferme. L’un d’eux qui est une connaissance avant déjà placé 3 éléments devant chez moi. Mes enfants l’ont reconnus et même ma femme. Mais il est vite reparti laissant les 3 autres. Ils étaient là avec mes enfants qui ne se doutaient de rien. A peine j’ai garé devant mon portail et ouvert la portière de ma voiture que je recevais sur ma poitrine des balles. On dirait qu’on me donnait des coups de poings en pleine poitrine. Parmi mes petits fils qui couraient vers moi en criant papi, il y a un qui a reçu une balle dans la cuisse. La balle a traversé sa cuisse. Mais on l’a vite transféré à l’hôpital pour des soins. Mais préalablement, quand j’étais au champ, ma connaissance m’a demandé de l’argent que je lui ai donné. A un moment, je l’ai aperçu passer avec des bandits. Ils sont repassés et pointaient l’index vers moi mais je ne m’imaginais pas que c’était pour me faire du mal après », raconte-t-il avant de féliciter la police judiciaire pour la « diligence et les résultats ».

En outre, dans l’interrogatoire, « O.E reconnait effectivement avoir joué un rôle déterminant dans l’agression ». Il va ainsi « dénoncer les autres membres du groupe ».

Cela a permis l’identification et l’interpellation « des principaux membres du réseaux » dont I.I. dit Ladji, né le 01/01/1989 à Towogodo; Z.P. dit Bouba ou bébé; D.A.L. alias Wobgo né le 30/10/1979; K.Y. né le 01/01/1980, vitrier domicilié à Saaba; K.I.I. alias Togolais né en 1993 à Cinkansé, employé de commerce et le nommé Y. M. né le 01/01/1992, convoyeur domicilié au secteur n°16 de Ouagadougou », poursuit le commissaire Galbané qui indique qu’un autre élément, nommé T.B n’a pas pu être interpellé. Mais, rassure-t-il, « les recherches se poursuivent en vue de son interpellation ».

Un ex RSP parmi les mis en cause

En effet, certains mis en cause ne sont pas nouveaux des fichiers de police judiciaire. Si les nommés, « K.I.I; K.Y; Z.P; O.E; et Y.M. sont inconnus » des fichiers de la police judiciaire, ce n’est pas le cas pour le sieur « D.A.L, alias Wobgo ». Cet « employé de commerce » a « déjà fait l’objet d’une condamnation de 8 mois d’emprisonnement ferme par le Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou pour des faits d’escroquerie en 2007 ».

Pis, le nommé I.I, « leader du groupe (…) est un ancien membre des forces armées », révèle le conférencier, qui précise qu’il a été « plusieurs fois déféré pour des faits de grande criminalité ». A en croire Sayibou Galbané, « en février 2020 », ce dernier a été « interpellé par le commissariat de Boulmiougou et remis à la Gendarmerie pour acte de grand banditisme ». Mais en « mai 2020 », le mis en cause « a été mis en liberté provisoire » avant d’être à nouveau déféré « en août 2020 par la Brigade de Recherche et d’Investigation criminelle pour les mêmes faits de grand banditisme avant d’être libéré provisoirement en octobre 2020 », a égrainé M. Galbané qui relève : « l’intéressé est donc à sa 2e interpellation par mon service en espace de 10 mois ». Ce dernier est plus précisément un ancien élément du Régiment de Sécurité présidentielle (RSP). Qu’en est-il du mode opératoire du gang arrêté ?

Le Commissaire principal Sayibou Galbané expliquant le modus operandi du gang démantelé

Renseignements, opérations d’intervention, écoulement de butins

« Il s’agit d’un groupe bien organisé », fait d’emblée savoir le Commissaire Galbané, expliquant que ces derniers « évoluent sur des motocyclettes et opèrent avec usage d’armes à feux ». Mieux, à l’en croire, le réseau est structuré en « cellule de renseignement, de détection et d’identification des cibles » dont « les hommes d’affaire, commerçants, entrepreneurs ou toute autre personne ayant sur elle une forte somme d’argent et aussi les lieux de commerce… ». Il y a ensuite « la cellule opérationnelle d’intervention » qui, sur la base du travail de la première cellule, « prend en filature les personnes ciblées jusqu’à l’endroit propice pour l’agression et passe à l’acte ». I.I, l’ancien membre des forces armées et T.F sont les hommes de cette cellule. « Toutes les personnes trouvées sur les lieux (d’opération ) sont tenues en respect par des tirs bien nourris avant de se voir dépouillés de tout numéraire ou autres biens précieux », précise le conférencier sur leur modus operandi.

Enfin, il y a « la cellule d’approvisionnement en armes et munitions et d’écoulement des produits du vol ». Le nommé K.I.I. « un expatrié », se charge « d’écouler les motos et autres biens dans les pays voisins et d’y acheter des armes pour renforcer l’arsenal du groupe ». Quant au nommé K.Y. « détenteur légal d’un pistolet automatique 7,65 millimètres », il le met à « la disposition de la cellule d’intervention contre une part du butin en cas d’opération fructueuse », a indiqué le conférencier, confiant également, que ce dernier « utilise son permis de port d’arme pour acheter des munitions et ravitailler le groupe d’intervention ».

Ainsi, le SRPJ met à l’actif de ce gang arrêté, « plusieurs cas de vols à main armée commis dans la ville de Ouagadougou ».

Liens avec des personnes recherchées pour terrorisme…

Pour le compte de l’année 2019, le SRPJ met à l’actif de ce réseau, 3 braquages contre 2 maquis et une boutique Orange Money pour des sommes « 350 000 F CFA ; 150 000 F CFA et 35 000 F CFA » emportées.

Pour cette année 2021, ce sont également 3 braquages que la police judiciaire colle à ce même groupe avec des sommes de « 150 000 F CFA ; 150 000 F CFA et 8 000 000 de F CFA » emportés.

La dernière en date était le 15 juin 2021 contre l’entrepreneur susmentionné.

Enfin, le Commissaire Galbané a indiqué que l’enquête se poursuit sur ce groupe qui est « en lien avec des personnes recherchées pour des cas de terrorisme » . Pour l’heure, les 7 présumés délinquants appréhendés, promet-il, seront conduits devant le procureur du Faso, près le Tribunal de Grande Instance de Ouaga I.

Franck Michaël KOLA

Minute.bf

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