Sahel : D’où provient le carburant des terroristes ?

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A chaque fois que les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) disent avoir démantelé une base terroriste, ils informent avoir découvert des futs de carburant en stock. D’où vient ce carburant? Le journal l’Economiste du Faso s’est intéressé à cette question et a pu dessiner le circuit de ravitaillement du carburant dont la provenance serait le Niger et le Bénin, le Burkina servant de pays de transit pour ce vaste réseau de contrebandiers.

Selon le journal L’Economiste du Faso, « le Niger et le Bénin » constituent les pays de provenance pour le ravitaillement des terroristes en carburant.

Pour tracer l’itinéraire des contrebandiers, le journal explique que le Niger est « un des premiers pays pourvoyeurs de ce carburant » et que « des camions-citernes se rendent dans ce pays pour transporter le carburant avec comme destination le Mali. Le Burkina Faso est utilisé comme pays de transit de ce carburant. Tous les documents sont établis en bonne et due forme ». Toutefois, poursuit le journal, ce carburant n’arrive pas à destination, « il est déversé sur le territoire burkinabè ». Et là, « si Ouagadougou reste une localité de destination de ce carburant, une partie est déversée dans les zones d’occupation terroriste dans la région administrative de l’Est ».

Outre le Niger, le Bénin à en croire nos confrères de L’Economiste du Faso, est le second pays de provenance de ce carburant. A ce propos, signale le journal, « si une partie de ce carburant est achetée au port de Cotonou, l’autre partie vient directement du Nigeria avec les camions-citernes ». Et là encore, une bonne partie de ce carburant est déversée sur le territoire burkinabè. Et au journal de préciser que « certains fraudeurs se contentent de vider le carburant dans des futs sur le territoire béninois qu’ils transportent au Burkina Faso ». Une technique de fraude qui « a toujours existé », dira L’Economiste du Faso qui relève tout de même qu’ « elle a pris de l’ampleur depuis la menace terroriste au Burkina Faso ».

Selon le témoignage d’un chauffeur de véhicules d’occasion qui fréquente l’axe Ouagadougou-Fada N’Gourma-Cotonou, bien qu’interrompue pendant un bon moment, « la circulation sur l’axe Fada N’Gourma-Pama-frontière du Bénin » continue d’être fréquentée. Pour ce, « il suffit de prévoir du carburant pour les groupes terroristes qui contrôlent la zone, parce qu’il arrive des moments où ils sont en manque de carburant », confie la même source à L’Economiste du Faso.

Par ailleurs, le journal note que « les terroristes exploitent la contrebande sous toutes ses formes pour se financer » et que « certains actes terroristes visent à créer et à entretenir des couloirs pour acheminer facilement leurs besoins logistiques ».

En outre, fait surprenant, L’Economiste du Faso souligne que « le carburant provenant du Niger et du Bénin est aussi réexporté vers le Ghana », pays qui pourtant ravitaille le Burkina en carburant à travers le port de Tema. En clair, à partir d’un village situé à la frontière Burkina-Ghana, « sur la base de faux documents, ce carburant qui entre en territoire ghanéen revient au Burkina Faso dans des futs ou petits camions-citernes ».

Cette vieille pratique de la fraude du carburant s’est amplifiée ces dernières années avec une estimation allant de 400 à 500 camions-citernes déversant frauduleusement en sol burkinabè. La perte des recettes de la Douane, uniquement, est évaluée à « environ 10 milliards de F CFA ». La question est de savoir, comment ce trafic illicite est possible alors que c’est la Société nationale burkinabè d’Hydrocarbures (SONABHY) qui a le monopole de l’importation du carburant au Burkina?

Vous trouverez plus de détails dans le journal en cliquant ici 👉Financement du terrorisme: le circuit de ravitaillement du carburant se dessine ou dans le numéro 404 du journal L’Economiste du Faso du Lundi 6 au dimanche 12 septembre 2021.

Minute.bf

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