Situation de crise : Le ministre des ressources animales veut sauvegarder le bétail des déplacés

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La prise en compte des moyens d’existence (animaux) des populations dans les plans de réponse en situation de crise a fait l’objet d’un atelier organisé par le Ministre des Ressources animales et halieutiques (MRAH), Modeste Yerbanga, au profit des gouverneurs et présidents de Conseils régionaux. Cette formation, qui vise à impliquer activement ces décideurs locaux à la  préservation des moyens d’existence des populations en situation d’urgence, a eu lieu le vendredi 18 juin 2021 à Manga, dans la région du Centre-Sud.

Déjà mis à l’épreuve à cause des effets du changement climatique et la forte croissance démographique, le secteur de l’élevage est maintenant impacté par la crise sanitaire liée à la pandémie du covid-19 mais aussi et surtout celle sécuritaire qui frappe certaines régions du Burkina. Sur le cas particulier de l’insécurité, ce sont des populations qui, très souvent, ont abandonné tous leurs biens y compris ceux de l’agriculture et de l’élevage pour sauver leur vie.

Le ministre en charge des ressources animales, Modeste Yerbanga a présidé la cérémonie d’ouverture de l’atelier

Mais, de toutes ces crises que le Burkina a connues, tous les plans de réponse qui ont été proposés n’ont pas pris en compte le secteur de l’élevage, la priorité étant de sauver les vies humaines, a relevé le ministre Yerbanga qui veut changer la donne en s’appuyant sur les gouverneurs et présidents de conseils régionaux qui sont les porteurs de plan de réponse dans ces situations. En effet, comme il faut aussi « sauver les moyens d’existence pour permettre à la vie de continuer », le ministre Yerbanga a initié un « exercice de renforcement des capacités » de ces décideurs sur « les normes et directives pour l’aide d’urgence à l’élevage (LEGS) ».

Selon le ministre en charge des ressources animales, il s’agit d’outiller les gouverneurs et présidents de conseils régionaux « au regard de leur rôle dans la chaine de décision pour la prévention et la gestion des conflits » afin de permettre « une planification d’urgence qui puisse prendre en compte les besoins de l’élevage ».

Les gouverneurs et présidents de conseils régionaux ont pris part à cet atelier sur la sauvegarde des vies et des animaux des personnes en situation de crise

Précisément, à en croire le ministre, « la formation permettra de renforcer les capacités des intervenants en vue de la sauvegarde des vies et des moyens de subsistance au sein des communautés d’éleveurs exposées aux risques et catastrophes ».

Atténuer la vulnérabilités des déplacés en sauvant leurs animaux

La formation va porter concrètement sur « comment les informations doivent être collectées par les agents sur le terrain ; comment faire en sorte que toutes les parties prenantes dont les personnes impactées, prennent part au processus pour qu’on aboutisse à des réponses appropriées, à même de résoudre les problèmes posés », a rassuré le formateur Désiré Somé, par ailleurs Secrétaire permanent en charge de la gestion des crises et vulnérabilités en élevage (SP/CVEL) au MRAH.

Une photo de famille a mis fin à la cérémonie d’ouverture de l’atelier

Pour Fatoumata Benon, gouverneure de la région du Plateau Central, cette formation vient à point nommé au regard de la situation qui prévaut dans certaines régions. « Il y a des zones où l’élevage est le premier moyen d’existence et de sécurisation en terme financier. Les mouvements de populations dus à l’insécurité font souvent que les gens sont obligés de partir sans leurs animaux », a déploré la gouverneure qui a salué une formation qui, à travers le document LEGS mis à leur disposition, leur permettra de savoir comment agir pour la prise en compte des moyens de subsistances des populations pour qu’elles ne soient pas « davantage vulnérabilisées ».

Pour cette formation qui est le couronnement d’une série d’autres formations qui ont concerné les populations elles-mêmes, les techniciens, les Partenaires techniques et financiers, etc., le ministre Yerbanga fonde l’espoir que tout le pays aura assez d’arguments pour assurer la prise en charge des situation d’urgence.

Franck Michaël KOLA

Minute.bf

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