Supposées exactions de l’armée burkinabè: « Celui qui veut couper son aide au Burkina qu’il la coupe» (Massourou Guiro)

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Votre journal en ligne Minute.bf, suite à la volonté du gouvernement burkinabè de démanteler le camp des réfugiés de Mentao, est allé s’entretenir avec le chargé de communication du Mouvement Plus Rien ne Sera Comme Avant (MPRSCA), Massourou Guiro, dont la structure avait, à sa conférence de presse du 24 juin 2020, demandé le démantèlement du camp de Mentao. Les grandes lignes de l’entretien ont concerné le démantèlement du camps, les accusations d’exactions ou d’exécutions proférées à l’encontre de l’armée burkinabè mais aussi la recommandation de l’Assemblée nationale pour un report des élections législatives d’un an.

Minute.bf: Lors de sa dernière conférence de presse en date du 24 juin 2020, le Mouvement Plus Rien ne Sera Comme Avant (MPSCA) a demandé le démantèlement du camps de Mentao. Par la suite, le gouvernement a manifesté à la date du 14 Juillet 2020, son désir de déplacer le camp de Mentao. Pourquoi avoir demandé le démantèlement de ce Camps ? Êtes-vous satisfaits de cette posture du gouvernement ?

MPSCA: C’est effectivement une lutte que nous menons depuis des années. Nous sommes satisfaits de la décision du gouvernement de délocaliser le camp de Mentao. Ce camp de Mentao cause énormément de problèmes à la population de Djibo et aux Forces de Défense et de Sécurité (FDS) qui luttent nuit et jour contre le terrorisme dans la zone. Plusieurs fois, des attaques se sont perpétrées dans la zone, et les FDS en filant certains terroristes, les ont vus s’évaporer aux alentours du Camp. Dans un passé récent d’ailleurs, les FDS ont voulu fouiller le camp parce qu’ils ont poursuivi des terroristes qui, dans leur fuite, auraient trouvé refuge dans ce camp mais elles se sont heurtées à un refus catégorique, voire une révolte des réfugiés. Raison pour laquelle nous avions demandé à ce qu’on démantèle le camp pour permettre à notre armée de faire correctement le travail de sécurisation de la zone qui est d’ailleurs sous état d’urgence.

Minute.bf: Des organisations accusent les Forces de défense et de Sécurité de notre pays de commettre des exactions sur le théâtre des opérations. Des pays comme les Etats-Unis menacent même de couper leur aide au Burkina. Qu’en dites-vous ?

MPRSCA : Celui qui veut couper son aide au Burkina qu’il la coupe. Pourquoi c’est maintenant qu’ils veulent couper leur aide ? Vous savez, les FDS sont en train de faire un travail formidable sur le terrain. La réalité est que cela empêche les terroristes et leurs alliés de prendre le dessus sur notre armée. Et si les terroristes et leurs alliés n’arrivent pas à s’imposer, certainement il y a des gens qui vont dire nécessairement à nos militaires de faire attention. Pourquoi au jour d’aujourd’hui, malgré le constat que ce sont les terroristes qui sont en train d’endeuiller le peuple burkinabè, on accuse au contraire notre armée d’exactions. Cela veut simplement dire que la remonté de notre armée sur les terroristes met mal à l’aise leurs alliés. Si cela ne tient qu’au MPRSCA, qu’ils coupent l’aide dès aujourd’hui même. Les menaces proférées par les Etats-Unis nous emmènes à nous poser la question, qu’est-ce que les Etats-Unis n’ont pas fait en Irak ? Mais jusqu’à présent qui a été poursuivi aux Etats-Unis ? Encore, en Lybie, Nicolas Sarkozy n’a pas été poursuivi malgré ce qu’est devenu la Lybie actuellement. De toute manière, si les terroristes aujourd’hui endeuillent des Burkinabè et eux les occidentaux n’ont pas le courage de réagir nous au sein du MPRSCA nous ne pouvons pas nous taire et regarder. L’armée burkinabè paie ses armes en toute légalité tout en suivant les procédures en vigueur sur le plan international mais les terroristes ne suivent pas cette voie légale pour l’acquisition de leurs armes. Ce sont à ces terroristes là qu’il faut dire de ne pas attaquer la population burkinabè.

Minute.bf: Le président de l’assemblée nationale a fait une tournée dans les régions en proies au terrorisme et a fait des recommandations au président du Faso dont le report d’un an des élections législatives. Que dit le MPRSCA par rapport à cette recommandation ?

MPRSCA : Le terrorisme a commencé depuis 2015 et l’assemblée n’a pas eu le souci de penser à cette population. Pourquoi c’est à cinq mois des élections que l’assemblée fait sa tournée et estime qu’il faut reporter les élections. Les populations souffrent depuis cinq ans, pourquoi c’est maintenant que l’Assemblée trouve qu’il faut reporter les élections. Je ne trouve pas que l’Assemblée n’a pas bien réfléchi. Au regard de ce qui s’est passé en 2014 par rapport à la modification de l’article 37, le président de l’Assemblée devait savoir que le peuple ne sera pas d’accord. Pour ce qui est sûr, le MPRSCA est opposé à ce report. Nous disons non, tout simplement. Au Burkina Faso, c’est la patrie ou la mort, nous devons nous battre pour récupérer les zones que l’Assemblée pense non maîtrisées.

Minute.bf: Aujourd’hui, bon nombre de spécialistes disent que les terroristes qui sévissent au Nord et à l’Est de notre pays, sont des nationaux souvent même des enfants vivant dans la misère que l’on recrute au sein de la population. Quelle solution proposez-vous à ce phénomène ?

MPRSCA: Il faut que les parents repensent l’éducation de leurs enfants, il faut qu’ils repensent l’éducation de nos frères et sœurs. Il faut que ces derniers sachent que, quelle qu’en soit la misère qu’ils vivent, la solution n’est pas de rejoindre le camp des terroristes. Nous pensons que pour sortir de la misère il faut travailler, c’est la seule solution. Pour ceux qui rejoignent le chemin du terrorisme, cela n’engage qu’eux. De toute façon, si vous laissez le chemin du droit et vous empruntez le chemin du terrorisme, vous affronterez l’histoire et l’histoire nous dira la vérité.

Propos recueillis par Hamadou Ouédraogo

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