Tribune – « Vaincre le terrorisme sera burkinabè ou il ne sera pas » (Adama Siguiré)

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Ceci est une tribune de l’écrivain Adama Amadé Siguiré sur l’appel à l’aide extérieure pour lutter contre le terrorisme qui assaille les pays du Sahel. Il appelle le Burkina à « rompre avec la France » et à aller vers d’autres partenaires pour l’acquisition de matériels de guerre pour lutter contre le terrorisme.

« Le mercredi 11 mai 2022, dans la salle des fêtes de la mairie de Léo, j’ai donné une conférence sur le thème sus-cité. Invité par le Mouvement Conscience Nouvelle, c’est dans une salle pleine que la conférence a eu lieu. Les participants, très intéressés par le thème, ont montré un grand intérêt pour cette conférence.

Après les mots introducteurs du modérateur Marc BAZIE, je prends la parole pour ma communication. Avant tout, il faut faire l’état des lieux. Le terrorisme se déclare officiellement au Burkina le 16 janvier 2016 après l’attaque du Cappuccino et de l’hôtel splendide sur l’avenue Kwame NKRUMAH. Et c’est parti pour des attaques perlées qui commencent dans le Sahel pour envahir de nombreuses régions. Les attaques vont se multiplier aussi dans la région du Nord, dans la région de l’Est, dans la région de la boucle du fleuve Mouhoun, dans la région du Centre-Nord et enfin dans la région des Cascades. A ce jour, le bilan est effroyable. Une région ne fait plus partie du territoire burkinabè, car elle est pratiquement sous le contrôle des groupes terroristes. Et c’est la région du Sahel. Les régions de l’Est et du Nord sont occupées dans leur grande majorité, de même que la région de la Boucle du Mouhoun. Les terroristes menacent aussi deux autres régions: celle du Centre Nord et des Cascades.

Vivre au Burkina est devenu une dure épreuve et l’espoir se meurt au quotidien au sein des populations, surtout rurales. Comment comprendre qu’en 6 ans, les terroristes occupent une grande partie du territoire national alors qu’ils attaquaient de grandes Nations comme les États Unis d’Amérique ou la France, mais ils n’ont jamais pu faire fléchir ces Nations?

Et j’entame ici les causes du terrorisme qui sont exogènes et endogènes. Les causes sont exogènes parce que le terrorisme prend sa source dans la volonté de domination des pays forts sur les pays faibles. Le terrorisme prend sa source dans le refus de l’humanité et de la différence des autres. Le terrorisme prend sa source dans l’intolérance. En clair, soit tu fais comme moi, soit tu m’aides, soit tu pries mon Dieu, soit tu partages mon idéologie, soit tu disparais. Voilà l’esprit terroriste. Cette volonté de domination est soutenue par une vision politique venue de la France depuis la conquête coloniale et par une vision idéologique venue de l’Orient, du proche Orient et du moyen Orient. En clair, des gens ont toujours voulu imposer leur modèle politique aux Africains et d’autres veulent les forcer à pratiquer leur religion dans sa version la plus rigoriste, pour ne pas dire, la plus intolérante. Ces deux causes trouvent un terreau fertile au Burkina. La démocratie qui fait le lit de la corruption et fabrique des misérables va aider à rependre facilement le terrorisme dans de nombreuses régions. Les gens prennent les armes contre un État incapable dominé par la médiocrité et la corruption. Que faire face à ce mal? Compter sur soi ou compter sur les autres.

L’utopie consiste à croire que des Russes ou des Français viendront faire la guerre au Burkina. La guerre faisant des morts, aucun peuple libre ne fait la guerre pour un autre. C’est sous la contrainte que nos grands-parents ont participé aux guerres mondiales. Alors, vaincre le terrorisme sera burkinabè ou il ne sera pas. Comptons sur notre potentiel. Et nous pouvons y arriver. C’est pourquoi à court terme, il faut faire prendre conscience aux Burkinabè. Nous devons sauver notre Nation pour survivre et faire honneur à nos grands-parents. Il faut réveiller le patriotisme pour aller à la mobilisation générale . Il faut aller au-dessus des intérêts égoïstes et des groupuscules. Le pays est en danger. Soyons-en conscients. A long terme, nous devons réfléchir pour adopter un autre modèle de gouvernance moins vicieux. Nous devons refonder notre système éducatif pour construire de nouveaux Burkinabè.

Pour terminer, j’ai souligné que la collaboration avec d’autres nations est nécessaire. Mais, nous devons rompre avec la France. C’est une obligation. Nous devons chercher de nouveaux partenaires qui nous aideront à avoir du matériel de guerre pour mener cette guerre. Je termine ainsi ma communication sous les acclamations des participants.

Merci au Mouvement Conscience Nouvelle. Merci aux participants. »

Minute.bf

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